Top 14. Stade Rochelais. Grégory Alldritt avant le déplacement à Perpignan : « Il faut y croire jusqu’au bout. Il peut se passer beaucoup de choses dans ce Top 14 »

Présent mercredi en conférence de presse avant le match face à Perpignan (samedi, 16h35), le troisième ligne international du Stade Rochelais est revenu sur l’importance de cette rencontre face à l’USAP, tout en évoquant des derniers mois animés pour lui.

Le troisième ligne Grégory Alldritt s'attend à un match âpre face à l'USAP I JL

La notion de plaisir a été évoqué à plusieurs reprises samedi après la victoire face à l’UBB (45-15). Ce week-end, vous allez jouer à Aimé-Giral, un terrain où, même quand vous avez réussi à gagner, n’a jamais été une partie de plaisir. Quel parallèle faire entre ces deux situations ?

Il ne faut pas tout comprendre. Si on a réussi à prendre du plaisir face à Bordeaux (victoire 45-15, Ndlr), c’est qu’on a été efficace dans nos zones de rucks, dans nos collisions offensives ou défensives. On a eu une touche performante, une mêlée qui a tenu quatre-vingts minutes et qui a même su renverser la pression de temps en temps. C’est grâce à ça que l’on a pu prendre du plaisir. À Aimé-Giral, on le sait, il faut faire les choses dans l’ordre. On a connu un match aller très compliqué ici face à Perpignan et des matchs là-bas très compliqués aussi, dont certains qu’on ne gagnait pas malgré plus de 1 000 mètres parcourus ballon en main. C’est un contexte et un match particulier. On sait où on met les pieds, à nous d’essayer de sortir la meilleure version de nous-mêmes.

C’est un match éliminatoire pour vous ?

Clairement. Très peu de personnes nous voient dans le top 6, on espère être dans le top 8. On veut se donner des challenges d’équipe, retrouver du plaisir sur cette fin de saison. Le soleil est de retour, on s’entraîne bien, on a envie d’aller performer à l’extérieur maintenant. Oui, je ne vais pas vous mentir, on a envie d’aller gagner là-bas mais dire qu’on sera dans les 6 si on gagne à Perpignan, non. On veut gagner, on veut valider un bloc de deux matchs et ensuite on repartira sur un autre bloc de deux matchs.

Vous parliez de gagner à l’extérieur, vous l’avez déjà fait à deux reprises cette saison (Lyon et Castres). Vous étiez même en capacité de le faire encore davantage, comme au Leinster ou à Bayonne, sans parvenir à matérialiser votre domination. Qu’est-ce qu’il faut changer pour obtenir une victoire à l’extérieur ?

On ne gagne que deux matchs mais on prend aussi plusieurs bonus défensifs (3). Il ne faut pas oublier que gagner à l’extérieur en Top 14, c’est très compliqué. Il n’y a que très peu d’équipes qui le font régulièrement. Celles qui le font régulièrement, ce sont évidemment Bordeaux ou Toulouse. Il faut être constant. À l’extérieur, on sait que quand tu as un trou d’air, tu prends beaucoup de points. À nous d’être consistants, concentrés et précis pendant 80 minutes.

Sur ce manque de réalisme, qu’est-ce qui vous fait défaut ? Sébastien Boboul (entraîneur des arrières, Ndlr) parlait d’un manque de patience.

Il faut être plus patient, plus tueur. Il faut le travailler à l’entraînement, chose que l’on fait. On le fait bien depuis quelques semaines. À nous de continuer.

Le retour de plusieurs cadres permet-il d’accentuer vos espoirs de qualification ?

De toute manière, il faut y croire jusqu’au bout. Il peut se passer beaucoup de choses dans ce Top 14, que ce soit pour nous ou pour les équipes adverses. C’est à nous de nous prouver qu’on est meilleurs que sur les mois précédents. On veut aussi essayer de regagner un peu de respect. Bien sûr que ça passe aussi par le retour de joueurs qui étaient blessés. Ça permet d’avoir un effectif compétitif à l’entraînement, qui met de l’intensité durant la semaine. C’est ça qui nous aide aussi à être performants.

Vous nous aviez dit il y a quelques mois qu’il fallait accepter le fait que vous étiez redevenus une équipe moyenne. Ce qu’on a vu contre Bordeaux vous donne-t-il de l’espoir pour cette fin de saison mais aussi pour les prochaines saisons ?

J’ai envie de dire qu’on verra samedi. Faire une bonne performance à domicile, on l’a déjà fait plusieurs fois cette saison. Arriver à enchaîner, à être régulier et sortir une prestation costaud à l’extérieur, ça, on l’a rarement vu. Après Pau (victoire 20-6), on avait toutes les armes pour aller faire un gros match à Bayonne et pourtant, on a réussi à se prendre un peu les pieds dans le tapis (défaite 26-15). Ce qui nous donnera beaucoup d’espoir et d’énergie, c’est d’arriver à faire deux prestations d’affilée.

D’autant que Perpignan retrouve des couleurs offensivement, que ce soit à domicile ou à l’extérieur. La défense va être un secteur clé ce week-end ?

Bien sûr. C’est exactement ce que j’ai dit ce matin. J’ai dit qu’ils avaient mis 30 points à Montpellier (31) et on connaît la qualité de Montpellier en défense. J’ai aussi énormément de respect pour « Lolo » (Laurent) Labit (manager de l’USAP), qui, pour moi, est un cerveau « rugbystique » énorme. C’est une équipe qui met énormément d’agressivité, qui tape très fort. Pour moi, c’est une des équipes du Top 14 qui me marque le plus physiquement. Comme je l’ai dit, on a des ambitions, je ne vais pas mentir, mais on sait aussi que pour y arriver, il va falloir sortir LE match à l’extérieur.

On a vu Alexandre Kaddouri jouer deuxième ligne, vous aussi, Nika Sutidze et Pierre Bourgarit en troisième ligne. Vous êtes en train de cultiver une concurrence qui peut être intéressante pour le futur ?

C’est toujours bien d’être polyvalent, mais c’est aussi important d’avoir des joueurs qui jouent à leur poste. Je pense que ça a été notre gros défaut cette saison : ne pas avoir nos joueurs à leur poste. Je pense à Paul (Boudehent), qui a fait seulement son premier match de la saison en troisième ligne le week-end dernier (après avoir dépanné en deuxième ligne, Ndlr). Merci à lui. Il ne s’est jamais plaint, il n’a jamais râlé de jouer numéro 4 alors qu’au fond, je pense qu’il préfère jouer en troisième ligne. Je pense à Judi’ (Judicaël Cancoriet) qui passe aussi pas mal de temps en deuxième ligne. Je pense que ça a été un souci cette saison. Rien d’officiel, mais je pense que le club est en train de rectifier ça avec du recrutement pour l’an prochain. Ça, c’est super.

À titre personnel, Ronan O’Gara disait que vous faisiez beaucoup d’extras. Est-ce que ce travail est en train de porter ses fruits ?

Oui, ça va mieux. Après, le travail, c’était surtout la régénération. Les quatre semaines (où je n’ai pas joué), je les ai prises comme quatre week-ends où j’ai pu récupérer et préparer cette fin de saison qui va être énergivore. Quatre semaines sans match dans une saison, ça ne m’était pas arrivé depuis un moment. Le mot d’ordre, c’était continuer à travailler mais aussi récupérer physiquement. Par moments, j’ai manqué un peu de rythme le week-end dernier, la première mi-temps était longue (sourire). Il faisait chaud puis je n’avais pas joué depuis quatre semaines. Mais en termes d’énergie, je me sentais bien. On va avoir un nouveau révélateur ce week-end, surtout qu’ils annoncent 25 degrés ou quelque chose comme ça.

Comment aviez-vous vécu cette période d’après Tournoi pour lequel vous n’aviez pas été convoqué ?

Il y a eu beaucoup de déception, c’est sûr. Mais je n’étais pas abattu. Quand j’ai ce genre de nouvelles, de challenge devant moi, j’ai plutôt tendance à m’exciter et à me dire : « écoute, prouve-leur ». C’est ce que j’essaie de faire. Ce n’est pas fini, je continue. Mais les vacances début mars, la victoire face à Pau, il y a eu plusieurs petits éléments qui ont fait du bien. Entre Uini (Atonio), les deux défaites d’affilée à domicile (contre Lyon et Montpellier), l’hiver dernier a été compliqué. Il y a aussi eu la non-qualification en phase finale de Champions Cup, on a subi pas mal de coups derrière la tête à domicile. C’est pour ça que le retour du soleil, le retour de quelques belles victoires comme Pau ou Bordeaux, ça fait du bien.

Vous parliez du leadership précédemment. Est-ce que cette saison vous avez vu certains joueurs qui commençaient à s’affirmer en tant que leaders ?

Il y en a, comme Oscar (Jegou), qui aide beaucoup, Paul (Boudehent) qui est un leader, « Bourga » (Pierre Bourgarit), bien sûr, Reda (Wardi), qui est leader aussi dans l’engagement. Après, c’est toujours pareil : qu’est-ce que ça veut dire, leader ? Je dis toujours que le meilleur leader au Stade Rochelais, c’est Levani Botia. Tu ne l’entends pas de la semaine, mais tous les week-ends, il sait mettre le curseur de l’agressivité, de l’engagement sur le terrain. Tout le monde doit être leader par son comportement, son attitude du lundi au dimanche, et pas forcément par la parole.

Propos recueillis par Jules Lefebvre

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