La question de la gestion des sans-abris dans le centre-ville de La Rochelle continue d’alimenter les débats politiques. Lors du conseil municipal du lundi 8 juin, le sujet a de nouveau été porté par l’opposition, qui a interpellé le maire, Olivier Falorni, sur sa politique en matière de sécurité et de solidarité.
Dès l’ouverture de la séance du conseil municipal ce 8 juin, Olivier Gaudin, élu du groupe d’opposition « La Rochelle Unie », a relancé le débat sur la gestion des personnes sans domicile fixe dans le centre-ville.
Il a interpellé le maire, Olivier Falorni, sur ce qu’il considère comme une volonté « d’expulser les sans-abris du centre-ville », tout en mettant en perspective les moyens financiers consacrés par la municipalité à leur accompagnement.
« 500 000 euros, c'est le montant d'un rond-point »
S’appuyant sur le dernier conseil d’administration du CCAS, organisé le 2 juin suivi d’une conférence de presse du maire, Olivier Gaudin a rappelé les chiffres présentés par la municipalité concernant les aides accordées aux associations. « À la fin du conseil d’administration du CCAS du mardi 2 juin, vous avez présenté un rapport d’information sur l’ensemble des dispositifs mis en place et les subventions accordées par la ville aux associations venant en aide aux sans-abris. Vous avez évoqué la somme de 500 000 euros. C’est le montant d’un rond-point, pour donner un ordre d’idées. Le budget du CCAS s’élève à 11 millions d’euros et celui de la ville à 200 millions. C’est pour donner un ordre de grandeur », a déclaré Olivier Gaudin.
L’élu d’opposition a ensuite estimé que la politique menée par la municipalité risquait de compromettre le travail des acteurs sociaux intervenant auprès de ces publics. « Le reproche que nous vous faisons, c’est d’entraver ce travail social en expulsant ces derniers et ces dernières du centre-ville. Vous dites vouloir mener une politique équilibrée entre sécurité et solidarité. Mais si vous n’aviez pas été poussé dans vos retranchements, on n’entendrait parler que de sécurité, ce qui est un peu problématique », a-t-il ajouté.
« Les arrêtés signés par mes prédécesseurs, je les mets à la poubelle »
Face à ces critiques, le maire Olivier Falorni a défendu sa position en rappelant les préoccupations exprimées par les habitants et les commerçants du centre-ville. Faisant référence la récente conférence de presse au cours de laquelle il avait annoncé avoir déposé plainte après une agression impliquant un sans-abri, il a expliqué avoir invité les médias locaux à recueillir le ressenti des riverains.
« Lors de cette conférence de presse, j’avais demandé à nos médias locaux d’aller interroger les riverains et les commerçants du centre-ville et de leur demander si c’était mieux avant ou maintenant. Tout simplement. Et je vais même plus loin : si les riverains et les commerçants du centre-ville disent « c’était mieux avant », alors les arrêtés signés par mes prédécesseurs, je les mets à la poubelle. Tout de suite », a-t-il affirmé.
Un nouvel épisode qui ne devrait pas être le dernier d’une longue série débuté il y a un près d’un mois. Ce jeudi, Muriel Dumont, la présidente de la Soupe solidaire rochelaise doit rencontré le maire pour évoquer la question des sans-abris.






