Née à La Rochelle, l’annonce de la mort de Lyhanna a créé un vif émoi, qui a conduit à de nombreuses marches blanches dans le département. Ce mardi, à Saint-Jean-d’Angély, la famille s’est réunie, entourée de plusieurs centaines de personnes, dans un hommage poignant.
Ce mardi en fin de journée, près d’un millier de personnes se sont rassemblées à Saint-Jean-d’Angély aux côtés de la famille paternelle de Lyhanna, notamment ses grands-parents et sa tante. La petite fille de 11 ans, dont le corps a été retrouvé jeudi dans le Gers après une semaine de recherches, est née à La Rochelle et ses grands-parents habitent à Mazeray, près de la sous-préfecture angérienne.
Une marche blanche émouvante, avec en tête une famille inconsolable qui est venue rendre hommage à la jeune fille. Devant le collège de la commune, Priscilla, la tante de la jeune fille, a prononcé quelques mots : « Son départ nous a profondément bouleversées. Elle nous manque terriblement. Son sourire, sa présence, sa douceur, et tous les souvenirs qu’elle nous laisse resteront à jamais gravés dans nos cœurs. Nous ne l’oublierons jamais. Lyhanna, tu resteras pour toujours dans nos pensées et dans notre cœur. Nous t’aimons énormément et nous ne t’oublierons jamais. »
Après une heure et demie de marche à travers les rues de la cité angérienne, la famille a fait une ultime étape au plan d’eau de Bernouët, où la petite fille venait lors de ses vacances en Charente-Maritime.
Louis et Patricia Bernard, les grands-parents, ont remercié les participants à la marche après avoir déposé un ballon blanc. Des dizaines de fleurs et de messages en hommage à la petite fille ont également été déposés.
"Ça fait peur, donc on soutient comme on peut"
Françoise Mesnard, la maire de Saint-Jean-d’Angély, a confié quelques mots avant le départ du cortège, avec une certaine émotion : « C’est tellement épouvantable que c’est presque insupportable de penser à ce que cette petite fille a vécu. Et vraiment, toute l’équipe municipale, comme tous les citoyens et les habitants de Saint-Jean-d’Angély, sont aux côtés de la famille pour leur témoigner leur soutien. Je crois que c’est important, cette phase d’accompagnement, avant de se poser les bonnes questions, pour qu’on arrive à ne plus vivre ce type de drames. »
Un discours partagé par Cassandra, mère de deux enfants venue de Matha. Cette dernière se dit désormais prudente avec ses enfants : « C’est quelque chose qui touche particulièrement forcément, en étant maman. Je suis très prudente avec ma fille qui va avoir 12 ans. Parfois, elle a tendance à aller se promener toute seule, puisque c’est un petit village. Malgré ça, même dans les petits villages, on n’est pas à l’abri. Il y a des fous partout, donc je ne suis pas tranquille. Ça fait peur, donc on soutient comme on peut. »
Marine, elle, n’a pas d’enfant mais souhaite faire bouger les choses après ce drame qui l’a profondément touchée : « Je trouve ça inconcevable qu’en France, en 2026, il se fasse encore des choses comme cela. Donc, autant pour les enfants que pour les femmes, pour toute forme de violence, il est temps que ça s’arrête et qu’on fasse bouger les choses tous ensemble. »
"Tant que nous ne placerons pas les droits des enfants au centre, nous reproduirons les mêmes erreurs"
Le principal suspect, Jérôme Barella, âgé de 59 ans, a été mis en examen pour meurtre sur mineure de moins de 15 ans. Il avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements pour des agressions sexuelles sur mineurs.
Lundi soir, c’est à La Rochelle, où Lyhanna est née, qu’une marche blanche, cette fois à l’appel de collectifs et de citoyens, était organisée.
Près de 800 personnes se sont réunies devant le palais de justice pour lui rendre hommage et dénoncer les dysfonctionnements de la justice. Alors que près de 250 dossiers de viols et d’agressions sexuelles doivent être étudiés par le parquet de La Rochelle d’ici le 14 juillet, Andrea, du collectif enfantiste, appelle à ce que les « enfants soient au cœur de toutes les décisions ». « Tant que nous ne placerons pas les droits des enfants au centre, nous reproduirons les mêmes schémas, les mêmes erreurs, les mêmes oppressions qui détruisent notre humanité. Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain. »
Un rassemblement qui s’est tenu dans une grande émotion, avec de nombreuses fleurs et messages de soutien déposés devant le tribunal. « C’était un élan spontané, cette affaire est l’affaire de trop pour moi. Je suis une maman, c’est très difficile de voir l’ampleur de ces abus et de cette violence. Je trouve ça insupportable, j’ai mal en fait. Je voulais honorer la mémoire de cette petite, et surtout qu’on puisse agir un peu tous ensemble pour arrêter cette gangrène », explique Ophélie, qui a déposé la manifestation en préfecture.
Un rassemblement spontané, comme il s’en est tenu dans d’autres villes du département et de France, avec une volonté commune : que cela ne recommence pas.






