Présent en visioconférence pour la conférence de presse d’avant-match, le manager rochelais a expliqué attendre beaucoup des joueurs qui seront alignés pour défier les Stormers (samedi, 14 h). Il est également revenu sur la sanction infligée par la commission de discipline à la suite de son comportement lors de la rencontre à Pau.
Ronan, comment avez-vous senti le groupe après ce long voyage ?
Très, très bien. Si c’est une bonne idée, ça c’est un autre sujet. Pour parler de notre semaine, on est arrivés mardi. Mercredi, on a fait notre vraie première séance. Jeudi, c’était « off » et aujourd’hui (vendredi), on va faire le « captain run ». Ce qui est important pour moi, c’est l’attitude des joueurs. Il y a une très bonne ambiance. Les Stormers sont dans une très bonne série de résultats donc ça va être difficile, mais je pense que ce groupe de joueurs est intéressé pour faire quelque chose demain (samedi).
Est-ce que vous êtes d’accord avec Grégory Alldritt qui avait dit que vous n’aviez « rien à perdre » sur ce match ?
Depuis que j’ai commencé le rugby, je n’ai jamais trop aimé cette expression. Bien sûr qu’il y a beaucoup de choses à perdre. Quand tu commences un match, le but, c’est de gagner. L’inverse de ça, c’est de ne pas être humilié. Chaque match en Champions Cup, c’est un match qui ne laisse pas de marge de manœuvre. Comme manager, je suis très content du groupe de joueurs que j’ai choisi pour jouer demain. Il y a une énorme responsabilité et un énorme plaisir, aussi, de jouer pour notre maillot. Quand vous voyez l’équipe, il y a des choses intéressantes pour presque chaque joueur.
Est-ce que vous estimez que l’objectif principal de cette rencontre sera de voir comment vos jeunes joueurs vont réagir à ce contexte ?
Oui et non car j’ai beaucoup d’objectifs avec quelques joueurs « seniors ». Demain, c’est un match important pour eux. Dans le cinq de devant, on est très solides, très expérimentés. Avec le staff, on a fait une équipe qui, j’espère, pourra contrer leurs menaces comme la mêlée et leur conquête en général. Ils ont un paquet d’avants qui est dur. C’est pour ça qu’on a aussi choisi un cinq de devant qui est « dur », avec des jeunes joueurs autour. On va voir un peu de Nolhann (Couillaud, N.D.L.R.) et de Diego (Jurd) en 9 et en 10. J’aime bien cette combinaison. Il y a Simeli (Daunivucu) au milieu du terrain. C’est un match avec beaucoup d’opportunités pour lui. Il y a Kirill (Fraindt) et Lucas (Andjisseramatchi) en troisième ligne. Ce sont deux joueurs très intéressants. Ce qui est bien cette fois, c’est qu’on a mélangé beaucoup de joueurs expérimentés avec beaucoup de jeunes. Je pense qu’on ne va pas manquer d’énergie demain.
Vous faites partie des rares managers en Europe à avoir pris la Champions Cup au sérieux ces dernières années. Avec les blessures, les suspensions et ce long voyage, comment vivez-vous le fait de devoir aligner une équipe mixte pour la première fois ?
Je suis très à l’aise avec ça. L’équipe type, c’est fini. C’est quelque chose que tout le monde doit comprendre. On avait une équipe il y a quelques années qui a dominé l’Europe pendant deux saisons. Maintenant, on reconstruit. Ça donne une autre envie, un autre appétit de construire ce nouveau groupe. Pour moi, le but du match de demain, c’est de faire une meilleure performance que contre Leicester. Oui, peut-être que c’est assez exigeant, mais l’avantage que j’ai comparé à vous, c’est que je regarde tous les joueurs à chaque entraînement. J’ai vraiment hâte d’être à demain. Je suis intéressé de voir ça car ça va être assez hostile. C’est un match hyper important pour tout le monde.
Les Stormers enregistrent plusieurs retours dont celui de leur charnière internationale. Que pouvez-vous nous dire concernant l’importance de Cobus Reinach et Sacha Feinberg-Mngomezulu dans cette équipe ?
Elle est énorme. On a déjà vu que c’étaient des joueurs de classe internationale. Deux joueurs hyper dangereux qui vont faire beaucoup de bonnes choses. Le message pour tout le monde, c’est que contre Leicester, Nolhann Couillaud n’avait même 19 ans. On a fêté son anniversaire cette semaine. Peut-être que dans quelques années, on va parler de lui comme un joueur exceptionnel. Il y a aussi Diego Jurd. Quel challenge pour eux deux. C’est le moment pour eux de lancer leur carrière. Quand ils ont commencé leur carrière, personne ne connaissait Cobus Reinach et Sacha (Feinberg-Mngomezulu) à l’époque. Peut-être que dans quelques années, tout le monde parlera de mon 9 et de mon 10 (Couillaud et Jurd, N.D.L.R.).
Lucas Andjisseramatchi enchaîne les matchs ces derniers mois. Romain Sazy l’avait nommé capitaine avec les espoirs la saison dernière. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire de lui ?
Je lui ai donné le brassard (de capitaine) pour demain. Je suis très intéressé par lui. C’est un garçon très respectueux, très bien élevé, cadré, qui sait ce qu’il veut. Il est en « compétition » avec (Oscar) Jegou, (Grégory) Alldritt, (Matthias) Haddad, (Levani) Botia, « Judi » (Cancoriet), Paul (Boudehent), c’est hyper féroce. Ma responsabilité, c’est de créer de vrais fondamentaux dans son jeu. Je lui ai demandé tôt dans la semaine s’il était à l’aise avec ça (d’être capitaine). Quand j’ai vu la « banane » sur son visage, c’est quelque chose qui va rester avec moi pendant plusieurs années. C’est pourquoi on est dans le rugby. C’est un garçon super qui a pris la semaine en main. Faire ça pour quelqu’un de son âge, c’est très rare. J’avais une énorme estime de lui, aujourd’hui, j’en ai encore plus.
Que tirez-vous de votre suspension de deux semaines suite à ce qu’il s’est passé face à Pau ?
Je pensais passer plus de temps (en tribune). Mais j’avais un bon feeling. Il y a beaucoup à apprendre pour tout le monde. Surtout pour les arbitres de champ, le quatrième et le cinquième arbitre. La meilleure chose maintenant, ce sont les actes. Si tu es manager, manage bien, si tu es un arbitre, arbitre bien. Si tu es quatrième ou cinquième arbitre, respecte ton rôle, ne fais pas les choses de quelqu’un d’autre.