Présent en conférence de presse ce jeudi avant la réception cruciale de Montpellier (samedi, 16 h 35), le manager du Stade Rochelais attend de ses joueurs qu’ils livrent une grande partie devant leurs supporters.
Même si vous comptez sur les retours de quelques joueurs pour la réception de Montpellier, Reda Wardi a été touché aux côtes…
(Il coupe) Il y a beaucoup de blessures mais honnêtement, aujourd’hui, ce n’est pas intéressant (d’en parler). Parce que si on parle de ça, on va parler tout l’après-midi de choses qui ne marchent pas. Il y a beaucoup de choses qui ne marchent pas mais maintenant, on a besoin de changer de mentalité. Changer ce qu’il y a dans la tête des supporters, du staff, des joueurs pour faire un grand match samedi. On va faire un grand match samedi.
Qu’est-ce qui vous permet de dire ça ?
Parce que j’ai vu deux entraînements intéressants dans des conditions hyper difficiles, mais on change de mentalité. Je sais que les joueurs qui reviennent donnent confiance aux autres, et ce n’est pas important de parler de l’infirmerie, de parler des joueurs blessés, il y a 23 super bons joueurs pour le Stade rochelais samedi. J’ai hâte.
Est-ce que vous diriez qu’il y a un esprit de révolte au sein du groupe ?
Non, je ne pense pas. Je pense que ce qui nous occupe l’esprit, c’est plutôt de stopper les cadeaux. Tu ne peux pas donner 31 points comme on l’a fait contre le LOU. Quand tu regardes la vidéo avec de la précision, il y a des performances bien, très bien pour certains joueurs, mais on est punis par des fautes bêtes. À ce niveau, surtout en Top 14, même si Lyon a joué à l’extérieur, c’est impardonnable de faire ça.
Judicaël Cancoriet disait que les joueurs avaient parlé entre eux sans le staff. C’est important qu’ils gèrent ces moments difficiles ensemble ?
Oui, exactement. Je pense que vous qui êtes présents ici, vous avez suffisamment de preuves pour voir que ce sont des joueurs qui contrôlent beaucoup de choses. Bien sûr, avoir un bon entraîneur, c’est nécessaire de temps en temps aussi, mais dans nos périodes fortes, c’est eux qui prenaient leurs responsabilités, dans les périodes faibles, c’est eux aussi. Il y a un moment où la ligne de respect est en jeu et je pense qu’on joue un peu avec ça par rapport au respect que l’on a envers nos supporters, nos familles, notre club. Les choses qu’on a vues contre le LOU, ce n’est pas possible de les voir deux fois de suite.
Les joueurs se sont réunis seuls, le staff l’a-t-il fait aussi de son côté ? On sait que vous aviez eu des mots durs envers eux après le match contre Lyon.
Durs mais précis ! C’est quelque chose d’important. L’adversaire, c’est Montpellier, Lyon, Toulouse, Toulon, ce n’est pas nous-mêmes. C’est déjà difficile comme ça. Je vous le promets, il n’y a pas de problème dans le staff. C’est un staff en qui j’ai une énorme confiance. On a vécu toutes les émotions ensemble. (…) De temps en temps, il y a des frictions, c’est normal. Ce qui est insupportable et que je n’accepterais pas, c’est que cette friction reste. Ça a duré 48 heures et bon, c’est comme ça.
Vos cinq prochaines réceptions seront les cinq premiers du classement actuel. On sait que vos joueurs sont excités par ces défis…
(Il coupe) On n’a pas le droit de penser ça. Notre état d’esprit est tourné vers le match contre Montpellier ce week-end. On n’a pas le droit de regarder ce qu’on va faire dimanche (le lendemain du match). Ce n’est pas possible pour nous de penser après samedi. Il y a un grand match samedi. En premier, j’ai besoin d’être en forme, en deuxième les supporters et en troisième l’équipe.
Cette rencontre face à Montpellier, vous la prenez un peu comme un match éliminatoire ?
Non, parce qu’avec un langage comme ça, je mettrais une pression pas nécessaire (sourire). Ce n’est pas intelligent de faire ça. Mais on parle toujours de performance. On a préparé une performance. Est-ce qu’on peut la répéter sous pression et sous la menace d’une grande équipe de Montpellier ? On verra. Mais je vois la différence entre la préparation du LOU et la préparation de cette semaine. Et n’oubliez pas qu’avec la météo, avec la neige, avec les conditions (difficiles des dernières semaines), on ne s’est pas trop entraînés. Donc, je pense qu’on a beaucoup d’énergie. On a beaucoup d’envie et beaucoup de volonté.
Le retour de Nolann Le Garrec va-t-il vous aider à jouer dans les bons espaces ?
Nolann (Le Garrec) a beaucoup de forces. C’est une de ses forces (sourire). Il est exceptionnel dans son état d’esprit et sa préparation. C’est quelqu’un qui me donne envie de quitter mon lit chaque jour. Il est exceptionnel dans sa capacité à s’améliorer chaque jour, j’adore. J’adore quelqu’un comme ça. C’est un compétiteur mais il me demande aussi pourquoi on fait certaines choses. C’est comme ça qu’on va progresser. J’avais un avis sur lui avant qu’il soit là. Après chaque semaine que je passe avec lui, il m’intéresse de plus en plus.
Comment avez-vous vécu le fait que votre suspension soit prolongée de deux semaines supplémentaires ?
C’est comme ça (sourire).
Propos recueillis par Jules Lefebvre