Municipales à La Rochelle : les candidats se livrent devant les centre sociaux

Ce mercredi soir, les centres sociaux et culturels rochelais ont organisé un débat avec les candidats déclarés aux élections municipales de La Rochelle. L’occasion pour eux de dévoiler une partie de leur programme, notamment sur les questions sociales.

Les candidats aux municipales se sont livrés pendant près de 2 h 30 | TL – INF La Rochelle
Les candidats aux municipales se sont livrés pendant près de 2h30 | TL - INF la Rochelle

Ce mercredi soir, il manquait des chaises à la salle des fêtes Henri-Moulinier, dans le quartier de Villeneuve-les-Salines pour écouter les candidats dérouler une partie de leur programme face aux centres socioculturels rochelais, à l’initiative de l’événement, leurs membres, ainsi que les habitants du quartier.

À l’exception d’Olivier Falorni, représenté en raison d’un débat parlementaire à Paris sur la loi de fin de vie dont il est le rapporteur, l’ensemble des candidats déclarés a répondu présent à l’invitation. Le débat, organisé sous une forme originale, s’est révélé globalement réussi. Chaque candidat disposait de deux minutes chrono pour répondre à une question posée par Barbara Provost, animatrice de la soirée, alternant entre questions tirées au sort, questions ciblées et interrogations plus générales.

Un format qui a permis de maintenir un débat rythmé, malgré une durée conséquente de près de 2 h 30. Un temps long qui n’a toutefois pas découragé les quelque 350 personnes présentes, dont une large majorité est restée jusqu’au bout, malgré quelques digressions au fil des échanges.

Un manque de "1000 places" dans les crèches municipales

Après avoir tiré leur place en direct, les candidats se sont livrés sur la vision social et culturel de leur programme. Antoine Collin, candidat de Lutte ouvrière, a notamment insisté sur le manque de moyens alloués aux centres sociaux et a plaidé pour de meilleures conditions de travail pour leurs salariés, dénonçant au passage le système capitaliste et l’industrie de guerre. Il a également proposé le retour des colonies de vacances afin de « permettre aux jeunes de faire quelque chose » durant cette période.

De son côté, Véronique Bonnet, candidate de La France insoumise, souhaite « un autre budget pour les centres sociaux afin de permettre de recruter correctement ». Elle dénonce le manque de « 1 000 places » dans les crèches municipales et plaide pour un renforcement de leurs moyens. Elle a également indiqué vouloir rendre la ville accessible à tous les types de handicaps, en adaptant les infrastructures, et défendre une augmentation des lieux de diffusion et de production culturelle, tout en rétablissant la gratuité dans ce domaine.

Mettant en avant la démocratie participative comme mode de gouvernance, la candidate propose enfin la création d’un service dédié au sein de la municipalité « pour traiter spécifiquement de la situation des salariés des centres sociaux ».

Christophe Batcabe favorable à la "collaboration de la collectivité avec privé et associatif"

Tiphaine Oerlemans, colistière d’Olivier Falorni et présente pour le représenter lors du débat, maîtrisait bien le sujet. Engagée pendant six ans à la Fabrique du lien social Christiane-Faure, elle a notamment évoqué le projet de la « maison des 1 000 premiers jours ». Une proposition qui n’a pas manqué de faire réagir le maire sortant, Thibaut Guiraud, lequel a indiqué que cette initiative « existe déjà » à La Rochelle avec d’autres formes selon lui. De son côté, Jaouad El Marbouh a déploré une forme de déresponsabilisation des parents sur ces questions.

Maryline Simoné a, pour sa part, indiqué vouloir créer une « cité de la solidarité », intégrant un pôle dédié à la parentalité afin d’accompagner les familles monoparentales. La candidate de l’union de la gauche souhaite également mettre en place un pass culture rochelais à destination des moins de 26 ans et porter une attention particulière à la rénovation des centres sociaux, dont près de quatre sur sept ont déjà été rénovés. La socialiste promet par ailleurs que, si elle est élue, elle œuvrera à l’organisation d’une conférence territoriale de la vie sociale réunissant l’ensemble des acteurs du secteur.

De son côté, Christophe Batcabe, candidat de la liste « Une vision pour La Rochelle », a concédé d’emblée qu’il « n’était pas un expert des centres sociaux ». Le candidat du centre droit souhaite néanmoins « optimiser » le recours aux bénévoles pour la petite enfance par exemple. « Pour moi, la collectivité ne peut pas tout donner », explique-t-il, évoquant la recherche de solutions avec des acteurs privés, notamment pour la création de futures crèches. Favorable au retour des cavalcades, dans une version modernisée, il propose également la mise en place d’entrées ou de places gratuites via les centres sociaux pour assister à des événements ou à des matchs sportifs. 

Il s’est également dit favorable à la « collaboration de la collectivité avec privé et associatif […] on a des gains de gestion à opérer pas pour faire moins mais mieux ». Il indique cependant que le modèle des centre sociaux « est le bon » et qu’il ne faut pas le changer. Il conclut en proposant la création d’un poste d’adjoint en relation avec les centre sociaux qui serait équipé d’un budget.

"Imaginez, place du 14 Juillet, un éléphant avançant comme à Nantes"

Jawed El Marbouh, qui mène une liste citoyenne, propose de son côté la création d’une crèche municipale universelle pour les enfants de moins de trois ans en cas d’élection. Il souhaite faire des centres sociaux un pilier éducatif de la ville, « bien plus important qu’une Arena ». Le candidat défend également la gratuité « dans les bibliothèques et les musées », accompagnée d’une proposition plus singulière. « Imaginez, place du 14 Juillet, un éléphant avançant comme à Nantes », s’est-il exclamé, tout en plaidant pour des réductions de 30 à 50 % pour les Rochelais souhaitant assister aux Francofolies.

Une idée aussitôt réfutée par le maire sortant, Thibaut Guiraud, qui a rappelé les retombées économiques de l’événement pour La Rochelle. Il a par ailleurs dressé le bilan de son action, affirmant que « les centres sociaux sont l’ADN de La Rochelle ». Le maire souhaite réaliser une cartographie précise afin d’harmoniser les besoins des territoires en matière de crèches, tout en portant « une attention particulière » aux micro-crèches. Il propose également la mise en place d’un guichet unique dans les mairies de proximité, destiné à répondre aux questions sociales de premier niveau et à « aller chercher les personnes » pour les orienter vers les centres sociaux. La tête de liste « Générations La Rochelle », s’est dite « à l’écoute » des lanceurs d’alerte, propose enfin l’organisation d’assises des centres sociaux et culturels afin de définir leur avenir à l’horizon de trois ans.

Tiphaine Oerlemans a, pour sa part, indiqué vouloir développer des solutions d’accueil pour toutes les familles rochelaises, en particulier les plus jeunes, avec un engagement renforcé auprès des parents et des adolescents sur les enjeux de santé mentale et d’usage des écrans. Des actions de médiation culturelle ont également été évoquées, afin de permettre à certaines expositions de se déplacer au plus près des habitants des centres sociaux. La colistière souhaite construire une « véritable relation constructive » avec les centres, qui ne doivent plus « être considérées comme de simples prestataires de services ». « Nous ne confierons pas à des mairies annexes ou à des CCAS les missions qui sont les vôtres et que vous remplissez déjà », taclant subtilement la proposition du maire sortant.

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