À La Rochelle, la question de l’environnement est au cœur du programme de nombreux candidats. De l’adaptation au changement climatique à la végétalisation de la ville, en passant par la gestion cruciale de la qualité de l’air et de l’eau, tour d’horizon des différentes propositions des candidats rochelais aux élections municipales.
Maryline Simoné (La Rochelle Unie) : « Nous lancerons un grand plan de végétalisation avec 10 000 arbres et arbustes plantés et un vaste programme de débétonisation des espaces publics et des cours d’école, afin de remplacer le bitume par des sols perméables, des arbres et des zones ombragées créant des îlots de fraîcheur durables. Nous renforcerons la gestion des risques en déployant des capteurs ATMO pour mieux surveiller la qualité de l’air, en réalisant des études systématiques dans les zones à risque et en créant un comité scientifique indépendant pour suivre les politiques d’adaptation. Les habitants seront associés à l’élaboration des Plans de Prévention des Risques, notamment face aux canicules, sécheresses et incendies. Nous protégerons également notre littoral en élaborant une stratégie locale face à l’érosion, en planifiant lorsque nécessaire le recul stratégique des installations et en privilégiant des solutions fondées sur la nature. Des plans de protection seront déployés dans les quartiers exposés aux risques de submersion, et nous soutiendrons la recherche sur la montée du niveau de la mer en lien avec l’Université de La Rochelle. Enfin, nous préserverons durablement la qualité de l’eau, restaurerons les espaces naturels, protégerons la biodiversité et développerons les mobilités douces afin de construire une ville plus respirable, plus résiliente et plus agréable à vivre pour toutes et tous ».
Olivier Falorni, député (Pour les Rochelaises et les Rochelais) : « Je propose de rafraîchir et désartificialiser l’espace urbain en créant de véritables îlots de fraîcheur dans chaque quartier, notamment par la plantation de 12.000 arbres sur la durée du mandat, la végétalisation des rues et la reperméabilisation des sols pour mieux gérer le ruissellement et favoriser la biodiversité. La protection et la sanctuarisation de nos parcs et espaces verts seront également une priorité. Je veux aussi renforcer la santé environnementale en faisant de la santé publique un critère central de toutes nos décisions. Je souhaite généraliser la protection des aires d’alimentation de captage d’eau potable en élargissant les périmètres de protection rapprochée, comme cela a été fait récemment à Casse-Mortier à Clavette. Enfin, je souhaite mettre en place un observatoire de la santé environnementale dans les quartiers Ouest de notre Ville, touchés par la surincidence des cas de cancers. Face à l’inquiétude citoyenne légitime, cet établissement aura pour missions d’objectiver la situation sanitaire, d’identifier et analyser les expositions environnementales, de mieux comprendre les facteurs de risque, et de renforcer la prévention et la santé publique« .
Thibaut Guiraud, maire sortant (Générations La Rochelle) : « La santé environnementale est au cœur de notre projet. Prendre soin des habitants nécessite de renforcer notre connaissance des sols, de l’air et de l’eau et de partager largement ces données. Nous améliorerons la connaissance de la composition de l’air avec le déploiement de nouvelles stations ATMO et de spectrogramme de masse, notamment dans l’ouest de La Rochelle. Dans une approche transparente, les données seront accessibles à toutes et tous en ligne. Concernant l’eau, nous renforcerons les périmètres de protection de captage afin de garantir la qualité de l’eau potable, issue de la Charente notamment. Nous généraliserons le dialogue et les mesures d’accompagnement pour conjuguer agriculture durable et protection de la ressource en eau. Les Rochelaises et les Rochelais bénéficieront d’un interlocuteur unique sur ces questions à travers une vigie santé environnementale« .
Séverine Werbrouck (Député Européenne Rassemblement National) : « Concernant l’air, les principaux polluants sont les particules fines particulièrement toxiques (ozone, dioxyde d’azote, dioxyde de soufre) sans oublier l’impact sanitaire des pollens. Malgré une amélioration depuis 2000, la situation reste préoccupante, notamment dans une agglomération plus exposée que les zones rurales, avec seulement quatre stations de mesure, un nombre insuffisant, en particulier autour de La Pallice. Il est urgent d’agir en développant les mobilités alternatives, en privilégiant le covoiturage, en développant les transports en commun et en renforçant la surveillance, afin d’anticiper les normes européennes de 2030. La qualité de l’eau potable est également au cœur des préoccupations des Rochelais. Bien que l’eau du robinet soit le produit alimentaire le plus contrôlé, les inquiétudes persistent, notamment après les débats autour des captages de l’Aunis et de certains résidus phytosanitaires. Les analyses n’ont jamais mis en évidence de dépassement des doses toxiques admissibles, mais la protection des captages doit être renforcée par des périmètres de sécurité stricts, une meilleure collaboration avec le monde agricole et le développement de pratiques durables ».
Véronique Bonnet, (La Rochelle Insoumise et Populaire) : « Les Rochelais·es s’exprimeront au travers des référendums locaux et via un observatoire des risques environnementaux, conduit par les citoyens, d’un service municipal dédié et avec l’appui de La Rochelle Université. Nous réduirons le trafic sur la rocade, 50 % supérieur à sa capacité, en mettant en place des parkings relais et en poursuivant le développement des mobilités douces. Nous préempterons des terres agricoles autour des habitations et des captages d’eau pour les convertir en bio, afin de réduire la pollution de l’air et de l’eau par les pesticides et redonner à La Rochelle une indépendance hydrique. Nous revégétaliserons et soutiendrons les projets de jardins participatifs, et passerons à zéro artificialisation nette. Nous accélérerons la mise en place du compostage et passerons sur une régie publique pour la gestion des déchets. Nous soutiendrons la rénovation des logements ainsi que des bâtiments publics. Nous ferons des études préalables de la pollution des sols avant tout projet public ou privé, face au désastre du chantier Marcel Paul. Nous diligenterons une étude diagnostique précise sur les sites Seveso qui menacent le quartier de La Pallice. Et déplaceront les industries à très gros risques comme lat Nitrogen (nitrate d’amonium) Nous protégerons les zones encore aujourd’hui en risque de submersion marine et nous ne construirons pas sur les zones soumises au risque d’inondation marine d’ici à 2100″.
Christophe Batcabe, (Une vision pour La Rochelle) : « La qualité de l’air et de l’eau ne peut plus être seulement un sujet de communication : elle doit devenir un levier d’action concret. Aujourd’hui, la transparence progresse, notamment sur l’eau, mais nous restons trop souvent dans la mesure plutôt que dans la prévention. Protéger les nappes phréatiques suppose d’agir à la source. Nous voulons accompagner activement les agriculteurs situés autour des captages vers des pratiques moins dépendantes aux pesticides, en faisant de la commande publique un levier clair : davantage de bio dans la restauration collective, c’est moins de produits phytosanitaires dans les sols, moins de pollution de l’air et de l’eau, et moins de traitements coûteux ensuite. Sur la qualité de l’air, il faut élargir les analyses à certaines substances encore peu surveillées et rendre les données réellement lisibles pour les habitants. Nous voulons passer d’une écologie d’observation à une écologie de transformation. Protéger l’environnement, c’est protéger concrètement la santé des Rochelais ».