Depuis plusieurs mois, le débat autour du futur hôpital de La Rochelle fait rage, notamment concernant son implantation. Alors que la majorité actuelle, menée par Jean-François Fountaine, a désigné le site de DBMA à Aytré, plusieurs candidats contestent ce choix et dénoncent un manque de concertation.
Christophe Batcabe, (Une vision pour La Rochelle) : « Le projet de nouvel hôpital de La Rochelle ne pourra aboutir que s’il repose sur une méthode claire : concertation, vision à long terme et rassemblement territorial. Un équipement hospitalier se conçoit pour plusieurs décennies : il doit donc être implanté sur un site capable d’évoluer, disposant de réserves foncières suffisantes et d’une véritable desserte ferroviaire avec quai dédié. L’intégration au futur RER rochelais est un enjeu stratégique pour l’accessibilité des patients et des soignants. Aujourd’hui, le principal frein n’est pas technique mais politique : sans consensus entre le conseil départemental, les parlementaires et les maires de l’agglomération, aucun financement solide ne sera sécurisé. La réussite de ce projet dépendra de notre capacité collective à fédérer tous les acteurs autour d’un dossier clair, partagé et crédible« .
Olivier Falorni, député (Pour les Rochelaises et les Rochelais) : « Nous porterons avec détermination le projet du nouvel hôpital, dont j’ai toujours soutenu la nécessité, en rassemblant tous les acteurs concernés autour de cette grande ambition. Nous insistons sur la base d’un projet partagé et d’un site accepté par tous les partenaires. Ce projet est en train d’échouer car des mauvais choix ont été faits depuis 10 ans !«
Thibaut Guiraud, maire sortant (Générations La Rochelle) : « Le débat sur le choix du site est désormais derrière nous, ceux qui prétendent le contraire le font au mieux par méconnaissance du sujet, au pire par calcul politique, jouant ainsi avec la santé des rochelais. Le site dit « DBMA » a été retenu par la Direction de l’Hôpital et son Conseil de surveillance, l’Agence régionale de Santé (ARS), le Conseil national des infrastructures de santé (CNIS) et par le Préfet de la Charente-Maritime. La balle est donc dans le camp des Ministères de la Santé et des Finances qui doivent fixer le montant de la subvention qui sera accordée à l’hôpital de La Rochelle pour son déménagement. Désormais, toute autre attitude qu’un soutien plein et entier à ce projet, est irresponsable tant elle met en danger la construction du futur hôpital et la qualité de l’offre de soin de notre territoire« .
Maryline Simoné (La Rochelle Unie) : « Le projet de nouvel hôpital reste aujourd’hui très incertain. On regrette que le financement ne soit toujours pas acté, faute d’un accord territorial sur son emplacement. Le territoire paye au prix fort les querelles politiques rochelaises sur ce dossier qui impactent fortement l’intérêt général et la solidarité communautaire. Notre responsabilité est désormais immense : réconcilier les acteurs concernés et porter un projet crédible auprès des décideurs et financeurs pour garantir un hôpital territorial à la hauteur de nos besoins de soins d’ici 10 ans. Aussi, nous refuserons tout passage en force sur le choix du site, face à l’opposition de nombreux maires, soignants et citoyens. Dès le mois de mai 2026, nous organiserons un débat associant élus, État et personnels hospitaliers afin d’examiner les scénarios possibles et dégager un projet réellement concerté d’ici Janvier 2027, et ce avec des exigences claires : proximité, qualité et sécurité des soins, égalité d’accès à la santé, qualité au travail des soignants et personnels hospitaliers. Enfin, la question du devenir de l’unité Marius Lacroix doit être ouverte sans tarder ».
Véronique Bonnet, (La Rochelle Insoumise et Populaire) : « Très attendu des habitant.es de l’agglomération, le futur hôpital est un équipement d’importance vitale. Il exige une approche territoriale de la santé et une vision à très longue échéance. Compte tenu du vieillissement de la population, de l’expérience COVID, de la multiplication des cancers et maladies neurologiques, il devra disposer de toutes les spécialités médicales dont certaines d’excellence et d’un nombre de lits et de soignants suffisants pour répondre aux besoins grandissants du territoire. Nous sommes opposés à la fusion des hôpitaux La Rochelle-Ré Aunis-Rochefort.et privilégions l’hôpital public à toute incursion du secteur privé dans ces structures. Concernant le site retenu, la France insoumise LR ne donne pas d’avis tranché pour le moment. L’ARS (agence régionale de santé) préconise entre 10 à 15 ha de terrain. La question des voies d’accessibilité (hélicoptère compris), du logement des salarié.es et de leur stationnement gratuit seront des critères très importants. Elle mettra en œuvre une réelle et large concertation avec tous les acteurs, actrices et les citoyen.nes, comme la Commission Nationale du Débat Public le permet, pour accélérer cette construction d’intérêt public supérieur« .
Séverine Werbrouck (Député Européenne Rassemblement National) : « Il représente un enjeu majeur pour faire face au vieillissement des infrastructures et à l’augmentation des besoins de santé de la population de La Rochelle et des communes voisines. Si le choix du site et son accessibilité sont importants et doivent tenir compte des préoccupations des riverains, la réussite du projet repose avant tout sur les moyens humains, dans un contexte national de pénurie de personnels médicaux et paramédicaux. Un plan d’attractivité et de recrutement apparaît donc indispensable, accompagné d’un financement sécurisé et transparent. Par ailleurs, une réorganisation de l’offre de soins doit être envisagée. Elle pourrait inclure la création de sites annexes dédiés aux activités programmées et non urgentes, reliés à une structure hospitalière centrale. Cette organisation permettrait de libérer des espaces et des lits pour les activités médicales et chirurgicales prioritaires. Enfin, la construction d’un nouvel hôpital nécessiterait une période transitoire de trois à quatre ans, ce qui montre que l’adaptation et la valorisation des locaux actuels constituent également une option pour améliorer l’offre de soins sur le bassin rochelais ».
Jaouad el Marbouh (Ensemble pour La Rochelle) : « Depuis vingt ans, le futur hôpital est devenu le symbole des querelles et des blocages. Maired’Aytré, président de la CDA, député… chacun joue sa partition, mais les patients, eux, restent dans l’attente. On ne soigne pas avec des communiqués, on soigne avec des actes. Promettre 750 millions d’euros sans consensus ni garanties, c’est traiter les Rochelais comme une variable d’ajustement. On ne construit pas un hôpital sur des divisions, mais sur la confiance et la coopération. Pour nous, le futur hôpital ne sera pertinent qu’après avoir résolu les urgences de médecine générale. Référendum citoyen, concertation multi partenariale, co-construction : la santé des Rochelais mérite la démocratie. Quelques-unes de nos propositions : Deux maisons de santé à Saint-Éloi et à Port-Neuf, un investissement massif dans l’hôpital actuel, l’agrandissement de l’école d’infirmières, le soutien aux licences ACCÈS SANTÉ de l’université de La Rochelle, le développement de la recherche avec le CNRS, l’Université et la Ligue contre le cancer…À très court terme, il faut aussi résoudre le stationnement du personnel soignant : on ne peut pas soigner si on ne peut pas se garer !«