Le maire de La Rochelle a annoncé, ce lundi soir en conseil municipal, que la reprise du chantier de dépollution du site Marcel Paul était en bonne voie, avec un démarrage envisagé dès avril, accompagné d’un protocole de sécurité renforcé et notamment de l’installation d’une tente.
Après des mois de galère, le chantier de dépollution du site Marcel Paul pourrait-il enfin aboutir ? On en est encore loin, mais le maire de La Rochelle, Thibaut Guiraud, a présenté ce lundi soir en conseil municipal un projet de reprise du chantier de dépollution.
« C’est un chantier qui, d’un point de vue logistique, n’est pas au niveau attendu. Nous avons durci le ton pendant l’été et demandé la suspension des travaux. Nous avons été clairs : il n’y aura aucune reprise du chantier en période scolaire tant qu’un protocole de sécurité de grande ampleur n’aura pas été présenté », a-t-il déclaré.
Fin août, une réunion s’est tenue entre le premier magistrat de la ville et les sociétés SpeedRehab, Brownfields et Vinci, chargées de la dépollution ou porteuses du projet. « J’ai demandé deux choses : que les opérations se déroulent sous tente et avec un niveau de sécurité maximal. Nous savions qu’imposer ces exigences au porteur de projet prendrait des semaines, voire des mois, avec les bureaux d’études, afin de présenter un protocole conforme », explique Thibaut Guiraud.
Le maire précise également avoir exigé que les services de l’État continuent de surveiller le chantier durant la phase de terrassement, au même titre que lors de la dépollution. « Cela pourrait entraîner des désagréments pour les habitants », notamment en raison du remuement des terres, reconnaît-il. Une demande qui semble avoir été entendue par la préfecture. Reste toutefois une étape clé : la validation du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). L’institut doit en effet donner son feu vert aux travaux afin de permettre à la DREAL (Direction des territoires) de valider officiellement la reprise du chantier.
Un calendrier dressé
« On est hyper vigilants sur le niveau de sécurité […] Au vu des différents éléments communiqués, tout laisse penser que ce chantier pourra reprendre, à condition qu’une tente permette d’encapsuler l’ensemble du foncier », a expliqué le maire aux élus du conseil municipal. Il précise par ailleurs qu’un groupe de travail se réunit chaque mois avec l’ensemble des acteurs du chantier de dépollution, à l’image des établissements scolaires situés à proximité, afin de partager des mesures qu’il juge « concordantes ».
Thibaut Guiraud a également livré un premier calendrier prévisionnel pour la reprise des travaux. Celle-ci pourrait débuter dès avril 2026, avec l’installation de la tente jusqu’à la fin de l’été. Les opérations de dépollution se dérouleraient ensuite jusqu’à fin novembre 2026, avec la mise en place de « tous les capteurs d’aspiration ». À la fin de l’année, puis au début de 2027, interviendrait le démontage de la tente, avant le lancement des travaux de gros œuvre.
« On a tiré les enseignements de ce chantier Marcel Paul, qui s’est mal passé », ajoute le maire. Il précise avoir demandé aux services de la Ville et de l’agglomération la mise en place d’un diagnostic des terres polluées, afin d’établir une cartographie de l’ensemble des sites « susceptibles de poser problème à l’avenir ».
Un manque d'écoute des lanceurs d'alerte
Dans l’opposition municipale, la conseillère écologiste Océane Mariel s’est dite « heureuse » qu’un travail soit enfin engagé sur cette cartographie, tout en s’étonnant que rien n’ait été fait plus tôt. Elle dénonce un manque d’écoute des lanceurs d’alerte, notamment des riverains et des élus qui s’étaient emparés du dossier et qui, selon elle, n’ont pas été entendus. Elle affirme désormais attendre le protocole définitif ainsi que la validation du BRGM.
Candidate aux élections municipales pour l’union de la gauche, dont font partie les écologistes, Maryline Simoné souhaite pour sa part que des études de sols soient systématiquement menées sur les chantiers situés en zones à risque. Elle a par ailleurs promis l’abandon du projet actuel du chantier Marcel Paul.
Une question reste désormais en suspens : quel avenir pour le programme immobilier du site, qui prévoit près de 200 logements ? Une chose est sûre, le chantier Marcel Paul est loin d’avoir fini de faire parler de lui, d’autant plus en cette période d’élections municipales.