Lors du conseil municipal de ce lundi soir, majorité et opposition ont vivement débattu autour de la gestion des sans-abri. Le maire défend des mesures visant à garantir la tranquillité publique, tandis que l’opposition dénonce des arrêtés « anti-mendicité » qui cherche à les expulser du centre-ville.
« Après les sujets graves de santé environnementale, cette actualité vient entacher à nouveau la réputation et l’image de notre ville. Cette consigne donnée à la police municipale, cette décision de verbaliser et d’expulser systématiquement les sans domicile fixe du centre-ville est une faute politique et humaine. On ne règle pas la grande exclusion à coups d’amendes et d’expulsions », déplore la socialiste.
Elle dénonce des « arrêtés anti-mendicité […] Pas de concertation avec les associations. Pas de débat au Conseil municipal. Un coup de fil depuis votre bureau, un ordre, une mise en scène médiatique. Vous nous avez dit regretter l’affaiblissement du débat démocratique, et à la première occasion vous faites exactement ce que vous dénonciez ». Elle demande au maire l’arrêt des consignes de verbalisation des sans-abri.
Un débat au sein du CCAS
Olivier Falorni a de son côté décliné la demande et ajoute : « La différence entre vous et moi, c’est que vous êtes totalement hors-sol. Vous n’avez rien compris, vous mélangez problématique sociale et problématique comportementale […] On avait compris que vous étiez une opposition sectaire, vous êtes maintenant une opposition mélenchonisée ». L’ancien député indique qu’il ne fait qu’appliquer des arrêtés déjà mis en place par Jean-François Fountaine en 2023 et Thibaut Guiraud en 2025, mais n’exclut pas de prendre de nouveaux arrêtés pour assurer « la tranquillité publique ».
« C’est une forme d’insulte quand vous parlez de chasse aux pauvres, l’immense majorité d’entre eux ne sont pas là pour entraver les autres. Notre politique est de tendre la main à ceux en bord du chemin mais être intraitable à ceux qui se mettent en travers du chemin des autres et pourrissent leurs vies », conclut le député, qui ajoute que certains sans-abri sont par ailleurs logés dans le parc HLM de La Rochelle.
Soraya Ammouche, du groupe « Une vision pour La Rochelle », appelle à ne pas faire de généralités ni d’amalgames entre les marginaux et des sans-abri « victimes de leurs situations », où se trouvent des personnes âgées, des femmes seules et des enfants, dans une précarité extrême et dans l’insécurité de la rue, déplore l’élue, qui demande l’ouverture d’un débat au sein du centre communal d’action sociale afin de discuter de la mesure, une demande acceptée.
"Qu'est qu'on règle comme problème avec ces décrets ?"
Clément Cunin, du groupe « La Rochelle Unie », a de son côté rappelé qu’il y a quelques semaines, Olivier Falorni lui-même indiquait que son groupe n’avait pas été soutenu par les Insoumis. Il s’interroge également sur les arrêtés sur lesquels se basent certaines interventions de la police municipale, tandis que son collègue Olivier Godin dénonce le fait que les sans-abri ne puissent plus se rendre aux distributions de repas mises en place par les associations.
La numéro deux de la liste de l’ancien maire Thibaut Guiraud, Brigitte Desveaux, regrette le manque de dialogue qui « lasse » les personnes assistant aux conseils municipaux. Elle explique que les arrêtés pris à l’époque par la majorité municipale avaient pour vocation à « être un espace de menace, un outil de prévention […] aujourd’hui il y a une pluie de PV, vous avez demandé aux équipes de police municipale de verbaliser massivement ». La conseillère départementale demande à réunir l’ensemble des acteurs associatifs, des autorités et de la mairie autour de la table afin de trouver une solution.
« Qu’est-ce qu’on règle comme problème avec ces décrets ? », s’est interrogé Brahim Jlalji, de « La Rochelle Unie », qui déplore qu’on cherche « à cacher ces pauvres qu’on ne saurait voir » en les envoyant en périphérie. « Vos premières mesures, c’est chasse au SDF et taser pour la police municipale. Si nous on se mélenchonise, qu’est-ce que ça veut dire pour vous, qui avez été socialiste à un moment donné […] Comme vous aviez dit que vous aviez été un candidat divers gauche, vous venez de prendre quelques décisions de droite, j’attends vos décisions de gauche ».
« La conclusion est terrible, la sécurité c’est de droite ? Votre conclusion elle est terrible », rétorque le maire, une affirmation réfutée par Brahim Jlalji. Une première heure mouvementée autour d’une question qui devrait donc revenir sur la table lors du prochain conseil d’administration du CCAS.