Acté durant l’été, le changement de propriétaire n’a entraîné que de légères évolutions au Jardin du Marché qui est resté fidèle à l’identité qui a fait son succès.
Le Jardin du Marché a changé de visage ces derniers mois. Depuis l’été dernier, Frédéric Barbé, Marie-Pierre Khamvene et Patricia Skotnicki ont repris les rênes de ce lieu emblématique de La Rochelle. Derrière ce changement de direction se cachent plusieurs histoires, à commencer par celle d’un endroit que certains, comme Marie-Pierre, fréquentent depuis leur adolescence.
« Mes parents ont déménagé à La Rochelle quand j’avais 14 ans. Je suis restée ici jusqu’à mes 19 ans. Quand j’étais jeune, je passais tout mon temps libre au Jardin du Marché. Ça s’appelait le bar Gouleau à l’époque. C’était notre repère avec mes copains. On se racontait nos week-ends, nos histoires… On parle de souvenirs qui remontent à plus de 30 ans. Il y avait une ambiance bistrot, on jouait aux cartes car le téléphone n’existait pas (rires). »
D’autres anecdotes remontent à la mémoire de Marie-Pierre. Les plus marquantes ? Celles de ses rencontres avec Églantine, ancienne propriétaire de l’établissement, et Frédéric Barbé, qui deviendra l’un des associés dans cette nouvelle aventure.
« Après être parti à droite à gauche, je suis revenu à La Rochelle. C’est là que j’ai rencontré Églantine, l’ancienne propriétaire des lieux, il y a environ douze ans. De mon côté, avec un associé, nous avions repris « le Saoufé », que nous avions transformé en comptoir à fruits de mer. Il y a quelque temps, je voulais prendre un chemin complètement différent et me lancer en psychologie. Par hasard, j’ai recroisé Églantine, qui m’a dit que l’endroit était à vendre. J’avais rencontré Fred quelques années plus tôt par le biais de notre troisième associée, Patricia. Elle m’avait transmis son CV en me disant : « Il faut que tu l’appelles, ce gars s’est reconverti en restauration, il est bon. » Je disais oui, oui, mais elle ne m’a pas lâchée. Finalement, on se retrouve tous les trois dans cette aventure. »
Une carte sans changement majeur
Avec une recette qui fonctionnait déjà parfaitement, l’idée n’était pas de bousculer l’ADN du lieu. « On a changé quelques petites choses dans la carte tout en gardant ce qui fonctionnait », détaille Frédéric. « Je pense au fromage rôti, le mottin, un fromage de Charente. Celui-là, c’était l’incontournable. Ça marche en hiver, en été, tout le temps. On en fait au moins 20 par jour ! Au niveau des ajouts, on voulait travailler un burger de viande. Avant, il n’y avait qu’un burger veggie. Ça nous tenait à cœur de tester quelque chose à ce sujet. »
En revanche, les clients les plus fidèles auront remarqué un détail sur la carte. « Le choix fort a été d’enlever les tartines », explique Marie-Pierre. « C’était quand même un produit phare depuis des années aux Jardins du marché. On ne dit pas qu’on ne les remettra pas, mais il fallait une carte qui conviennent à toute l’équipe de cuisine et à nous aussi. On a recruté un nouveau chef, ça comportait certaines choses en termes d’envie et de création. »
Faire du Jardin du marché un lieu de vie
Désormais ouvert sept jours sur sept, Marie-Pierre et Frédéric souhaitent aussi développer d’autres facettes encore inexplorées. Chacun dans leur domaine, ils souhaitent apporter une touche supplémentaire pour faire vivre davantage les lieux. « On pourrait ouvrir le soir », suggère Marie-Pierre. « Mon domaine privilégié, c’est celui de la thérapie. J’ai rencontré beaucoup de personnes dans la psychogénéalogie qui cherchent des lieux, des lieux de rencontres. On s’est rapidement dit qu’on pourrait devenir un peu ce genre de lieu. On aimerait le proposer sur des horaires du style 18 h 30-22 h 30, ça ne fait pas trop tard. Je pense que les gens sont en recherche de lieux comme celui-ci. »
Pour Frédéric qui a passé des diplômes dans le domaine des vins et spiritueux, l’idée est aussi toute trouvée : « Moi, j’aimerais bien développer la partie dégustation de vins, notamment pour mettre à profit ce que j’ai appris dans mes formations. Tout cela avec des planches de charcuterie, avec une option végétarienne, et du fromage. Ça pourrait être intéressant. »
Avec une reprise qui reste récente, l’ambition de la nouvelle équipe serait de voir ces projets aboutir au cours de l’année 2026.