Première femme députée de la 1re circonscription de Charente-Maritime depuis près de 40 ans, Sabine Gervais a fait ses premiers pas à l’Assemblée nationale mardi dernier, où elle a posé sa première question au gouvernement sur la fin de vie. Retour sur ses débuts dans l’hémicycle.
Le 22 mars dernier, Olivier Falorni est arrivé en tête du second tour des élections municipales à La Rochelle et est devenu, une semaine plus tard, le nouveau maire de la ville. Cependant, en raison de la loi sur le non-cumul des mandats, il ne peut exercer simultanément les fonctions de maire et de député.
C’est donc sa suppléante, Sabine Gervais, à ses côtés depuis 2022, qui reprend le flambeau. Âgée de 56 ans, cette infirmière puéricultrice et mère de deux enfants est élue dans sa commune de Puilboreau depuis 2014, où elle est en charge de l’enfance, de la jeunesse et de la vie scolaire. Elle avait également été élue première adjointe le 15 mars dernier, avant de démissionner afin de respecter la règle du non-cumul des mandats.
Une première depuis 40 ans
Depuis lundi, elle est officiellement la nouvelle députée de la 1re circonscription de Charente-Maritime, la première femme à occuper ce siège depuis Colette Chaigneau, il y a près de 40 ans.
« Je suis un petit peu impressionnée, un petit peu stressée par cette grande journée, mais je suis très fière d’être ici aujourd’hui », explique la députée depuis son nouveau bureau parisien, encore au nom de Olivier Falorni.
Plongée directement dans le grand bain ce mardi, elle avait été accompagnée quelques jours plus tôt par son prédécesseur afin de découvrir ses nouveaux collègues ainsi que l’Assemblée nationale et ses multiples couloirs, où il est parfois compliqué de se repérer.
Sabine Gervais, qui entend porter, comme son prédécesseur, la loi sur la fin de vie et pourrait devenir la rapporteure générale du texte lors de son retour à l’Assemblée nationale, souhaite également défendre des sujets liés à la santé environnementale, notamment les cancers pédiatriques dans les communes de l’agglomération, un dossier qui lui tient à cœur au regard de son métier.
"Aujourd'hui, ça prend une autre dimension"
Le temps de ranger quelques dossiers et d’allumer son ordinateur, la nouvelle députée rejoint ses collègues du groupe Démocrates pour la traditionnelle réunion de groupe. « Très bien accueillie » par les collaborateurs et les élus de l’hémicycle, ce rendez-vous permet d’échanger sur l’actualité nationale et les travaux de chaque député. C’est également l’occasion pour les ministres de venir rencontrer les groupes, comme l’a fait ce mardi matin le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, venu évoquer deux textes.
Une fois la réunion terminée, peu après 12h, Sabine Gervais doit se préparer à son entrée dans l’hémicycle. Aux côtés de deux autres députés effectuant eux aussi leurs premiers pas ce jour-là, elle aura l’occasion de poser une question au gouvernement. « Avec Olivier Falorni, j’ai déjà pris la parole devant du public, donc c’est quelque chose auquel je me prépare. Alors oui, aujourd’hui, ça prend une autre dimension, mais je suis sereine et je le fais avec plaisir et fierté », explique-t-elle.
"C'est une grande fierté de rentrer dans cet hémicycle"
À 15h, la députée fait son entrée dans l’hémicycle, installée quelques rangs derrière le gouvernement, dont elle connaît déjà certains membres, à l’image du ministre du commerce, Serge Papin, un Vendéen comme elle, désormais installé à La Rochelle.
« Je donne la parole à Sabine Gervais pour le groupe Démocrate », déclare quelques minutes plus tard Yaël Braun-Pivet. Sans suspense, Sabine Gervais interpelle la ministre de la Santé sur le sujet porté par son prédécesseur : la loi sur la fin de vie.
Fin de vie : Sabine Gervais (DEM) affirme sa volonté de "poursuivre le travail mené par @OlivierFalorni" afin de "construire une réponse juste, humaine et responsable".
— Assemblée nationale (@AssembleeNat) April 28, 2026
Elle appelle le Gvt à s'engager à "inscrire rapidement" les textes à l'ODJ de l'Assemblée.#DirectAN #QAG pic.twitter.com/5961baruT8
« Le gouvernement peut-il s’engager à inscrire rapidement ce texte à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale afin de permettre au Parlement d’aller au bout de ce processus législatif, attendu par tant de nos concitoyens ? », interroge Sabine Gervais.
À l’issue de la séance, elle réagit : « C’est une grande fierté de rentrer dans cet hémicycle. L’hémicycle où se déroule toute une histoire, c’est là où l’on vote les lois. C’est aussi une grande responsabilité que je mesure en tant que députée. »
Alors que son mandat devrait durer jusqu’en 2029, sauf dissolution d’ici là, elle prévoit de rencontrer dans les prochaines semaines le préfet, les maires et les chambres consulaires du territoire, qu’elle connaît déjà bien. Celle qui souhaite être une « députée de terrain » sera présente les lundis et vendredis dans sa circonscription pour recevoir citoyens et associations, à Paris une partie de la semaine et sur le terrain le week-end. Un emploi du temps chargé pour une députée qui entend s’impliquer pleinement dans la vie parlementaire.