La Rochelle : un premier conseil municipal animé entre l’opposition et Olivier Falorni

Un mois après son élection officielle à la tête de la ville, Olivier Falorni a présidé son premier conseil municipal ce lundi soir. La séance, qui s’est révélée animée, a notamment donné lieu à plusieurs échanges tendus entre le groupe d’opposition « La Rochelle Unie » et le maire autour des questions de partis politiques, de militantisme et de lutte contre les discriminations.

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Le conseil municipal de ce lundi 27 avril a été animé entre "La Rochelle Unie" et les falornistes | TL - INF LR

Ce lundi soir se tenait le premier conseil municipal de la mandature d’Olivier Falorni, qui a duré un peu plus de 2h30. Très technique, ce dernier a permis de désigner notamment les représentants dans différentes commissions et instances, à l’image du CCAS, mais également d’adopter un déontologue. Pourtant, les débats se sont avérés animés, notamment entre le groupe d’opposition « La Rochelle Unie » et la majorité municipale.

Olivier Gaudin, issu de la liste de l’union de la gauche, a lancé les hostilités, déplorant le nom affiché de son groupe sur le site internet de la mairie. En effet, le membre du collectif de l’Assemblée Citoyenne ainsi que ses collègues a déploré que les listes n’étaient pas définies politiquement avec le nom des partis, ce qui « alimente une confusion politique ».

Olivier Falorni a rétorqué que les noms affichés sont ceux des listes inscrites aux élections municipales : « Vous auriez pu vous appeler la gauche unie, vous n’avez pas fait ce choix devant les électeurs. Peut-être que vous ne l’avez pas assumé devant les électeurs à l’époque ». L’ancien député a également répondu à une critique du conseiller d’opposition qui indiquait plus tôt : « Le centre que vous incarnez n’est pas la gauche », ce à quoi il rétorque : « C’est une maladie infantile de la gauche, tout le monde considère qu’à côté de lui, on n’est pas de gauche […] Vous incarnez une petite partie de la gauche, La France Insoumise ne vous a pas rejoint et n’a pas appelé à voter pour vous au second tour des municipales».

"Vous avez fait un gloubiboulga en parlant de mon masculinisme, appelez-moi Donald Trump"

Alors que le ton était encore bon enfant, avec des échanges au tac au tac entre les deux hommes sur la question des partis politiques, c’est le sujet des discriminations qui a fait monter les tensions. La conseillère municipale d’opposition Soraya Ammouche (« Une vision pour La Rochelle ») a remercié le maire pour la création d’une délégation de lutte contre les discriminations, espérant toutefois que ce n’était pas qu’une « symbolique mais une volonté réelle de revoir les pratiques d’un autre temps », demandant la feuille de route pour la délégation et les moyens alloués.

Léa Crestois (La Rochelle Unie) a alors repris le sujet, dénonçant le manque de femmes à la tête de grandes délégations comme les finances, le sport ou l’urbanisme, et qui étaient à la place dans celles « pour prendre soin » : «Vous venez confirmer une vision extrêmement genrée des rôles qu’un homme et une femme doivent avoir selon la société, dans une période où nous devrions progresser en matière d’égalité […] Cela dit quelque chose sur la vision que vous avez du féminisme, intervient dans un contexte grave, montée du masculinisme, banalisation du sexisme et violences faites aux femmes, LGBTQIA+ et enfants ».

Une intervention qui a fait réagir Olivier Falorni, dénonçant une « caricature absolue », disant avoir l’impression « d’être à l’Assemblée nationale ». « Vous mélangez égalité et violences faites aux femmes, c’est désastreux comme mélange des genres […] Vous avez fait un gloubiboulga en parlant de mon masculinisme, appelez-moi Donald Trump tant que vous y êtes », s’est exclamé le maire, expliquant par la suite que le choix des délégations s’est fait avec les compétences de chacun et chacune. « C’est un peu sectaire et d’un autre temps, il me semble contre-productif pour la cause féministe que vous prétendez défendre ».

"Je crois que vous avez raté votre carrière"

L’échange a encore changé de tournure quelques instants plus tard, cette fois sur la question des partis et de l’Assemblée nationale, lorsque Olivier Gaudin a interrogé l’ancien député sur les raisons de ses 14 années passées au Palais-Bourbon « si c’était un calvaire ». « J’y suis resté longtemps car j’ai mené des combats, des débats où on n’avait pas l’étiquette partisane » lui répond-t-il. Le conseiller d’opposition ne démord pas et rétorque : « Cette posture apartisane permet de faire des grands écarts, à nos âges les grands écarts c’est un peu dangereux, je pense que vous allez finir par vous claquer ».

Olivier Falorni reprend alors la main : « Je crois que vous avez raté votre carrière […] J’ai été élu 4 fois député, élu maire, à vous écouter je serais une sorte d’ectoplasme sans colonne vertébrale, ce n’est pas respecter les électeurs de me considérer de la sorte ».

Le groupe d'opposition "La Rochelle Unie" représentant les socialistes, écologistes, communistes et le collectif de l'Assemblée Citoyenne | TL - INF LR
Le groupe d'opposition "La Rochelle Unie" représentant les socialistes, écologistes, communistes et le collectif de l'Assemblée Citoyenne | TL - INF LR

Dans la foulée, Maryline Simoné, tête de liste de « La Rochelle Unie », jusque-là discrète, intervient à son tour sur la question du militantisme: « C’est un parti qui vous a fait, vous crachez dans la soupe […] Militant c’est le plus beau mot qui existe ». Elle réagit également à une déclaration plus tôt dans le conseil où Olivier Falorni a indiqué qu’il sera le porte-parole de Bernard Cazeneuve, candidat pressenti à la prochaine présidentielle, s’inquiétant d’un éventuel cumul avec son mandat de maire.

Le maire répond alors fermement : « Je suis un militant comme vous. J’ai été viré du Parti socialiste parce qu’il ne respecte pas ses propres règles car votre amie Ségolène Royal a voulu s’imposer à La Rochelle […] Rassurez-vous, je ne quitterais pas La Rochelle. Vous croyez que tout est à Paris madame l’inspectrice générale ? ». Interpellée, Maryline Simoné réagit : « Je ne sais pas pourquoi vous m’appelez madame l’inspectrice générale », ce à quoi le maire répond immédiatement : « Parce que vous travaillez à Paris, donc tout n’est pas à Paris », avant de continuer sur la question du militantisme : « Vous n’avez pas le monopole de la gauche« .

La première apparition de l'ancien maire, Thibaut Guiraud, depuis sa défaite aux municipales | TL - INF LR
La première apparition de l'ancien maire, Thibaut Guiraud, depuis sa défaite aux municipales | TL - INF LR

Thibaut Guiraud discret

De son côté, l’ancien maire Thibaut Guiraud, qui a démissionné de l’agglomération comme nous le révélions vendredi, a fait sa première apparition publique en siégeant au conseil municipal après sa défaite, sans pour autant se faire remarquer, restant silencieux tout au long de la séance.

Du côté du groupe « Une vision pour La Rochelle », qui ne voulait par ailleurs pas être défini comme une opposition, ou du moins comme une opposition constructive, Bruno Léal est également intervenu sur le cas du musée des Beaux-Arts pour demander un point à la majorité municipale, ainsi que sur les 400 ans du siège de La Rochelle, proposant un spectacle associant des historiens locaux et des musiciens d’époque.

Le ton semble en tout cas donné pour ce premier conseil municipal d’une longue série, qui ne devrait pas être un long fleuve tranquille pour la majorité.

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