C’est presque sans expérience que l’adolescent rochelais, Ilyane Neau (17 ans), aujourd’hui en terminale, s’est attaqué au toit de l’Europe. En août dernier, il a gravi le Mont-Blanc, un défi aussi audacieux qu’inconscient, devenu le souvenir d’une vie.
Gravir le Mont-Blanc à 16 ans, c’est l’exploit réalisé par Ilyane Neau. Une véritable prouesse pour cet adolescent rochelais, qui n’avait découvert l’univers de l’alpinisme que quelques mois auparavant. Son attrait pour cette discipline est né de deux sources d’inspiration. La première, très médiatisée, est la célèbre vidéo du youtubeur Inoxtag retraçant son ascension de l’Everest. La seconde est plus personnelle. Une connaissance adepte de défis sportifs extrêmes, capable notamment de traverser la Manche à la nage. Un mélange d’influences qui a donné à Ilyane l’envie et la motivation nécessaires pour se lancer dans cette discipline à part.
« J’ai gravi le Mont-Blanc en août 2025 et en avril de la même année, je ne savais même pas que j’allais commencer l’alpinisme », lance Ilyane. « Tout s’est fait très vite. Grâce aux réseaux sociaux, j’ai rencontré Noé (âgé de 20 ans, Ndlr), une personne qui faisait déjà de l’alpinisme et de la randonnée dans les Pyrénées, où il réside. On a sympathisé puis très vite, il m’a proposé une excursion. On n’en a pas reparlé et c’est au mois d’août qu’il m’a alors proposé de gravir le Mont Blanc. Ce n’était pas ce que j’avais prévu, je comptais faire une montagne plus petite. Au final, j’ai accepté et on a grimpé le Mont Blanc ensemble. »
Un défi sensationnel
Si l’ascension s’est déroulée sans encombre, l’adolescent est pleinement conscient que sa préparation n’était pas optimale pour relever un tel défi.
« J’ai fait preuve d’une grande insouciance », reconnaît Ilyane. « Je n’avais aucun recul sur le niveau que cela demandait. Je suis tombé de haut. Je parle en termes de niveau d’alpinisme pas au niveau du matériel. J’avais commencé à travailler quelques mois plus tôt pour m’acheter tout le matériel nécessaire. J’en ai bien bavé. Si j’ai pu faire tout ça, c’est grâce à Noé qui avait déjà de l’expérience. Au début, je n’ai pas prévenu ma mère que j’allais faire le Mont-Blanc. Je lui avais dit que j’allais à Chamonix pour gravir des montagnes plus petites. Je ne voulais pas l’inquiéter. C’est le jour même que je l’ai finalement prévenu. Elle avait peur, mais quand elle m’a vu réussir, elle était très fière de moi. »
Récit de deux jours hors du commun
Au total, l’ascension et la descente se sont étalées sur deux jours. Ilyane revient en détail sur ces journées hors du commun.
« Pour raconter la première journée, je me suis levé à 6h du matin dans le village de Saint-Gervais-les-Bains qui est à proximité de Chamonix. Il y a un tramway qui t’emmène jusqu’au premier refuge. En tout, tu as trois : le Nid d’Aigle (à 3100 mètres), Tête Rousse et celui du Goûter (environ 3900 mètres), le plus haut refuge d’Europe. Nous sommes arrivés au Nid d’Aigle à 7h puis on a marché durant toute la journée pour rejoindre le refuge du Goûter. Avec l’altitude, la concentration et la fatigue engendrée, tu es très vite fatigué. À 16h, j’étais au lit. Étant donné que le lendemain matin il faut se lever à deux heures pour commencer l’excursion, il faut être en forme. Le lendemain, on a pris un petit-déjeuner avant de commencer à 3h du matin. De 3H jusqu’à 8h, on a marché et c’est à ce moment-là que nous sommes arrivés au sommet du Mont-Blanc. On a profité quelques instants puis on est redescendu tout en bas aux alentours de 17H.
Le souvenir d’une vie
Éprouvé physiquement et mentalement par une telle ascension, l’adolescent n’a finalement pas ressenti une émotion débordante en atteignant le sommet du Mont-Blanc.
« Quand on est arrivé au sommet, je n’ai pas ressenti grand-chose. Je ne réalisais pas encore. Au fond de moi, je savais que je l’avais fait, mais c’est une fois tout en bas que j’ai vraiment réalisé. De plus, on ne peut pas vraiment exulter quand on est tout en haut car il y a encore une descente à effectuer et il faut rester concentré. Une fois arrivé en bas, j’ai appelé ma mère. J’étais fier de moi. Ce qu’on a partagé avec Noé, cela va nous lier pour la vie, c’est devenu un frère pour moi. Mes parents étaient contents pour moi. »
Tourné vers de nouveaux sommets
Depuis cette ascension, l’alpinisme occupe une place centrale dans la vie d’Ilyane. Élève de terminale, il jongle entre les cours, le travail, pour financer ses projets, et l’entraînement. Tous les mois, il se rend à Chamonix afin de continuer à s’entraîner et à perfectionner sa technique. Ambitieux, il voit grand pour la suite.
« J’aimerais bien repartir en février. Le projet serait d’aller gravir le Mont Cervin (situé en Suisse et qui a une altitude de 4478 mètres d’altitude). Pourquoi pas avec Noé. Si ce n’est pas possible, j’aimerais aller chez lui, dans les Pyrénées, à s’entraîner sur des cascades de glace et maintenir notre niveau physique. Pour cela, on fait déjà du sport et aussi de la course pour conserver notre condition physique. Sinon, un de mes rêves serait de grimper l’Ama Dablam. C’est un sommet plus technique que l’Everest. C’est aussi la montagne la plus emblématique de l’Himalaya. Tout le monde la respecte là-bas. »
Mais avant de viser les plus hauts sommets, Ilyane garde les pieds sur terre. Le jeune Rochelais va d’abord se concentrer sur un objectif tout aussi important, l’obtention de son baccalauréat.