« Un immense honneur, un immense devoir » : la deuxième fois aura été la bonne pour Olivier Falorni, nouveau maire de La Rochelle

Olivier Falorni a dominé le second tour des élections municipales, terminant à plus de 13 points devant l’union de la gauche menée par Maryline Simoné, qui déplore une ville « à droite de manière non assumée ». Christophe Batcabe s’est dit déçu de son score, espérant faire largement plus, tandis que Thibaut Guiraud, le maire sortant, finit en deçà des 10 %, une contre-performance également regrettée par l’ancien maire Jean-François Fountaine.

Olivier Falorni et son fidèle soutien, Franck Coupeau, devant la mairie | TL - INF LR
Olivier Falorni et son fidèle soutien, Franck Coupeau, devant la mairie | TL - INF LR

Ce n’était pas une surprise, mais l’émotion était forte ce dimanche soir devant l’hôtel de ville de La Rochelle. Olivier Falorni, largement plébiscité par les Rochelais avec plus de 43% des suffrages, est le nouveau maire de La Rochelle. Accompagné de sa compagne, Lynda, le député de la 1ère circonscription de Charente-Maritime a été accueilli par ses soutiens dans une forte émotion, avec quelques larmes, à l’image de Franck Coupeau, Tiffany Roy ou encore Aya Koffi, les conseillers d’opposition du Renouveau, qui ont défendu leur leader bec et ongle pendant six ans, après sa défaite en 2020 à moins de 200 voix.

Le rapporteur général de la loi sur la fin de vie avait un boulevard après l’échec d’une fusion entre la liste de l’union de la gauche et celle du maire sortant, un échec qui s’est concrétisé dans les urnes malgré une forte abstention, avec plus de la moitié des Rochelais qui ne se sont pas déplacés. En tête dans plus de 57 bureaux de vote sur 61, l’homme politique a reçu 43,66 % des suffrages, soit près de 12 149 voix, 2 500 de plus qu’au premier tour.

« C’est un moment évidemment de joie, d’émotion. Être élu maire de La Rochelle, c’est un immense honneur, c’est un immense devoir. J’ai le sentiment du devoir accompli au cours de cette campagne. Nous avons réalisé un travail d’explication, un travail de pédagogie. Nous avons fait de notre mieux pour présenter notre projet. Nous avons été entendus par une grande majorité de Rochelaises et de Rochelais. Et maintenant, nous allons nous mettre au travail. C’est, dans ma vie politique, un moment extrêmement fort », a déclaré Olivier Falorni.

"La Rochelle est à droite, mais de manière non-assumée"

Du côté de l’union de la gauche, Maryline Simoné, tête de liste, se réjouit malgré sa deuxième place : « Une satisfaction déjà d’avoir fait 10 points de plus qu’au premier tour », tout en regrettant la forte abstention.

Pour la socialiste, le constat est clair : « On regarde la totalité des candidats du premier tour, puis les quatre qui restent. Je considère qu’aujourd’hui, La Rochelle est à droite, mais de manière non assumée. C’est ce que je retiens, en tout cas. »

Une fusion avec la liste de Thibaut Guiraud, le maire sortant, aurait-elle pu changer la dynamique et éviter une victoire de Falorni ? « Ce que je regrette, c’est qu’il ne se soit pas désisté, comme cela s’est fait dans une grande partie des villes de France […] Je ne porterai pas cette responsabilité d’avoir perdu La Rochelle à gauche », déplore celle qui siégera malgré tout dans l’opposition municipale, sa liste ayant remporté près de sept sièges.

La surprise Batcabe

Il y a trois mois, il était un parfait inconnu aux yeux des Rochelais. Aujourd’hui, il incarne près de 16,42 % d’entre eux. Christophe Batcabe est sans doute la surprise de cette campagne avec sa liste « Une vision pour La Rochelle ».

Mais dimanche soir, le candidat se disait déçu de son score, qu’il imaginait au-delà des 20, voire 25 % : « C’est un score qui est relativement décevant pour moi. J’espérais faire mieux. On avait proposé une nouvelle alternative aux Rochelais, une alternative différente des combats habituels. On est resté dans ces combats habituels, d’une gauche qui se divise et sur laquelle, pour autant, on se reporte. Je pensais que l’on aurait fait mieux et que, finalement, les Rochelais avaient un choix. C’était une offre nouvelle et elle n’a pas été prise en compte, ou pas assez. »

Celui qui restera malgré tout conseiller municipal d’opposition, avec trois autres de ses colistiers, a félicité Olivier Falorni pour sa victoire. « On a raté ce rendez-vous et j’en suis un peu déçu parce que je pense qu’on va encore un peu stagner et ne pas avancer dans le temps », a déclaré le candidat divers droite, qui ajoute : « Je siégerai parce que je pense qu’avec Olivier Falorni, on a moyen de co-construire des choses, d’apporter une opposition et des échanges constructifs. Donc, ça me paraît raisonnable. »

"Olivier Falorni sera un très bon maire" déclare Thibaut Guiraud

Il faut le dire, c’est une claque qu’a prise Thibaut Guiraud dimanche soir, même si elle était prévisible après son score du premier tour. En choisissant de se maintenir, le candidat a récolté moins de 10 % des suffrages, près de 9,94 % pour être précis, avec 1 200 voix de moins qu’au premier tour.

Le maire sortant ne s’est pas trop attardé devant la presse. Il a cependant rencontré Olivier Falorni, qui a échangé avec lui après la proclamation des résultats afin de faire un point sur les différents dossiers. Le député a par ailleurs salué l’attitude « classe » du maire sortant, qui a estimé qu’Olivier Falorni « serait un très bon maire ». Siégera-t-il dans l’opposition ? En fin de semaine, il nous donnait une réponse positive, mais le résultat a peut-être changé la donne.

Du côté de l’ancien maire, Jean-François Fountaine, qui a démissionné en juin dernier, il s’est dit « déçu ». « Ce qui est un petit peu inquiétant, c’est de voir le nombre de maires de droite qui étaient présents ce soir, comme c’était déjà le cas lors de ses meetings. Alors, est-ce que c’est une droitisation de la politique qui va s’imposer ? Je ne veux pas, à l’avance, dire quelque chose. On va examiner, regarder », a-t-il ajouté.

Le président de l’agglomération a également déploré l’absence d’alliance entre les socialistes et son dauphin : « Thibaut a mené une bonne campagne. Le fait que le PS soit d’un côté et notre liste de l’autre a été un phénomène mortifère. »

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