Olivier Falorni a officiellement été élu maire avec près de 40 voix par le conseil municipal de La Rochelle ce samedi. L’occasion pour les oppositions, incarnées par Christophe Batcabe et Maryline Simoné, de faire entendre leur bonne foi et de construire un dialogue.
Cela faisait plusieurs années, depuis l’incendie de l’hôtel de ville en 2013, pour être précis, qu’un conseil municipal ne s’était pas tenu dans la salle des fêtes de l’Hôtel de ville de La Rochelle. C’est dans cette salle désormais rénovée qu’Olivier Falorni et son équipe ont choisi d’organiser le conseil municipal d’installation, ce samedi 28 mars.
Autour d’une table en U comptant 49 sièges correspondant aux 49 nouveaux conseillers municipaux, des spectateurs étaient répartis tout autour ; tout avait été préparé pour accueillir les élus, leurs proches ainsi que les quelques Rochelais qui ont réussi à y accéder, venus découvrir la nouvelle assemblée.
Elu avec près de 40 voix
Comme le veut la règle, c’est le doyen, Jean-Marie Digout, qui a présidé le début de la séance afin d’élire notamment le maire. L’avocat désormais à la retraite a proclamé, sans surprise, l’élection d’Olivier Falorni avec 40 voix, six jours après sa victoire au second tour avec près de 43,66 % des suffrages.
« Il faut de l’humilité et de l’exigence. De l’humilité envers les autres, de l’exigence envers nous-mêmes. C’est dans cet état d’esprit que nous œuvrerons pour la ville », a déclaré celui qui deviendra bientôt député honoraire, remplacé par sa suppléante, Sabine Gervais.
Souhaitant que son équipe donne le meilleur d’elle-même, il a également nommé ses adjoints sans tarder, dévoilant par la même occasion leurs délégations, récompensant ainsi ses plus fidèles lieutenants, à l’image de Frédéric Milhet, qui devient premier adjoint, mais aussi de Franck Coupeau, qui l’a défendu pendant six ans lors du précédent mandat dans l’opposition et qui récupère les finances. Marie Dubois, cardiologue de profession, devient quant à elle seconde adjointe et se voit confier un important portefeuille allant de la santé au sport, en passant par la transition énergétique.
L’absence remarquée de Thibaut Guiraud
Dans l’opposition, c’est le prédécesseur d’Olivier Falorni, Thibaut Guiraud, qui s’est fait remarquer. En effet, son siège, comme celui de Brigitte Desveaux, seconde sur sa liste, étaient vides. Des « raisons professionnelles » pour le premier et « familiales » pour la seconde.
Christophe Batcabe, candidat divers droite, a, de son côté, souhaité une nouvelle forme de gouvernance au nouveau maire. Celui qui compte à ses côtés trois conseillers municipaux (Nathalie de Fruyt, Bruno Léal et Soraya Ammouche) avait annoncé plus tôt voter pour Olivier Falorni. « Nous gardons la main tendue sans condition, sans calcul, avec une seule boussole, l’intérêt général », a déclaré l’ex-candidat.
De son côté, l’union de la gauche, qui a recueilli 29,99 % des voix au second tour et compte sept conseillers municipaux, a adressé ses félicitations, par la voix de sa candidate, Maryline Simoné, à Olivier Falorni et s’est réjouie que le Rassemblement National ne soit pas entré au sein du conseil municipal. « Nous ne serons pas dans une posture systématique de rejet et de refus. Mais nous ne serons pas non plus dans l’effacement […] Chaque fois qu’une décision ira dans le bon sens, nous la soutiendrons. Chaque fois que nous estimerons qu’elle ne va pas dans la bonne direction, nous le dirons clairement », a-t-elle ajouté.
Des rencontres avec les maires de l'agglomération et la présidente du département
Olivier Falorni, de son côté, est revenu sur plusieurs dossiers chauds, à l’image de l’hôpital, du pont de Tasdon ou encore du chantier Marcel-Paul. Il a indiqué qu’il allait rencontrer la nouvelle maire d’Aytré, Hélène Rata. Le député a ainsi reconnu la « discorde » autour du choix du site du futur établissement de santé, dénonçant l’obstination de la précédente majorité sur le parc des expositions avant de se rabattre sur DBMA. Il souhaite désormais créer l’unité afin « d’aller chercher des centaines de millions d’euros » auprès du ministère de la Santé pour ce projet. « Je souhaite un changement de méthode, que la nouvelle maire d’Aytré soit en phase avec le projet porté », a-t-il déclaré.
Autre rencontre importante, celle avec Sylvie Marcilly, la présidente du département, avec qui la question du pont de Tasdon doit être évoquée : « Je ne souhaite pas prolonger ce bras de fer ». Sur la question épineuse du chantier de dépollution Marcel-Paul, qu’il a par ailleurs qualifié de « fiasco », Olivier Falorni a précisé vouloir poursuivre la dépollution avant la mise en place d’un moratoire, « un bel exercice de démocratie citoyenne », afin de déterminer ce qui sera réalisé sur le site.
Ce premier conseil municipal ouvre une longue série, pour au moins six, voire sept prochaines années (en raison de l’élection présidentielle de 2032, qui pourrait décaler les municipales).