S’il compte savourer les festivités liées aux dix années consécutives à guichets fermés, Uini Atonio se concentre avant tout sur le duel face à Toulon. Une réaction est attendue après la gifle reçue à Toulouse dimanche dernier.
Vous qui êtes au club depuis 2011, comment avez-vous vécu ce match à Toulouse ? Ces 60 points encaissés rappellent l’époque où vous découvriez le Top 14.
Exactement. Je pense que la dernière fois qu’on a pris plus de 60 points, c’était à Castres, je ne sais plus en quelle année (67-20 en 2016, NdlR). C’est bizarre parce que j’ai l’impression qu’on commence bien le match, on était partis avec une grosse équipe. Il faut féliciter Toulouse, qui a sorti une grosse partie, dans le jeu comme en conquête. Les Toulousains étaient prêts pour l’occasion, au Stadium, devant je ne sais pas combien de milliers de personnes, un dimanche à 21 heures. Ils ont fait une très grosse partie.
On vous connaît comme étant une personne optimiste, comment avez-vous vécu ce match à titre personnel ?
Quand tu en prends 60, tu ne peux pas être positif. On a pris une leçon. C’est comme ça. Aujourd’hui, c’est le tarif maison quand tu vas chez eux. Nous, on l’a pris. Il faut vite tourner la page et commencer une nouvelle semaine. Toulon, c’est un autre gros morceau qui va arriver. Si on n’est pas prêts, ça peut être très dur.
Toulon, c’est un match particulier dans le cadre des dix années consécutives à guichet fermé. Il ne va pas falloir gâcher la fête ?
La priorité, c’est déjà de gagner le match. Nous, il faut qu’on travaille comme il faut cette semaine parce que je sais que ça peut partir dans le négatif, surtout quand tu en prends 60 contre Toulouse la semaine d’avant. On est obligés d’être prêts à défendre notre maillot contre Toulon. Oui, les dix ans, c’est exceptionnel, c’est cool. On va passer un bon moment. Par contre, la priorité, c’est le match et essayer de sortir un gros match contre une équipe qui est très bien placée en Top 14.
Vous qui avez connu le démarrage de cette série folle en 2016, comment voyez-vous ces dix années consécutives à guichet fermé ?
Au premier match, je me suis dit que le prochain ne serait pas à guichet fermé, mais finalement, ils sont toujours là pour nous. On est privilégiés. C’est énorme, bravo à nos supporters. J’espère qu’on aura encore 100 guichets fermés sur les dix années qui viendront (rires).
Vous avez déjà affronté Toulon récemment, qu’est-ce que vous retenez de cette rencontre ?
Je pense que c’est un des matchs les plus durs que j’ai vécus en tant que coach. C’était frustrant parce que le match avait été annulé dans un premier temps. À ce moment-là, j’avais l’impression que nous étions prêts, on avait fait un bon échauffement. Quand on y est retournés, je crois qu’on en a pris 40 (défaite 39-14, NdlR). C’était un peu bizarre comme match. On s’était fait bouger devant. Sur ce match retour, il faut qu’on les chope. Devant, on doit faire le job pour faire briller nos trois-quarts.
Nous arrivons à la mi-saison, vous avez peu de retard sur le Top 4. C’est la période idéale pour accélérer et se replacer pour la qualification ?
Exactement. Après, je pense que toutes les équipes veulent faire pareil en allant chercher des points un peu partout. De notre côté, nous ne sommes pas à notre meilleur niveau. On arrive sur la période janvier-février, on veut essayer de prendre le plus de points possible. Quand tu joues des matchs à ce moment-là, ce sont plutôt des rencontres où il fait froid, où il pleut des cordes. Ça nous correspond. On va pouvoir jouer avec nos avants, faire des mêlées, des ballons portés, ce sont un peu nos points forts. C’est maintenant qu’on doit accélérer et surtout jouer en équipe pour arriver en fin de saison dans les meilleures dispositions.
Comment avez-vous senti les joueurs après avoir pris 60 points ?
Quand même abattus. Mais ce qui est magnifique avec ce sport, c’est que tu peux prendre 60 points la semaine d’avant et que, la semaine d’après, ce soit nous qui pouvons les mettre. Oui, il y a de la déception. Les mecs qui ont joué, qui étaient dans le bus, c’était dur sur le retour. Comme je l’ai dit, il faut qu’on tourne la page vite. On a pris les 60 points, tout le monde l’a vu. Il faut qu’on aborde cette semaine avec plus d’énergie et que les gars soient contents. Je sais qu’il y a quelques joueurs qui reviennent, ils vont amener un peu plus d’énergie au groupe.
Ronan O’Gara disait qu’il avait changé des choses à l’entraînement cette semaine. Vous avez remarqué ces changements ?
Oui, parce que j’étais avec eux pendant la réunion où ils parlaient des changements (rires). Comme il l’a dit, on est obligés de changer notre façon de nous entraîner car ça faisait un mois que c’était un peu n’importe quoi. Pour avoir des résultats le week-end, il faut travailler dur pendant la semaine. Pour le moment, on a bien travaillé.
Qu’est-ce qui a changé ?
Un peu plus d’intensité et plus de coaching aussi. Avant, on était un peu à droite à gauche. Là, tout le monde est sur le terrain. On s’entraîne tous à haute intensité, avec beaucoup plus de coaching en même temps.
À titre individuel, vous commencez à enchaîner les feuilles de match après votre longue absence. Comment vous sentez-vous ?
On ne va pas dire enchaîner parce que je n’en fais que trois. Franchement, je ne peux pas dire que je me sente bien parce qu’on en a pris 60, mais personnellement, je suis bien, je suis content. Il y avait pas mal de monde qui pensait que je ne reviendrais plus. Pour le moment, je suis bien, j’ai encore un peu de marge physiquement et mentalement. Je prends match par match. C’est à moi de continuer à travailler, que ce soit dans la semaine ou pendant les matchs, pour amener un peu plus d’énergie à l’équipe.