Présent en conférence de presse avant la rencontre face à Newcastle (samedi, 21h), le manager du Stade Rochelais attend de ses joueurs qu’ils retrouvent la victoire pour recréer une bonne dynamique avant la fin de saison en Top 14.
Quel regard portez-vous sur la défaite face l’Aviron Bayonnais (26-15) ?
Les 15 premières minutes, on n’a pas été précis. On a tapé cinq fois dans le ballon au milieu du terrain. On a donné des opportunités à Bayonne, ce n’était pas le plan. (..) Ensuite, pendant 40 ou 50 minutes, on a encore été imprécis. Quand on regarde les images, plein de choses sont bien faites mais on ne finalise pas les actions. Il y a plein d’exemples. Des moments où il y a un 8 contre 2 à droite et où on joue à gauche… À 10-3 et 10-6 (pour La Rochelle), on a plusieurs opportunités. Si cela fait 17-6, ce n’est pas le même match. Malheureusement, on n’a pas été capables de tuer le match.
Avec quel état d’esprit vous abordez cette Challenge Cup ?
Avec un état d’esprit d’urgence. On cherche à faire une performance. Chaque semaine, il y a une vingtaine de blessés. C’est super facile de comprendre pourquoi on régresse. Pour progresser, il y a besoin de concurrence et là, il n’y en a pas. C’est ça la plus grande maladie pour une équipe professionnelle. On n’a pas le choix en ce qui concerne les joueurs. On compose avec ceux qui ne sont pas blessés.
Vous allez donc intégrer plusieurs espoirs ?
Non. C’est une opportunité pour moi de vous expliquer les choses. L’équipe type d’il y a deux saisons, c’est fini. On ne sait pas qui va jouer le prochain match. Au dernier entraînement, aujourd’hui, il y a des choses qui peuvent donner confiance aux joueurs pour attaquer ce match samedi soir. Mais je fais attention à ce que je dis, parce qu’après Castres et Pau (deux victoires consécutives, NDLR), certains pensaient que c’était lancé, mais c’est trop facile de dire ça. Être lancé, c’est être performant sur 80 minutes. Contre Bayonne, on n’était pas performants. Certains joueurs pénalisent beaucoup d’autres qui sont très performants.
Comment se préparer à un match qui sera à élimination directe ce samedi ?
C’est assez facile, parce qu’on était très déçus de la performance à San Sebastián. Le but, lundi, c’était de voir comment s’améliorer pour finir les actions. Certaines choses dans notre rugby sont très intéressantes, c’est pourquoi je suis plein d’espoir. Mais contre Bayonne, on s’est souvent retrouvés à 10 mètres de leur ligne et on s’est trompés une fois sur deux sur le côté où jouer. C’est lié à un manque de confiance, on est peut-être à moitié « aveugles » dans l’analyse de l’espace. Mais je ne vais pas laisser cette période définir ce groupe, parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de choses à aller chercher. La plus grande, c’est la fierté d’un groupe. Beaucoup de joueurs partent. On va finir comment ? C’est un peu le point de départ pour ce match ce week-end.
La Challenge Cup est-elle un objectif pour vous ?
En ce moment, on ne peut pas se demander dans quelle compétition on joue. Quand tu es manager, tu cherches la performance. Pour avoir la performance, tu as besoin de certains ingrédients et d’une base dans ton quotidien. On manque de ça. Le plus grand manque, c’est de ne pas avoir de concurrence ou de compétition naturelle. De ne pas avoir deux ou trois joueurs pour une place. Dans l’histoire du sport, et surtout au rugby, s’il n’y a pas de concurrence ou pas des mecs super affûtés, et que tu sais que tu vas jouer, inconsciemment, tu te relâches un peu.
Le fait d’être en course pour décrocher un trophée ne donne-t-il pas une excitation particulière aux joueurs ?
Le « mindset » (l’état d’esprit, NDLR) pour aller chercher un trophée, c’est complètement différent de là où on est en ce moment. Je dois être réaliste. Moi, je cherche une performance pour recréer une bonne dynamique. Je pensais qu’on l’avait créée après Castres, les mecs étaient super généreux face à Pau. Mais on cherchait notre rugby. C’était un peu mieux de temps en temps, mais certains fondamentaux, comme lancer la balle et taper le ballon avec précision, n’existaient pas à Anoeta. Si tu ne tues pas l’adversaire quand tu as cinq, six balles de match… c’était possible pour nous de les faire craquer, mais il s’est passé l’inverse.
Qu’attendez-vous de Newcastle, dernière de son championnat mais qui a gagné trois de ses quatre matchs de poule en Coupe d’Europe ?
Il y a une nouvelle énergie là-bas. C’est une nouvelle équipe avec un grand rêve, une grande vision pour impacter le rugby anglais ou peut-être le rugby européen dans les cinq prochaines années. C’est un projet hyper ambitieux, ils sont sur la ligne de départ. Je pense que ça va être une soirée magnifique pour eux. Dans leurs discours, ils évoquent certainement la réception du double champion d’Europe, même si on est loin de ce niveau. Ils vont nous attaquer très fort dès l’entame. On a regardé toute la semaine leurs forces, ils ont beaucoup de bons joueurs, beaucoup de bons gratteurs de ballon, ils sont capables de marquer beaucoup d’essais en contre-attaque. Mais encore une fois, j’ai mis le focus sur nous, on a besoin de progresser dans notre jeu. C’est dans des conditions comme celles-là qu’on va grandir.
Comment expliquez-vous cette hécatombe de blessures ?
On peut en discuter des heures. À la fin de la saison, ce sera avec plaisir, parce que c’est un sujet… Ce n’est pas juste de la malchance, c’est certain. Je dois prendre mes responsabilités. C’est moi le responsable du programme. C’est impossible de dire avec précision si c’est lié au synthétique, à un changement d’herbe ou à de la malchance, mais il y a quelque chose qui ne marche pas. J’ai ma petite idée mais ça reste entre moi et le staff pour l’instant. La vérité, pour le moment, c’est qu’on ne sait pas exactement pourquoi. Mais je pense que c’est important aussi d’accepter qu’on doit faire les choses mieux et avec plus de précision. Ce n’est pas une menace, c’est juste un bon apprentissage. Si tu n’es pas ouvert pour apprendre chaque jour, tu dois faire un autre métier. Oui, le niveau de blessures est vraiment catastrophique et aujourd’hui encore, Nathan Boulanger devait jouer, il est en forme mais il a senti quelque chose dans son ischio… Pour un manager, c’est impossible de créer de la concurrence quand il y a autant de monde à l’infirmerie.