Titulaire lors du succès face à la Section Paloise (20-6) le week-end dernier, Nolann Le Garrec s’apprête à enchaîner un troisième match avec le Stade Rochelais, une situation qui ne lui était plus arrivée depuis début janvier. Présent en conférence de presse ce mercredi, le demi de mêlée est revenu sur les pépins physiques qui l’ont freiné, ainsi que sur les objectifs de fin de saison de son équipe.
Sentez-vous qu’une étincelle s’est rallumée au club à un moment où s’ouvre la période printanière ?
Une étincelle, je ne sais pas. En tout cas, c’est vrai qu’il y a un peu plus d’énergie du fait des résultats, mais aussi du fait qu’on ait fait rentrer pas mal de joueurs sur le terrain, à l’entraînement, dans la vie de groupe. Tout ça cumulé, ça donne des sourires et de la bonne humeur.
Reste à maintenant à enchaîner dans une période charnière dans la course à la qualification ?
C’est sûr qu’on n’a jamais vraiment réussi à enchaîner pas mal de matchs positifs. On est en quête de ça aujourd’hui. Moi, je ne dirais pas que si on perd, on est définitivement morts, mais c’est vrai qu’on a besoin encore de continuer à performer, spécialement à l’extérieur, notamment ce week-end, pour garder cette émulation et la joie de travailler ensemble.
Grégory Alldritt disait récemment que l’équipe avait cessé de regarder le classement. Est-ce que le fait de ne plus se soucier du classement libère le groupe d’une certaine pression ?
Non, je pense que ce qui libère le groupe, c’est de voir qu’on est capables de répondre présent collectivement le week-end, de sentir qu’il y a de la qualité à tous les postes, qu’on regarde de l’avant en termes de jeu, de performance. Tout ça change les mentalités. La pression du résultat, peu importe la compétition, elle est toujours là. On ne pas dire l’inverse. Mais pouvoir s’entraîner à 35, après une victoire, c’est plus facile que de regarder qui on va évoluer à tel poste ou comment on va combler les vides. Ce sont les aléas d’une saison mais je pense qu’on ne s’est pas trop cachés derrière ça. Maintenant, on avance.
Battre Pau, qui était deuxième, après une période difficile, c’est toujours bon pour la confiance ?
Forcément. Après, comme on ne regarde pas forcément le classement, on voulait surtout gagner à la maison. On savait que Pau était une belle équipe. Les Palois sont venus presque au complet le week-end dernier. Maintenant, on passe à Bayonne et ce serait une erreur de s’arrêter sur ce match-là. On a beaucoup de choses à travailler de ce match-là. C’est ça qui est bien, aussi.
Battre Pau sans prendre d’essai, malgré une conquête en difficulté, ça dit quoi de cette équipe ?
Ça dit que quand on est alignés, on est capables d’être performant sur le secteur défensif notamment, parce que ne pas prendre d’essais, ça relève aussi des progrès qu’on a fait ce domaine-là. On peut aussi ajouter notre occupation, parce qu’on a joué dans les bonnes zones du terrain. Ça montre que quand on est alignés, même face à des équipes bien organisées offensivement, on peut répondre présent. Ça nous donne aussi plus de bons ballons à jouer grâce à notre défense pour pouvoir scorer derrière.
Quels secteurs vous semblent capitaux pour battre Bayonne samedi ?
Il y en a beaucoup. Les Bayonnais ont des qualités sur le jeu au sol, comme nous. Il faudra être efficace sur ces zones de ruck. Je crois que Baptiste Chouzenoux peut reprendre, je le connais très bien, c’est un super joueur en touche. C’est une équipe qui a repris un peu confiance la semaine dernière (victoire bonifiée à Montauban). Ils vont aussi compter sur le retour de beaucoup de joueurs physiquement très denses. Ce match va opposer deux équipes qui ont de l’énergie.
« À chaque fois que je suis sur le terrain, je prends beaucoup de plaisir à jouer dans cette équipe »
En une douzaine de matchs disputés avec La Rochelle, vous donnez l’impression d’être très vite devenu l’un des « patrons » de l’équipe. On sent un vrai effet « Le Garrec » depuis votre arrivée.
Je ne sais pas, ce n’est pas trop à moi de répondre à ça. Mais en tout cas, ce que je peux dire, c’est que je suis vraiment intégré dans cette équipe, dans ce club. Malheureusement, avec un ou deux pépins physiques, je n’ai pas enchaîné comme j’aurais pu, je n’ai pas pu m’exprimer autant que j’aurais voulu. Mais à chaque fois que je suis sur le terrain, je prends beaucoup de plaisir à jouer dans cette équipe. Là, c’est une période un peu plus positive pour nous, mais je n’ai jamais caché le fait que je prenais du plaisir et que je croyais en cette équipe. C’est pourquoi je suis hyper excité pour cette fin de saison. J’espère qu’on pourra amener encore beaucoup de rythme. Et cette animation offensive qui doit nous caractériser aussi, qu’on développe, qui n’est pas encore parfaite. Mais je pense qu’à terme, ça sera efficace.
Comment avez-vous vécu l’accumulation de ces petites blessures ?
Ce n’est pas facile, honnêtement. L’historique, c’est que je me blesse juste après avoir joué contre l’Afrique du Sud et je ne finis pas la tournée (de novembre, Ndlr). Après, je suis revenu assez vite pour la Coupe d’Europe et le match au Leinster, où j’étais plutôt en forme mais où je reprends un petit pépin. On court un peu après le temps, ça fait aussi partie de la vie d’un sportif mais ce n’est pas facile de voir les copains jouer, en club ou en équipe de France. Même s’ils ont été super performants et que j’étais le plus heureux pour eux pendant le Tournoi. J’y ai goûté en revenant, et en me faisant un petit pépin (à la cheville). C’est un peu des hauts et des bas mentalement. Ce qui est frustrant, aussi, c’est qu’à chaque fois que j’ai pu être sur le terrain, je me sentais plutôt bien. C’est derrière moi, maintenant, je suis vraiment concentré sur cette fin de saison. L’erreur, ça serait de ressasser. Il y a encore plein d’objectifs à aller chercher. (..) Je me suis beaucoup questionné sur pourquoi ça arrive maintenant. Quand on fait le décompte, l’année dernière, j’ai joué 34 matchs. Peut-être que mon corps a dit qu’il fallait que je me repose. On a beau essayer de tout contrôler, parfois le corps met un petit frein. Mais là, je pense que je suis bien.
Pouvez-vous nous expliquer comme vous est arrivé cette blessure à la cheville qui a été décrite comme insolite ?
Sur ces matchs-là, il y a des plateaux télé le long du terrain à l’échauffement. J’ai réceptionné un ballon et j’ai marché sur un boîtier, à 4 ou 5 mètres du bord du terrain. C’est un ballon qui se dirigeait sur le plateau télé. Je n’aurais pas sauté dessus (sourire), mais je voulais essayer de changer un peu la trajectoire pour ne pas qu’il casse tout. Sur le moment, c’est énervant, mais ça fait partie du décor de ces matchs-là. C’est le hasard. Il y a beaucoup de choses qui ont été dîtes. J’ai lu des trucs… ça fait rire les gens, entre guillemets, de balancer des trucs… Maintenant, c’est derrière moi. Au final, ma cheville a récupéré assez vite.
Quels sont vos objectifs pour la fin de la saison ?
Les objectifs sont d’abord collectifs. Déjà, ça va être de pouvoir enchaîner des bonnes performances, des victoires. On peut parler de classement aussi. De prendre le plus de points possibles pour être dans les clous à la fin de ce championnat. Puis continuer de développer et de grandir dans cette équipe. Il y a beaucoup de jeunes joueurs et tout ce qu’on prend ensemble, ce n’est pas perdu. Si jamais cette fin de saison peut nous servir aussi pour la prochaine, sans trop se projeter. Puis personnellement, pouvoir enchaîner, avoir du rythme sur le terrain pour pouvoir faire la meilleure fin de saison possible avec le club. Il y a aussi une tournée (la Coupe des Nations) dans un coin de ma tête.
Et vis-à-vis de la Challenge Cup ?
C’est une compétition qu’on va jouer. On va aussi prendre en compte l’état de forme de chaque joueur parce qu’on a eu pas mal de pépins ces derniers temps. Pour l’instant, notre objectif, c’est le match de week-end et après on verra en fonction des petits bobos. On ne va pas trop prendre de risques avec certains joueurs. Je pense que ça donnera aussi une opportunité à d’autres joueurs.
Propos recueillis par Jules Lefebvre