Le troisième ligne polyvalent du Stade Rochelais, Judicaël Cancoriet, revient sur la déconvenue face à Lyon (24-44) avant la semaine de coupure, sur la manière dont le groupe a géré les dernières semaines difficiles, puis se projette sur la rencontre très importante face à Montpellier (samedi, 16 h 35).
Quand on sort d’une nouvelle défaite à domicile comme après le match contre Lyon, qu’est-ce que l’on peut retenir de positif pour aller de l’avant ?
Il y a eu beaucoup de remises en question, que ce soir le staff ou nous, les joueurs. On a aussi vu ce qui n’a pas fonctionné, là où on a péché (contre Lyon) pour pouvoir proposer un autre visage ce week-end, je l’espère. On s’est dit les choses, cette coupure a fait du bien pour pouvoir se régénérer mentalement, physiquement pour certains, et pour revenir avec la tête un peu mise à jour. Se dire les choses, c’est bien, mais il faut qu’on puisse après les exécuter sur le terrain.
Ce n’est pas définitif, mais si vous perdez face à Montpellier, la qualification pourrait presque s’envoler. C’est un match charnière pour vous.
Oui, c’est un match très, très important. À Deflandre, contre une grosse équipe. On a déjà lâché beaucoup de points.
Vous avez dit avoir discuté tous ensemble. La séance vidéo a-t-elle piqué, comme Ronan O’Gara l’avait évoqué, malgré la semaine sans match ?
On a revu le match. On s’est aussi parlé entre joueurs, sans le staff, pour se dire : « voilà les mecs, on a déconné. » Après, tous les détails appartiennent au groupe. On doit retrouver ce qu’on a toujours eu auparavant. Ça ne se fera pas d’un coup d’éclair, mais il faut pouvoir se dire qu’on peut compter les uns sur les autres.
Sans dénigrer Lyon, avez-vous compris pourquoi vous avez encaissé 40 points face à cette équipe ?
Déjà, il y avait une très belle équipe de Lyon qui a commencé le match dès le départ, à l’inverse de nous. On n’a pas respecté le plan de jeu non plus. On se réveille en deuxième mi-temps, mais c’est trop tard. On avait beaucoup trop de retard pour espérer l’emporter.
Sur le plan personnel, vous revenez encore plus fort après votre dernière blessure.
Oui, ça me fait du bien d’enchaîner, peu importe le poste. Je l’ai toujours dit : tant que je peux jouer et m’exprimer, c’est le plus important. Je me sens bien, c’est cool.
Vous sentez que cette coupure a fait du bien à l’ensemble du groupe ?
Oui, parce qu’elle a permis de faire revenir des mecs qui ont bossé pendant cette période. Ça permet aussi de mettre sur pause ce qu’on a vécu (l’accident cardiaque d’Uini Atonio), même si ça n’efface rien. C’est un peu bizarre, tu as l’impression de couper, mais quand tu reviens, tu remets la tête dedans. Mais ça fait du bien que chacun profite de sa famille, loin du stade, pour faire le point sur ce qui nous anime avant de repartir ensemble. J’espère que ça va porter ses fruits.
Avoir Nolann Le Garrec de retour, c’est un gros plus pour vous.
Oui, c’est sûr. Mais il faut qu’on arrête d’attendre un sauveur. Ça ne marchera pas si on attend le retour d’une seule personne. Il faut déjà se rendre compte de la force du groupe qu’on a, parce qu’il est fantastique. Chaque mec est important, mais il faut qu’on le décide ensemble. Bien sûr, les retours de Pierre (Bourgarit) et Nolann (Le Garrec) font du bien, mais il ne faut pas tout remettre sur les épaules de nos leaders.
Si on regarde le classement, vous n’êtes qu’à sept points de Montpellier, quatrième. Vous pouvez encore revenir dans la course.
Oui, c’est ce qu’on s’était dit avant Lyon aussi. Ce sont des cartouches qu’on perd. Il faut se rendre compte qu’on n’est pas totalement décroché. Ça dépendra aussi du match de ce week-end.
Ce scénario ressemble à celui de la saison dernière. Avec déjà quatre défaites de suite, est-ce que ça vous rappelle certains fantômes ?
Oui et non. L’an dernier, on avait aussi enchaîné les victoires, y compris à l’extérieur. Malheureusement, on se casse un peu la gueule à Pau, mais on avait connu un bloc où on avait surmonté tout ça. J’espère qu’on va pouvoir le commencer plus vite cette année et accumuler le plus de points possible.
Comment va le groupe physiquement ? Le sentez-vous capable de remonter au classement comme l’an dernier, avec plus de fraîcheur et de rotations malgré les blessures ?
Oui. Ce qui est bien, c’est qu’on va jouer un match, puis couper une semaine, puis un autre match avant un nouveau bloc de repos. Je pense qu’on va intégrer des mecs, comme l’a dit UJ (Seuteni) tout à l’heure. Ces joueurs vont amener de l’énergie, en espérant que d’autres ne sortent pas en même temps.
Au-delà du sportif, le retour de Pierre Bourgarit doit apporter beaucoup de sourires dans le groupe.
Oui, c’est sûr. Après, ça reste Pierre. Il est encore plus chiant quand il joue parce qu’il aime bien gueuler (sourire). C’est toujours un plaisir d’avoir un mec comme ça. Quand il ne joue pas, c’est le premier au stade à tout donner pour l’équipe. C’est un mec avec un grand cœur.
La saison dernière, vous ne vous étiez pas qualifiés pour les phases finales du Top 14. Vous rejoindrez Toulon la saison prochaine, vous devez avoir envie de finir votre aventure rochelaise sur une note positive ?
Je pense que chaque année, on a envie de faire mieux que la précédente. Peu importe la situation personnelle ou sportive de chacun, le groupe est comme il est et on a envie d’aller au bout à chaque fois.
Propos recueillis par Jules Lefebvre