Municipales à La Rochelle : ce que pensent les candidats sur l’avenir du pont de Tasdon

Alors qu’il est fermé depuis plus de deux ans, l’avenir du pont de Tasdon reste au cœur des préoccupations des Rochelais. Faut-il construire un nouveau pont, engager une rénovation ou le laisser dans son état actuel ? INF La Rochelle a interrogé les candidats aux élections municipales sur ce sujet.

Le pont de Tasdon est fermé à la circulation depuis presque 2 ans | TL - INF la Rochelle
Le pont de Tasdon est fermé à la circulation depuis presque 2 ans | TL - INF la Rochelle

Christophe Batcabe, (Une vision pour La Rochelle) : « Le pont de Tasdon est devenu le symbole d’un manque d’anticipation et de transparence dans la gestion des infrastructures. Sa fermeture prolongée pénalise fortement les habitants et les mobilités quotidiennes. Notre priorité est d’obtenir rapidement une expertise indépendante et publique pour comparer objectivement les scénarios de réhabilitation et de reconstruction, en intégrant coûts, délais et durabilité. Si une reconstruction s’avère la solution la plus fiable et économique à long terme, elle devra être engagée sans dogmatisme. Nous souhaitons aussi apaiser les relations entre la Ville et les autres collectivités, et tout particulièrement le Département,  afin de bâtir un financement partagé et efficace. L’enjeu est simple : rétablir au plus vite une liaison sûre, durable et adaptée aux besoins futurs des Rochelais ».

Olivier Falorni, député (Pour les Rochelaises et les Rochelais) : « Cette situation a des conséquences très concrètes pour les habitants : des trajets plus longs, une circulation encore plus compliquée et toute une partie de la ville qui se retrouve enclavée. Ce sont une fois de plus les Rochelaises et les Rochelais qui subissent les effets de la mauvaise gestion de ce dossier. Ce pont fait partie de notre patrimoine et de l’Histoire de La Rochelle. Il a pourtant été traité comme un vulgaire bout de métal, qu’on a laissé se dégrader jusqu’à devenir dangereux et se voir imposé sa fermeture sans délai ! Ce dossier du pont de Tasdon montre, parmi tant d’autres exemples, combien l’entêtement, l’absence d’écoute et la certitude d’avoir raison tout seul peuvent être ravageurs. La bataille judiciaire menée contre le Département a été aussi stérile que nocive. Je renouvellerai le lien de confiance avec sa Présidente, Sylvie Marcilly, que j’apprécie et je sais que c’est réciproque. Il faut en effet que nous avancions main dans la main pour négocier avec la SNCF et pouvoir engager le plus rapidement possible sa rénovation ou sa reconstruction« .

Thibaut Guiraud, maire sortant (Générations La Rochelle) : « La justice a statué sur le fait que la Ville n’était pas propriétaire du pont et, en tant que candidat, je ne souhaite pas que ce soit le seul argent des Rochelais qui prenne en charge un pont qui n’appartient pas à la Ville. Nous parlons en millions d’euros. Doit-on abandonner de nombreux projets d’investissements pour compenser les manquements d’autrui ? La Ville avait trouvé une solution co-financée à égalité par la Ville, le Département et l’Etat mais celle-ci a été balayée conjointement par le changement de gouvernement et le désengagement du Département. (…) Où étaient ces dernières années celles et ceux qui se positionnent aujourd’hui comme défenseurs du pont ? Pourtant élus du territoire, ils étaient absents ces 6 dernières années pour faire avancer ce dossier. Il est plus facile de faire de vaines promesses que de mettre les mains dans le cambouis (…) J’entends celles et ceux qui, attachés comme nous à l’histoire de notre Ville, souhaitent réhabiliter le pont existant. Les projections financières montrent un surcoût important pour le contribuable à un moment où l’argent public se raréfie. L’ensemble des partenaires ont donc validé unanimement la déconstruction du pont puis la reconstruction d’un nouvel ouvrage. Malgré la médiation que nous avons essayé, il appartient donc désormais à la justice de désigner les responsabilités financières de chacun ».

Maryline Simoné (La Rochelle Unie) : «  Le dossier du pont de Tasdon est bloqué depuis trop longtemps : c’est un échec collectif. Nous proposons, avec la liste La Rochelle Unie, de remettre tous les acteurs autour de la table – Département, SNCF, État et collectivités – dans un dialogue transparent, en mobilisant tous les financements possibles, y compris européens. Nous organiserons une grande et réelle concertation avec les habitants pour construire des solutions tenant compte des besoins de Tasdon, des Minimes, d’Aytré et de l’ensemble des Rochelais, des enjeux de mobilités, des coûts et du patrimoine. Sur la base des études du CEREMA et des études complémentaires à venir, tous les scénarios seront présentés, rénovation ou nouveau pont, en intégrant la requalification de la rue Émile Normandin et des abords côté Espace Encan. Enfin, les Rochelaises et les Rochelais trancheront par un vote. C’est le changement de méthode que nous proposons ».

Véronique Bonnet, (La Rochelle Insoumise et Populaire) : « Il nécessite un travail en bonne intelligence en commission, avec les acteurs concernés : conseil général, municipalité, SNCF, représentants des commerçants impactés et représentants du collectif citoyen. La France insoumise propose en préalable de soumettre les 2 types de projets aux rochelais.es : Réparer l’existant ou faire un nouveau pont. Il faudra informer par le journal de la ville et trancher par une votation citoyenne. Suivant le résultat de la votation : Soit faire une étude sérieuse de réparabilité pour un classement du pont sur la liste des monuments historiques et obtenir ainsi un financement plus large ou bien lancer une étude d’un pont neuf par concours d’architectes ou donner la priorité à un appel d’offre par allotissement permettant l’accès des PME locales aux marchés publics. Pour les 2 types de projets : Le pont doit permettre la circulation de véhicules particuliers, bus, vélos, piétons ; chiffrer le coût et le montant des subventions possibles et le rendre public ; prévoir l’impact sur la circulation des trains pendant les travaux et le surcoût qu’il entraînera ; prévoir pendant la durée des travaux, une mise en place d’une passerelle provisoire pour les vélos et piétons et son surcoût. Soumettre les projets de nouveaux ponts à l’avis des citoyen.es dans une exposition photos, croquis ou en ligne sur le site de la mairie. Entériner le choix définitif si nouveau pont, il y a ».
 
Séverine Werbrouck (Député Européenne Rassemblement National) : « En tant que tête de liste « Rassemblement La Rochelle », je dénonce l’abandon scandaleux du pont de Tasdon, devenu le symbole de l’impuissance politique locale. Depuis des années, les élus se renvoient la responsabilité pendant que l’ouvrage se dégrade et que la sécurité des habitants est mise en danger. Cette incapacité chronique à décider pénalise directement les Rochelais. Elle révèle des élus incapables d’anticiper, incapables de se projeter dans l’avenir, et aujourd’hui dépassés par l’urgence qu’ils ont eux-mêmes créée. La fermeture du pont asphyxie la circulation et complique la vie des riverains et des travailleurs, sans solution sérieuse en face. Assez d’improvisation et d’irresponsabilité budgétaire. Nous exigeons un comparatif clair entre rénovation et reconstruction, avec une décision immédiate. Mais ne soyons pas naïfs : à la fin, ce sont toujours les mêmes qui paient — les contribuables. Les Rochelais méritent des actes, pas des excuses ni des promesses sans lendemain »
 
Contacté, le candidat Jaouad El Marbouh n’a pas répondu dans le délai imparti.

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