Municipales à La Rochelle : ce que pensent les candidats sur la question du logement

Le logement s’est imposé au fil des années comme l’un des enjeux majeurs à La Rochelle. Régulation des meublés de tourisme, loyers trop élevés pour les étudiants, pénurie de logements pour les habitants : les défis sont nombreux autour de cette question, sur laquelle les différents candidats aux élections municipales ont été interrogés.

La Rochelle, Vieux-Port, Port, Roue de la Rochelle, Gare de La Rochelle, vue la rochelle
Image d'illustration | TL - INF la Rochelle

Christophe Batcabe, (Une vision pour La Rochelle) : « Il faut construire à La Rochelle. Mais pas partout, et pas n’importe comment. Construire des logements, ce n’est pas empiler des immeubles standardisés au milieu de quartiers résidentiels. Monter de plusieurs étages là où le tissu urbain ne s’y prête pas, c’est casser l’identité des quartiers, dégrader l’art de vivre rochelais et rompre les équilibres existants […] Il faut prendre le problème à la base. Alléger certaines contraintes du PLUI pour maîtriser les coûts de production, tout en mettant en place une véritable charte architecturale par quartier. Non pour alourdir les procédures, mais pour adapter les constructions à leur environnement, préserver l’histoire des lieux, intégrer des commerces de proximité et créer des rues dans lesquelles on a envie de vivre […] C’est aussi une question de mobilité, d’emploi et d’équilibre territorial. Nous devons mieux répartir l’offre à l’échelle de l’agglomération et de son bassin de vie, en permettant à chacun d’habiter un peu plus loin… sans mettre plus de temps à arriver, grâce aux mobilités que nous devons développer ».

Olivier Falorni, député (Pour les Rochelaises et les Rochelais) : « Nous développerons le bail réel et solidaire dans les zones tendues et ferons la promotion de logements à volumes capables, qui peuvent être aménagés au fil de la vie. Il faudra aussi diversifier les formes d’habitat et accompagner des projets participatifs/ coopératifs en leur apportant une garantie financière lorsque les projets sont viables. Nous encouragerons le bail à réhabilitation pour la restauration des logements vacants ou vétustes. […] Nous créerons une prime de reconversion d’usage pour le propriétaire qui réaffecte un meublé de tourisme en location à l’année. Cette prime sera financée par la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Nous réviserons la réglementation des meublés de tourisme en passant à une logique moins punitive et plus incitative, en concertation avec les représentants des propriétaires et des locataires. Nous assurerons une médiation municipale pour débloquer les situations de transmission patrimoniale et pour remobiliser des logements non occupés et nous instaurerons un dispositif local de sécurisation des revenus locatifs. Dans une volonté de simplification de l’accès aux aides, nous ouvrirons un guichet unique de l’habitat et du logement et expérimenterons un dispositif de tiers financement pour faciliter les travaux de rénovation ».

Thibaut Guiraud, maire sortant (Générations La Rochelle) : « Face à la demande, nous poursuivrons la création de logements, notamment sociaux, à travers la ville. Pour lutter contre la vacance et la spéculation immobilière, nous réaliserons un recensement exhaustif des logements vacants et développerons des dispositifs incitatifs pour la remise sur le marché : nous aiderons à la rénovation énergétique de 850 logements contre leur mise sur le marché avec des loyers plafonnés. Nous développerons également des opérations favorisant l’accession sociale à la propriété, notamment via le Bail Réel Solidaire, pour privilégier les propriétaires occupants. Nous accompagnerons le parcours résidentiel de la jeunesse au grand âge et pour les personnes en situation de handicap. Nous créerons également des résidences dédiées aux jeunes actifs et faciliterons l’accès aux internats des lycées pour les travailleurs saisonniers. Nous souhaitons innover et expérimenter pour mieux répondre aux besoins des habitants en favorisant l’habitat participatif, en réservant des fonciers municipaux à des coopératives d’habitants, en développant l’habitat intermédiaire pour inciter les familles à rester en ville et lutter contre l’étalement urbain. Nous généraliserons l’intermédiation locative pour sécuriser les propriétaires et faciliter la mise en location ».

Maryline Simoné (La Rochelle Unie) : « D’abord, mettre en œuvre l’encadrement des loyers afin de limiter le coût du logement dans le budget des ménages. Il s’agit également d’appliquer strictement la loi Echaniz-Le Meur afin de limiter les locations à courte durée et remettre sur le marché locatif des logements permanents et accessibles. L’accès au logement passe également par une augmentation de la part des logements sociaux à hauteur de 35% dans les nouveaux programmes immobiliers, notamment dans les secteurs les plus faiblement dotés pour assurer une mixité. Dans une logique de justice sociale et climatique, il s’agira d’accélérer la rénovation du parc de logements sociaux. Nous travaillerons également sur l’accession à la priorité, notamment pour les jeunes actifs avec la création d’un prêt à taux zéro communautaire en complément du dispositif national existant, ou en développant l’achat de logements abordables grâce au bail réel solidaire qui dissocie le foncier du bâti. Nous créerons de nouvelles places d’hébergement d’urgence afin de répondre aux situations de détresse et garantir une mise à l’abri immédiate des personnes les plus vulnérables, en lien avec les services de l’Etat. Les politiques du logement impliquent de créer un Observatoire indépendant du logement qui aura pour vocation d’évaluer les politiques publiques, de partager des données et d’émettre des recommandations. »

Véronique Bonnet, (La Rochelle Insoumise et Populaire) : « La réalité des chiffres aujourd’hui c’est 7 295 demandes pour seulement 846 attributions en 2024 et des délais d’attente dépassant les 30 mois. Nous imposerons 35 à 40 % de logements sociaux et très sociaux dans toute opération neuve via le PLUI, et utiliserons pleinement le droit de préemption pour constituer des réserves foncières publiques. Les logements vacants seront réquisitionnés et la vacance entre deux locataires sociaux sera réduite. Nous relancerons les résidences sociales et habitat jeunes, réserverons des logements pour les femmes victimes de violences et renforcerons l’hébergement d’urgence. Nous régulerons fermement les meublés touristiques en étendant le règlement actuel à tous les quartiers : quotas, limitation à 90 jours, règle de compensation, contrôle renforcé et sanctions en cas de fraude. Nous mettrons en place l’encadrement des loyers, le permis de louer et un observatoire public du logement pour piloter les besoins réels. Nous mettrons fin aux subventions à la promotion touristique et limiterons les grands événements. Enfin, nous développerons une propriété non spéculative via les Organismes de Foncier Solidaire (BRS), et soutiendrons l’habitat coopératif avec des clauses anti-spéculatives, pour garantir un logement accessible durablement ».

Séverine Werbrouck (Député Européenne Rassemblement National) : « Dans certains quartiers de La Rochelle comme le centre-ville, Saint-Nicolas ou les Minimes, jusqu’à un logement sur quatre est dédié à la location touristique. Cette situation rend l’accès au logement difficile pour les familles, les jeunes actifs et les étudiants. Le nombre de meublés a fortement augmenté ces dernières années, et la mise en place d’une autorisation de changement d’usage avec obligation de compensation, validée par le tribunal administratif en septembre 2025, constitue une mesure positive. Cependant, cette régulation aurait dû être instaurée plus tôt. Il faut clairement distinguer les petits propriétaires des investisseurs multipliant les locations touristiques. Louer sa résidence principale peut constituer un complément de revenus légitime, parfois indispensable. En revanche, retirer massivement des logements du marché locatif à l’année doit être encadré avec une forte incitation à la remise sur le marché des logements vacants. L’objectif n’est pas d’interdire, mais de trouver un équilibre entre le droit au logement des habitants et l’activité touristique ».

Jaouad el Marbouh (Ensemble pour La Rochelle) : « 11 375 Rochelaises et Rochelais attendent un logement. C’est un échec politique de la majorité sortante comme de l’opposition. Pendant des années, ils ont favorisé la construction de logements pour les touristes plutôt que pour les habitants, et cette dérive s’est intensifiée au fil du temps. Nous créerons une régie publique du logement, transparente et contrôlée par les citoyens, pour construire et produire du logement non spéculatif. Chaque programme immobilier devra intégrer 35 à 40 % de logements sociaux et abordables. Le foncier public servira d’abord à loger les habitants, pas à enrichir les investisseurs. Nous remettrons sur le marché les logements vacants, encadrerons fermement les locations touristiques et accorderons une exonération temporaire de taxe foncière aux propriétaires qui louent à l’année. Nous exercerons le droit de préemption sur les locaux vacants pour revitaliser les quartiers et loger utile ; logerons les 290 personnes sans domicile fixe de La Rochelle dans les sept premiers mois de notre première année d’exercice ; appliquerons une obligation locale d’isolation des passoires thermiques au-delà des obligations de la loi nationale ; et obligeront le gel des loyers des logements classés F ou G tant que des travaux de rénovation ne sont pas effectués ».

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