Île de Ré : la ministre de la Transition écologique veut conjuguer éducation et protection des estrans

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique et de la Biodiversité, a confirmé le déploiement de jachères sur les estrans lors de son déplacement sur l’île de Ré ce jeudi. Une initiative qui vise à concilier la préservation de ces milieux naturels avec l’éducation des plus jeunes, notamment à travers la mise en place d’un parcours pédagogique, comme à Sainte-Marie-de-Ré.

La ministre de la Transition écologique était au chevet de l’estran de Sainte-Marie-de-Ré | TL – INF La Rochelle
La ministre de la Transition écologique était au chevet de l’estran de Sainte-Marie-de-Ré | TL – INF La Rochelle

C’est un long déplacement qu’a effectué Monique Barbut en Charente-Maritime ce jeudi. La ministre de la Transition écologique et de la Biodiversité, au profil très technique et ancienne présidente du WWF, s’est rendue à la réserve naturelle de La Massonne avant de rencontrer les salariés et bénévoles de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) à Rochefort.

La membre du gouvernement Lecornu a ensuite inauguré l’extension de la réserve naturelle de la baie et du marais d’Yves, qui s’étend désormais sur plus de 1 000 hectares supplémentaires. L’occasion pour la ministre d’annoncer également le classement d’un grand nombre de berges et de rivières en zones de protection. Certains espaces maritimes sont eux aussi concernés, à l’image des jachères de l’estran.

Monique Barbut avec de jeunes rétais à Sainte-Marie | TL - INF la Rochelle
Monique Barbut avec de jeunes rétais à Sainte-Marie | TL - INF la Rochelle

Une visite des jachères de l'estran de Sainte-Marie de Ré

Ce sont précisément les jachères de l’estran de Sainte-Marie-de-Ré que la ministre est venue visiter en début d’après-midi. Le dispositif consiste à mettre au repos une partie du littoral, recouverte à marée haute, en suspendant certaines activités, comme la pêche à pied, afin de permettre la régénération des espèces.

« Comme l’ont expliqué aussi bien le directeur de la LPO que la professeure de l’université, cela permet d’observer comment les espaces évoluent lorsqu’on les maintient en jachère, c’est-à-dire sans véritable utilisation productive », affirme Monique Barbut. La ministre précise que ces jachères reposent sur une démarche volontaire et non sur un cadre réglementaire.

« Ce sont des collectivités et des associations, avec le soutien de l’État, qui décident de les créer. Ce sont des démarches volontaires, avec des appuis très ponctuels et locaux, apportés par le préfet. Il n’y a pas besoin, pour faire cela, de grands financements », souligne-t-elle. Et d’ajouter : « Je tiens à rappeler que tout ce que nous faisons en matière de biodiversité ne passe pas forcément par des millions d’euros de financement. Il faut aussi une véritable envie citoyenne d’agir. »

Une mise en jachère de l’estran de Sainte-Marie-de-Ré | TL – INF La Rochelle
Une mise en jachère de l’estran de Sainte-Marie-de-Ré | TL – INF La Rochelle

Conjuguer biodiversité et pédagogie

Au-delà de l’enjeu de préservation, la ministre souhaite également profiter de ces dispositifs pour mettre en place des actions pédagogiques afin de sensibiliser les scolaires aux questions de biodiversité. « Il y a un objectif scientifique, avec un certain nombre de recherches universitaires. Il y a aussi un objectif pédagogique : permettre aux enfants présents ici, et à d’autres comme eux, de commencer à comprendre ce qu’est une analyse de l’eau, à quoi elle sert, d’observer les espèces que l’on trouve aujourd’hui et de voir ce qu’il se passera dans trois ou six mois. Est-ce les mêmes espèces, ou d’autres ? Comment la vie fonctionne-t-elle à l’état naturel ? », explique Monique Barbut.

Une classe de jeunes écoliers rétais était présente aux côtés de la ministre pour découvrir cet estran et s’est montrée particulièrement motivée à en apprendre davantage sur la biodiversité des espaces naturels de leur île. En soulevant des cailloux ou en explorant les mares entre les rochers, les élèves ont pu observer les différentes espèces présentes sur la côte, accompagnés par la ministre.

Des panneaux pédagogiques ont également été installés sur l’estran afin de sensibiliser les promeneurs. Ils pourraient être pérennisés, tandis que deux autres sites ont été annoncés à Nieul-sur-Mer et à Charron.

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