Élu avec plus de 43 % des suffrages lors du second tour, Olivier Falorni s’est confié à INF La Rochelle sur sa campagne et les dernières heures ayant suivi son élection. L’occasion de revenir également sur la mise en place des premiers projets, comme celui de l’hôpital, ainsi que sur son positionnement politique.
Comment vous vivez ces premières heures en tant que maire ?
Olivier Falorni : « Hier soir, ça a été un moment d’émotion. Ce matin, c’est déjà un moment de réflexion, parce qu’il n’y a pas de temps à perdre. Il faut réfléchir à l’équipe municipale que je devrais présenter samedi, après mon élection de maire, il y aura l’élection des 18 adjointes et adjoints. Donc il faut réfléchir dans les jours qui viennent à ce choix, et puis aussi à la constitution de mon cabinet. C’est quelque chose d’important, un cabinet dans une mairie et dans une équipe, pour faire fonctionner une équipe municipale. Et puis évidemment, déjà construire les bases de l’agglomération de demain. Je rencontrerai les maires dans les jours qui viennent, mais j’ai un peu plus de temps, puisque le prochain conseil communautaire a été convoqué au 24 avril ».
Vous avez eu 14 points d’avance sur Maryline Simoné, qui est la seconde place. Est-ce que cette avance a une signification particulière ?
Olivier Falorni : « Ça fait chaud au cœur, d’abord, parce que c’est une marque de confiance. Vous avez vu, ce matin, beaucoup de Rochelaises et de Rochelais, qui me disent qu’ils sont heureux et me félicitent. Donc ça fait chaud au cœur et c’est très encourageant. Après, c’est vrai que je n’imaginais pas une victoire aussi ample, aussi nette. Quand on mène une campagne, on a des espoirs, on se fixe des objectifs. On se dit, si j’arrive à avoir trois, quatre points d’avance, ça serait très bien. Là, l’ampleur du score est formidable. Ça donne une majorité extrêmement solide. Et puis, ce qui a été aussi conforté au deuxième tour, je l’avais souligné au premier, et ça s’est peut-être encore plus manifesté au second, c’est que je sois en tête dans des quartiers très différents. Je suis très heureux d’être très largement en tête dans tous les quartiers populaires mais aussi des quartiers moins défavorisés. C‘est précieux pour moi. D’ailleurs, je veux saluer le fair-play du maire sortant, qui a dit que je serais un bon maire. Je trouve que c’est tout à fait courtois, c’est tout à fait républicain ».
C’est la fin d’une ère, celle du Fountainisme. Est-ce que cela marque aussi la fin d’une rivalité entre vous et Jean-François Fountaine ?
Olivier Falorni : « Ce n’était pas une rivalité, c’était un désaccord profond sur la méthode et sur un certain nombre de dossiers. Moi, la rupture sur le fond avec Jean-François Fountaine, c’est son entêtement sur le projet du nouvel hôpital qui nous a fait perdre de l’argent et du temps. Du temps et de l’argent. Et puis sur la méthode, je ne reviendrai pas, ce n’est pas la peine d’en rajouter. Je crois que les électeurs ont clairement dit que c’est une sanction très claire de Monsieur Fountaine. En 2012, quand on a voulu parachuter Ségolène Royal à La Rochelle, les rochelais ont dit non, on veut un député qui soit ancré sur le territoire. Et puis là, on a eu une opération, pour ne pas le dire, une tentative de manipulation en voulant imposer un maire. En l’occurrence, monsieur Fountaine a voulu imposer un maire aux rochelais en disant, neuf mois avant, ce sera lui. Ben non, c’est pas lui. Et là encore, l’esprit rochelais s’est manifesté. Ils veulent choisir leur maire. Et puis ils l’ont choisi ».
"Relancer une dynamique positive sur le projet du nouvel hôpital"
Quelle va être votre principal défi sur cette première année de mandat ?
Olivier Falorni : « Ce qui est intéressant dans un mandat local, c’est qu’on a le temps de construire des politiques publiques dans la durée. Ce mandat va durer 6 ans, peut-être même 7 ans, compte tenu des échéances nationales de 2032. Donc il se peut que ce soit un septennat. Donc à la fois, il y a des décisions à prendre très rapidement, mais en matière de gouvernance en premier lieu, parce que c’est la condition même d’un bon fonctionnement ensuite. Et ça, ça passe au niveau de la mairie et ça passe aussi au niveau de l’agglomération. Je vais rencontrer des maires que je connais très bien et qui ont été réélus ou élus. Et puis quelques-uns que je ne connais pas bien, qui se présentaient pour la première fois, qui n’avaient jamais de mandat avant et que j’apprendrai à connaître dans les jours et les semaines qui viennent ».
Est-ce qu’il y a déjà peut-être des projets qui vont commencer à émerger dans les prochains mois ?
Olivier Falorni : « Ce que je veux, c’est qu’on puisse relancer une dynamique positive sur le projet du nouvel hôpital. Voilà, une dynamique positive. Je crois que c’est important. Je suis convaincu que sur ce projet de nouvel hôpital, qui est un sujet difficile parce que c’est extrêmement coûteux, il va falloir aller chercher des centaines de millions d’euros pour le financer. Et il va falloir avancer vraiment d’un même pas. Donc, évidemment, ma relation avec la maire d’Aytré va être importante. Je l’ai rencontrée hier soir. Elle était à l’hôtel de ville lors de mon intervention. Donc, nous avons échangé quelques mots. Évidemment, aussi, travailler en bonne harmonie avec la présidente du département. Parce que l’enjeu, c’est que je puisse aller voir le plus rapidement possible la ministre de la Santé, que je connais bien. Mais que je puisse aller la voir en ayant le territoire avec moi ».
Vous avez dit que vous alliez revoir les projets menés par le tandem Fountaine/Guiraud, notamment sur le stationnement. Qu’est-ce que vous allez « révoquer » ?
Olivier Falorni : « Il y a des choses qui peuvent se mettre assez rapidement. D’autres, évidemment, qui se construiront là aussi petit à petit. Nous avons fait la proposition de la première demi-heure gratuite en termes de stationnement. Donc ça, c’est une décision qu’on pourra prendre dans les semaines ou les mois qui viennent. Ensuite, on a prévu la construction de deux parkings silos aux entrées de villes. Donc ça, évidemment, ça prendra plus de temps. Et puis, l’expérimentation de la gratuité des transports publics le samedi. Là aussi, c’est une décision qui pourrait peut-être se prendre dès la rentrée de septembre ».
"Je m'inscris sur la durée"
Comment allez-vous continuer à défendre le projet de loi sur la fin de vie ?
Olivier Falorni : « J’ai longuement réfléchi à ma candidature, tant que je n’étais pas assuré qu’il y ait la deuxième lecture de mon texte à l’Assemblée avant les élections municipales. On a vu que c’était un débat plus âpre qu’en première lecture, où il s’agit vraiment de tenir bon sur les fondamentaux. Le texte n’est pas encore arrivé au bout de son parcours, mais je pense qu’il est en très très bonne voie. Et puis je ne serai pas observateur, je serai acteur, alors pas acteur dans l’hémicycle, mais je continuerai à suivre de près ce dossier. Ma suppléante Sabine Gervais le connaît très bien, parce qu’on en a beaucoup parlé. Elle suit de très près tout ce que j’ai pu faire. Je vais être député honoraire, donc je pourrai évidemment entrer à l’Assemblée nationale, travailler avec mes collègues s’ils le jugent utile. Et je ne doute pas qu’ils feront appel à moi ».
Maryline Simoné vous accuse d’être à droite et dénonce une ville qui vote à droite de manière « non assumée ». Qu’est ce que vous avez envie de lui répondre ?
Olivier Falorni : « Vous savez, Madame Simoné, c’est une disciple de Ségolène Royal. Elle en va jusqu’à faire du copier-coller des déclarations de Ségolène Royal en 2012. En 2012, qu’est-ce que disait Ségolène Royal ? Que la Rochelle avait élu un député de droite. Bon, voilà, mauvaise perdante, c’est un peu dommageable. Ce qui n’a pas été le cas de Thibaut Guiraud et de Christophe Batcabe. Aucune remise en cause. Je trouve ça petit et sectaire ».
C’est une question compliqué, car vous venez d’être élu. Mais projetez-vous déjà au delà des 7 ans de mandats ?
Olivier Falorni : « Je m’inscris sur la durée, puisque je sais aussi qu’être maire, qu’être président de l’agglomération, c’est impulser des projets. Et puis quand la décision est prise, après, il y a l’application à mettre en œuvre. Et parfois, ça prend du temps. Ça prend plus de temps qu’on imagine. Puis après, il y a des événements imprévus. Moi, je l’ai aussi connu dans ma vie politique. En 2020, la COVID, je l’avais pas vu venir, comme tous les Français. Donc je sais qu’à certains moments, même si on pense avoir organisé les choses et de pouvoir maîtriser les choses, parfois, il y a des événements extérieurs qui perturbent. Donc il faut aussi savoir s’adapter et il faut une feuille de route très claire. Et puis aussi s’adapter aux circonstances. Et puis travailler avec humilité. Je crois que le mandat qui s’achève doit aussi nous amener à tirer certaines leçons. Notamment que parfois, il faut pas s’entêter quand on fait fausse route. Savoir expérimenter. Moi, je crois aussi à l’expérimentation dans la vie politique, dans la politique municipale ».