Mardi, 59 membres des forces de l’ordre ont reçu la Légion d’honneur à l’Élysée, dix ans après les attentats du 13 novembre. Parmi eux, des policiers de la BRI, intervenus au Bataclan. L’un d’eux, qui vit désormais en Charente-Maritime, a accepté de se confier sur cette cérémonie marquante.
Le 13 novembre, ce sont ces hommes qui ont mené l’assaut du Bataclan et neutralisé les deux terroristes, libérant également plusieurs dizaines de personnes. L’un des policiers présents ce jour-là, désormais installé en Charente-Maritime, a accepté de se confier sur cette cérémonie à la fois particulière et symbolique.
"C'était pour nous une attente, une reconnaissance qu'on a attendue"
« Porter la Légion d’honneur, c’est une immense fierté. Nous, les gars de la BRI, on l’attendait tous, pour ceux qui ont bravé les attentats de Paris. C’était une attente, une reconnaissance que l’on espérait », ajoute celui qui fut militaire avant de rejoindre la police, et pour qui cette distinction incarne « l’accomplissement d’un devoir […] représente pour nous les valeurs de la République ».
"On tourne la page. On s'est sentis soulagés, on était heureux"
L’ancien président, François Hollande, ainsi que l’ancien ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et l’actuel garde des Sceaux Gérald Darmanin, aux côtés du chef du gouvernement Sébastien Lecornu, étaient présents afin de décorer, aux côtés du chef de l’État, les forces engagées ce jour-là : « Mardi, il y avait une joie de revoir tous les copains, d’aller à l’Élysée. Il y a la médaille, mais il y a aussi cette reconnaissance à travers le fait qu’elle soit remise sous l’égide du président de la République […] On se dit que voilà, on a fait quelque chose pour notre pays »
L’attente a cependant été longue, près de dix ans pour Thomas et ses collègues. « On avait un goût amer par rapport à ça, parce qu’il n’y a pas eu que le Bataclan, il y a eu aussi l’Hyper Cacher, Saint-Denis. Pour beaucoup d’entre nous, on a bravé tous les attentats de Paris. On s’est dit, au vu de ce qu’on a fait, on attendait un minimum de reconnaissance de l’État. Aujourd’hui, c’est le cas. On n’oublie pas, on est reconnaissant. Après, sur la durée, comme on dit, mieux vaut tard que jamais », confie-t-il. Ils avaient déjà été décorés de la médaille de la sécurité intérieure, sauf pour les attentats de janvier et novembre 2015.
« Après, ce n’est pas nous qui l’avons demandé. Je pense que dans tout ça, il y a eu un processus. Moi, personnellement, j’ai remercié Bernard Cazeneuve, à l’époque, qui était ministre de l’Intérieur et qui, à mon sens, a fait beaucoup de choses pour nous après les attentats. Il y a aussi le préfet de l’époque, Michel Cadot, qui est un grand homme. Et je pense que ça a été initié par les présidents des associations des victimes des attentats et à la fois par le président Macron », explique Thomas à propos de l’obtention de cette médaille.
Même s’il n’oubliera jamais cette nuit-là, c’est la fin d’un long parcours pour les membres des forces de l’ordre qui sont intervenus le soir du Bataclan : « On tourne la page. On s’est sentis soulagés, on était heureux. C’est une belle reconnaissance de notre pays. C’est l’honneur de servir notre pays sans détour. »
*Thomas est un prénom d’emprunt utilisé pour des raisons d’anonymat