Une nouvelle fois, ce lundi soir lors du conseil municipal, la question des personnes sans-abri est revenue sur la table. Alors que l’opposition dénonce une répression violente, Olivier Falorni indique avoir rencontré des personnes sans-abri et avoir reçu une lettre de remerciement de commerçants de la rue du Minage.
C’est un sujet qui revient à chaque conseil municipal depuis le début du mois de mai. La question des personnes sans-abri a une nouvelle fois été abordée ce lundi soir à l’hôtel de ville de La Rochelle, lors d’un échange entre Océane Mariel, du groupe d’opposition « La Rochelle Unie », et le maire, Olivier Falorni. En ouverture de la séance, ce dernier est d’abord revenu sur le dépôt de plainte qu’il a effectué après avoir reçu des menaces de mort qui a débouché sur une interpellation comme nous le révélions le 11 juin dernier.
Olivier Falorni en a également profité pour dévoiler le contenu d’une lettre qui lui a été adressée par une cinquantaine de commerçants de la rue du Minage. Il avait déjà évoqué ce courrier quelques jours plus tôt sur le Vieux-Port, lors d’une conférence de presse, après avoir été remercié par une jeune femme pour la mise à l’écart des personnes sans-abri du centre-ville.
"Les rochelais constatent une véritable amélioration de notre rue"
Alors que le groupe d’opposition « La Rochelle Unie » (Union de la gauche et des écologistes) dénonce une « chasse aux SDF », Olivier Falorni se défend en ne disant qu’appliquer des arrêtés pris par ses prédécesseurs, ce que conteste les membres de l’ancienne majorité.
De leur côté, des commerçants ont décidé de remercier le maire de La Rochelle en lui adressant un courrier, à la suite de la publication d’un article de presse consacré à la situation des sans-abri dans la rue du Minage. : « Nous, commerçants de la rue du Minage souhaitons vous faire part de notre satisfaction et de notre reconnaissance concernant les actions engagées en terme de sécurité, de propreté et d’améliorations du cadre de vie ».
« Les rochelais comme les visiteurs constatent une amélioration réelle et visible de notre rue […] La rue du Minage retrouve progressivement l’image et l’attractivité qu’elle mérite » explique le texte signé par une cinquantaine de commerce, qui déplore le sentiment de ne pas avoir été entendu durant de nombreuses années notamment sur la question des sans-abris avec des « trottoirs fréquemment impraticables, des problèmes de sécurité, une présence importante de déchets, des comportements agressifs accompagnés d’une consommation d’alcool dès le début de journée » explique la lettre.
"Je ne souhaite pas confondre tranquillité publique avec la politique de solidarité"
De son côté, Océane Mariel (« La Rochelle Unie ») s’est interrogée lors du conseil municipal sur la rencontre organisée la semaine dernière entre Olivier Falorni et deux personnes sans-abri. « Qu’allez-vous faire des témoignages qui vous ont été rapportés ? […] Ils ont expliqué être la cible d’une répression de la part de la police municipale. Réalisez-vous la violence à laquelle ils sont exposés ? », a-t-elle lancé. Selon l’élue d’opposition, ces personnes ne pourraient plus s’asseoir pour manger ni déambuler librement en centre-ville. Concernant la lettre des commerçants de la rue du Minage, Océane Mariel affirme comprendre que « personne n’a envie d’être confronté quotidiennement à la misère. Mais pour qu’il n’y ait plus de personnes sans-abri, il existe plusieurs méthodes : la vôtre consiste à les chasser et à les verbaliser, la nôtre à construire une véritable politique sociale pour leur permettre de sortir de la rue. »
Olivier Falorni a, de son côté, déclaré ne pas vouloir « caricaturer » les commerçants, estimant que le même constat aurait pu être dressé par ceux de nombreuses rues de La Rochelle. « Aucun d’entre eux ne nous a dit que ce qui leur posait problème était d’être confronté à la misère », a indiqué le maire. Il a précisé que lorsqu’une personne fait la manche seule, sans troubler l’ordre public ni consommer d’alcool, cela ne pose, selon lui, aucun problème.
Revenant sur sa rencontre avec les deux personnes sans-abri, Olivier Falorni s’est dit « préoccupé par leur sort », évoquant leurs parcours et leurs histoires personnelles. « J’avais des êtres humains face à moi. Je leur ai dit que tout être humain présent sur la voie publique doit respecter les autres », s’est justifié le maire. Il a en revanche rejeté les accusations de « répression violente » visant la police municipale, rappelant que les interventions de ses agents sont filmées.
« Je ne souhaite pas confondre la tranquillité publique avec la politique de solidarité envers les plus fragiles. Les citoyens ne peuvent pas faire tout ce qu’ils veulent sur la voie publique. On ne peut pas se promener « à poil » dans l’espace public, on ne peut pas insulter des personnes par envie », a conclu Olivier Falorni.
La question des personnes sans-abri reviendra-t-elle une nouvelle fois lors du prochain conseil municipal, prévu le 21 septembre après la pause estivale ? Réponse dans quelques semaines.






