Près de 200 à 250 personnes ont manifesté ce samedi devant l’hôtel de ville de La Rochelle pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « chasse aux SDF », qu’ils estiment mise en place par la nouvelle municipalité d’Olivier Falorni.
Visiblement, personne n’avait anticipé que ces deux événements se dérouleraient au même moment, offrant une scène particulièrement contrastée. Une image qui aurait presque pu faire oublier le sujet au cœur de la mobilisation : des sans-abri dénoncent ce qu’ils considèrent comme une « chasse » menée par l’actuelle municipalité dans le centre-ville de La Rochelle.
"L'objectif, c'est que monsieur Falorni accepte de parler avec les associations"
Les témoignages se sont succédé ce samedi, à l’image de celui de Muriel Dumont, responsable de l’association « Un Toi Kétatous » : « L’objectif, c’est que M. Falorni accepte de parler avec toutes les associations et toutes les personnes qui s’occupent des sans-abri, de la lutte contre le sans-abrisme, afin que nous puissions trouver ensemble une autre solution que la mise en place de ces arrêtés. »
Elle dénonce un harcèlement constant à l’encontre des sans-abri, évoquant des procès-verbaux dressés en série ainsi que des faits de violences imputés à des policiers municipaux.
Catherine Léonidas, ancienne première adjointe lors des précédents mandats municipaux, était également présente à la manifestation. « Jamais Jean-François Fountaine ou Thibaut Guiraud n’ont fait venir la police dans leurs bureaux en disant qu’il fallait verbaliser les sans-abri et les chasser du centre-ville », affirme-t-elle.
Si les deux anciens maires ont effectivement mis en place des arrêtés visant notamment les regroupements ou la consommation d’alcool sur l’espace public, elle estime que ces mesures avaient avant tout pour objectif de donner des « outils » à la police afin d’éviter la formation de rassemblements trop importants. « Mais en aucun cas pour verbaliser l’ensemble des sans-abri », dénonce-t-elle.
"C'est la répression de tous les côtés"
Lolo a voyagé dans différentes villes de France. « Ici, à La Rochelle, c’est étonnant. Parce que j’arrive de Poitiers, où ils sont plutôt cools. À Lille aussi. En général, on nous laisse vivre tranquillement », explique le chef de cuisine adjoint, actuellement à la recherche d’un emploi.
Celui qui souffre déjà du regard des autres et de l’insécurité de la rue déplore la politique mise en place : « Aujourd’hui, ce n’est que de la répression de tous les côtés. Ils me mettent une amende de 135 euros parce que je fais la manche. 135 euros pour 3 euros gagnés. »
Pour Lolo, le problème est simplement déplacé vers la périphérie de la ville. Il appelle la municipalité à trouver des solutions durables.
Si elle reconnaît l’existence de fauteurs de troubles parmi les personnes à la rue, elle estime qu’un équilibre doit être trouvé. « Nous, on ne peut pas se promener avec notre bière ou autre. Par contre, les touristes ou les jeunes qui sortent de boîte de nuit, qui finissent leur verre avant de rentrer chez eux, on les laisse passer parce qu’on sait qu’ils ont un toit. Mais au final, on est tous pareils », regrette-t-elle.
Les manifestants assurent ne pas vouloir relâcher la pression. Une nouvelle mobilisation est déjà annoncée pour le 13 juin prochain, de 10 h à 14 h, devant l’hôtel de ville de La Rochelle.