Dès lundi prochain, le chantier de dépollution de l’ancienne usine à gaz située rue Marcel-Paul va reprendre, avec l’installation d’une tente destinée à extraire les terres polluées. Des mesures de sécurité poussées au maximum pour un chantier qui devrait coûter près de 10 millions d’euros à l’entreprise chargée de la dépollution.
Cela fera bientôt deux ans, en août, que le chantier de dépollution de l’ancienne usine à gaz de la rue Marcel-Paul a débuté. Quelques mois plus tard, en novembre 2024, les travaux sont interrompus en urgence après que plusieurs élèves des établissements scolaires voisins et des riverains sont tombés malades, en raison des nuisances provoquées par la dépollution des sols et des émanations d’hydrocarbures. Après une brève reprise durant l’été 2025, le préfet met de nouveau le chantier en demeure en septembre, entraînant un nouvel arrêt des opérations.
Près de neuf mois après cette décision, le chantier s’apprête finalement à reprendre et devrait, cette fois, aller à son terme. L’annonce a été faite par Michel Prosic, nouveau préfet de la Charente-Maritime, aux côtés de la DREAL, de l’ARS et des représentants de Speed Rehab, l’entreprise chargée de la dépollution.
« C’est un chantier hors norme que nous avons face à nous. On a voulu pousser au maximum les mesures de précaution afin que les travaux de dépollution n’entraînent aucun risque pour les populations », explique le successeur de Brice Blondel, qui a eu à gérer ce dossier particulièrement sensible pendant près de deux ans.
Une tente de confinement pour extraire les terres polluées
Pierre Leménager, directeur adjoint de Speed Rehab, une filiale de Vinci, a dévoilé les contours de ce chantier, dont la reprise est prévue ce lundi 6 juillet, après les épreuves du baccalauréat. « Le protocole consiste à recouvrir l’ensemble des zones de travaux avec une tente de confinement », explique-t-il. Une structure réclamée depuis le début du chantier par les riverains et les associations, mais qui n’a pu être installée qu’aujourd’hui, après la réalisation de travaux préparatoires.
Concrètement, à partir de la deuxième semaine de juillet, le matériel sera acheminé et installé sur le site. Une opération de remblaiement, nécessitant près de 5 000 m³ de calcaire, sera ensuite menée pendant environ six semaines afin de limiter les émanations d’hydrocarbures avant la pose de la tente. Réalisée sur mesure et en forme de L, celle-ci sera installée entre septembre et novembre 2026. Elle permettra d’extraire les terres polluées en toute sécurité, tant pour les riverains que pour les établissements scolaires situés à proximité.
La dépollution des derniers résidus d’hydrocarbures présents dans les sols devrait ensuite durer près de quatre mois, jusqu’en février 2027. Si le calendrier est respecté, le chantier de dépollution devrait s’achever entre mars et avril 2027 avec le démontage de la tente de confinement. Des capteurs seront également installés sur le site ainsi qu’au sein du collège-lycée Fénelon Notre-Dame afin de mesurer en temps réel les niveaux de pollution. Les données seront consultables en toute transparence sur le site de la préfecture.
5 millions d'euros supplémentaires
Ce nouveau protocole a toutefois un coût important : près de 5 millions d’euros supplémentaires pour Speed Rehab, portant le montant total du chantier à près de 10 millions d’euros depuis son lancement en 2024.
Un investissement assumé par Patrick Viterbo, président de Speed Rehab : « Le problème n’est plus celui de l’argent, c’est d’achever le chantier sur lequel nous nous sommes engagés et de pouvoir réaliser les logements et la résidence étudiante attendus, avec près de 100 futurs occupants qui ont déjà réservé. »
La réalisation de ces logements et de la résidence étudiante, dans le cadre du programme « L’Envolée », a également suscité des interrogations ces derniers mois. En cause, un arrêté préfectoral limitant à cinq ans l’occupation des futurs logements construits sur le site.
Cette restriction sera levée une fois la dépollution entièrement achevée et validée par la préfecture de la Charente-Maritime. Des restrictions d’usage pourraient toutefois être maintenues, comme c’est généralement le cas sur ce type de site dépollué.






