À la veille du choc face au Leinster (samedi, 18h30), Ronan O’Gara attend beaucoup de ses joueurs. Conscient que son équipe peine à se montrer constante dans la durée, le manager irlandais voit cette rencontre comme un véritable test pour mesurer les progrès entrevus lors de la victoire face à Toulon.
Ronan, la semaine a été marquée par de la pluie, du vent, de la neige. Ce sont des conditions idéales ou compliquées avant de se rendre en Irlande ?
Avec la neige, c’était juste compliqué pendant une journée. Les jardiniers et beaucoup de personnes dans le club ont fait de grands efforts pour qu’on puisse avoir le terrain synthétique disponible pour mercredi. La préparation a été bizarre mais, à part ça, on a été concentrés. On a fait une bonne semaine. On ne sait pas le temps qu’il fera demain mais j’imagine que ce seront des conditions d’hiver avec de la pluie. On est préparés pour ça.
Quelle importance vous accordez au succès contre Toulon (66-0) ?
C’était une victoire contre une équipe très jeune. La semaine d’avant, c’était une grande défaite à Toulouse, au Stadium. On a su rebondir mais le niveau de l’adversaire de ce week-end est complètement différent. Je pense que les joueurs et le staff sont excités parce que c’est un très bon challenge. On sait qu’on a besoin d’être performants pour avoir une petite chance de faire quelque chose là-bas.
Comment jugez-vous le niveau actuel du Leinster comparé aux années précédentes ?
C’est moins bon que les années précédentes mais c’est une équipe qui a une énorme profondeur de joueurs de niveau international. Je pourrais passer trente minutes ici pour souligner leurs menaces mais ce n’est pas intéressant. C’est comme pour les autres, il y a quinze joueurs qui vont jouer. Par contre, ils sont hyper précis. Ça va être un bon challenge. On a déjà montré qu’on était capables d’être au niveau. On a un énorme respect pour le Leinster. Le duel entre les deux équipes a fait du bien à cette compétition. J’espère que ça va continuer demain. Pour attirer de nouveaux supporters et faire grandir le rugby, on a besoin d’un grand Stade Rochelais demain.
C’est ce genre de confrontation qui peut vous donner le vrai niveau du Stade Rochelais cette année ?
Je suis certain qu’on a progressé. Cette saison, il y a des résultats assez mixtes avec la grande déception du match contre le Stade Toulousain. Avant ça, on a montré contre le Racing, contre Bayonne et d’autres matchs comme cela, qu’on était capable. Mais est-ce qu’on peut enchaîner des performances ? Ça, c’est la clé maintenant. Les matchs de janvier sont souvent des matchs clés. Il y a un grand morceau demain (samedi) et la semaine d’après, un autre match important (contre les Harlequins) et encore un la semaine d’après (Clermont-Ferrand). Pour nous, le focus est juste sur les 80 minutes face au Leinster.
C’est la septième fois en cinq ans que vous allez affronter le Leinster, comment parvenir à surprendre cette équipe ?
Surprendre le Leinster, ce n’est peut-être pas la motivation première pour moi. Ma priorité, ce sera de garder une grande équipe comme le Leinster sous pression, c’est ça la clé pour moi. Est-ce qu’on est capables d’être précis sous pression ? Demain, on va voir.
On connaît votre rapport particulier avec le Leinster (il a fait toute sa carrière de joueur au Munster, le rival), est-ce toujours un match que vous abordez de manière spéciale ?
Bien sûr, oui. C’est une équipe irlandaise, je suis irlandais. Moi, j’ai passé toute ma vie à jouer pour le Munster qui est le plus grand concurrent du Leinster en Irlande. Il y a un énorme respect entre les deux équipes mais il y a aussi une grande ferveur autour d’elles. Si on perd ça dans le sport, ça ne sert à rien de sortir de son lit chaque matin.
La Coupe d’Europe est un moyen de sortir de la “routine” du championnat et d’affronter des équipes différentes. Ce n’est pas le cas avec le Leinster. Est-ce que la rivalité que vous avez eux vous permet de maintenir les joueurs sous pression ?
Ce n’est pas intéressant de savoir dans quel championnat on joue. Ce groupe a besoin de trouver de la forme. Et de la trouver vite, c’est ça le but. J’ai trouvé qu’on avait été intéressants contre Toulon. Oui, on peut utiliser l’excuse que c’était facile mais dans les détails de la performance, dans le contenu, c’était intéressant. Ça l’a été pendant 62 minutes, pas 80. Je pense que pour nos têtes, on a besoin de confirmer ça demain. J’aimerais voir la même intensité que contre Toulon.
Depuis le match contre Lyon, vous avez souffert à l’extérieur ces derniers temps. L’ambition est aussi de transporter ce que vous faites à Deflandre à l’extérieur.
Oui, exactement. Mais on a aussi besoin de s’entraîner. Sur le dernier mois, on a été sur le terrain peut-être une fois par semaine. Si on ne progresse pas du lundi au vendredi, c’est impossible de progresser le samedi. On a fait plus de rugby que d’habitude, c’est important pour donner confiance aux joueurs. Je trouve que depuis Toulouse, même si ça ne fait qu’une semaine et demie, la mentalité des joueurs est plus sérieuse que d’habitude.
Vous avez gagné les trois premières confrontations face au Leinster puis le Leinster a gagné les trois suivantes. Est-ce que pour vous, c’est un enjeu personnel de casser cette série ?
Oui, c’est ça. J’avais oublié cette stat. Le plus important pour nous, c’est que les trois premiers matchs étaient cruciaux. Deux finales et une demi-finale. Ça, c’est complètement différent. Honnêtement, ça n’a pas été dans notre discours cette semaine. Le défi pour nous, c’est qu’on soit capables de faire des choses sous pression. Et on sait qu’on sera sous pression demain. On va voir.