Stade Rochelais. Davit Niniashvili, le phénomène discret du Top 14

Arrivé au Stade Rochelais lors de la dernière intersaison, l’international géorgien Davit Niniashvili (23 ans, 45 sélections) fait partie des joueurs les plus talentueux du Top 14. Découverte d’un joueur hors norme, relativement méconnu du grand public.

Davit Niniashvili fait parti de cette jeunesse au sein du Stade Rochelais | Stade Rochelais
Davit Niniashvili, un joueur spectaculaire qui aura son importance dans la reconstruction rochelaise I Stade Rochelais

L’histoire entre Davit Niniashvili et le rugby débute dans sa Géorgie natale, à l’âge de 8 ans, après plusieurs expériences dans d’autres disciplines comme le basket, le football et.. la lutte, sport emblématique de son pays.

« J’ai essayé plusieurs sports quand j’avais 6 ans. Comme tous les Géorgiens, j’ai fait de la lutte. J’ai commencé par ça, puis j’ai fait du basket, du foot. J’ai débuté le rugby quand j’avais 8 ans. C’est ensuite que j’ai décidé d’en faire quelque chose de sérieux. »

Une trajectoire d’autant plus singulière que dans la famille Niniashvili, personne ne s’était aventuré dans le rugby auparavant.

« J’étais le premier de ma famille à en faire. Ils sont plutôt “fans” de lutte. J’ai commencé parce qu’à l’école, un des professeurs a créé une équipe et nous a invités à venir essayer. J’ai voulu tenter et je n’ai pas arrêté. »

Un choix payant. Après plusieurs années à progresser dans l’ombre, nourri par les highlights de ses joueurs préférés, à l’instar de l’ancien arrière des Wallabies Israël Folau, la Géorgie devient rapidement trop étroite pour son talent. C’est finalement son oncle qui va faire basculer son destin.

La France pour faire changer son destin

« Pour les ailiers ou les arrières géorgiens, ce n’est pas simple. Il y a beaucoup de numéros 9 et d’avants, forcément, mais peu d’arrières ou d’ailiers », constate Niniashvili. « C’est mon oncle qui m’a beaucoup aidé. Il montrait des clips de moi aux agents. Ensuite, c’est Pierre Mignoni (ancien entraîneur du Lou, Ndlr) qui a décidé de me faire venir à Lyon. »

C’est ainsi qu’en 2021, à seulement 18 ans, Davit Niniashvili pose ses valises en France, du côté de Lyon, qui évolue en Top 14. Un championnat que l’intéressé n’a découvert seulement qu’au milieu de son adolescence.

« Quand j’étais petit, je regardais surtout les matchs internationaux et beaucoup de Super Rugby, parce que c’était spectaculaire », reconnaît le Géorgien. « Je regardais aussi beaucoup de highlights de rugby en général. Ensuite, je me suis intéressé au rugby français et au Top 14. Quand je suis arrivé en France, j’étais jeune, je n’avais que 18 ans. J’ai emménagé chez Beka Saginadze (troisième ligne géorgien de Lyon). Il m’a beaucoup aidé à grandir comme joueur de rugby et comme homme. C’était magnifique. Il parlait français puisqu’il jouait à Aurillac avant de venir à Lyon. J’ai essayé d’apprendre vite la langue parce qu’aux entraînements, lui était avec les avants et moi avec les trois-quarts (sourire). »

L’arrière ou ailier ne cultive pas sa rapidité que sur les pelouses du Top 14. Dès sa première saison avec le LOU, il dispute 20 matchs, inscrit cinq essais et remporte également la Challenge Cup face à Toulon. Les saisons suivantes confirment son ascension, avec des exercices à 7, 9 puis 5 essais avant de changer d’air l’été dernier. Désireux de disputer la Champions Cup, une compétition « de rêve » pour lui, mais aussi de ne plus connaître les mouvements incessants dans le staff lyonnais, il choisit de relever un nouveau défi en rejoignant le Stade Rochelais, qui le courtisait depuis plusieurs mois.

« Dans les quatre ans que j’ai passés à Lyon, il y a eu beaucoup de changements d’entraîneur. Je me sentais bien avec les entraîneurs en place, mais je voulais quelque chose de plus stable, plus calme. Je pense avoir trouvé ça, ici, à La Rochelle. J’aime aussi la manière dont la ville de La Rochelle vit le rugby. J’ai beaucoup de respect par rapport à ça. Il nous supporte qu’on gagne ou qu’on perde les matchs. C’est trop bien. »

Parfaitement intégré, notamment grâce à la présence de ses compatriotes Nikolozi Sutidze et Aleksandre Kuntelia, qui ont « été très présents » pour l’aider à s’adapter à son nouvel environnement, Davit Niniashvili réalise un début de saison remarqué sous ses nouvelles couleurs. Déjà auteur de neuf essais en dix-huit matchs, l’arrière, ailier et désormais centre, amène du danger à chaque prise de balle. « Nini » attaque désormais la dernière partie de la saison avec la farouche envie de ramener son équipe du Stade Rochelais vers les hauteurs du championnat.

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