Le maire sortant de La Rochelle, Thibaut Guiraud, n’a pas mâché ses mots jeudi soir lors de son meeting d’entre-deux-tours. Se disant déterminé à dire les choses « telles qu’il les pense », il a multiplié les attaques contre ses adversaires.
Il ne lui manquait que les gants. Ce jeudi soir, Thibaut Guiraud tenait son meeting d’entre-deux-tours avec des allures de boxeur sur le ring. Face à ses adversaires, le maire sortant a enchaîné les coups, ciblant particulièrement Olivier Falorni et Maryline Simoné, avec qui les discussions de fusion ont échoué.
Arrivé troisième au premier tour avec 15,6 % des suffrages, l’édile rochelais s’est dit « libéré », déterminé à « dire la vérité » sur ses opposants. Pendant près de trente minutes, il a déroulé une série d’attaques, du chantier Marcel-Paul à la sécurité, en passant par le logement. Sur ce point, il a vivement interpellé Maryline Simoné sur le manque de clarté de son projet : « Vous voulez être maire de La Rochelle et vous ne savez pas où vous allez construire ? »
Le maire sortant a également dénoncé l’absence, selon lui, de la question environnementale dans la campagne : « Même la candidate, complètement mise sous tutelle par des écologistes radicaux, n’a pas été fichue de parler une seule fois d’environnement. »
Olivier Falorni qualifié de "pompier pyromane"
Olivier Falorni en a également pris pour son grade, qualifié de « pompier pyromane » sur la question de l’hôpital. Thibaut Guiraud lui reproche notamment de ne pas avoir défendu le financement du projet auprès des différents ministères. Le maire sortant a aussi ciblé le conseil départemental, dénonçant un rôle « borderline » dans le dossier du pont de Tasdon, accusé de « préférer mettre de l’argent pour rempiler les pierres du Fort Boyard ».
Dans ses attaques, l’édile n’a pas épargné certains de ses anciens adjoints. Il a notamment visé Danièle Carlier-Misrahi, en charge du CCAS et désormais engagée aux côtés de Maryline Simoné, l’accusant de ne pas avoir fait avancer la structure. Même reproche adressé à Vivien Julhes, responsable local du Parti socialiste et ancien administrateur du CCAS.
Malgré ce ton offensif, Thibaut Guiraud a aussi reconnu plusieurs échecs à l’échelle communale et communautaire. Il a notamment pointé la politique des déchets, qu’il estime avoir été mal expliquée, et qui aurait pu lui coûter de nombreuses voix. Mais le maire sortant veut encore y croire. À ses yeux, le « match » n’est pas terminé avant ce second tour.
La fin du meeting a toutefois tranché avec le reste de l’intervention. Au moment des remerciements, l’émotion a pris le dessus : « Ce fut une immense fierté de te succéder, Jean-François », a-t-il déclaré, la voix tremblante, en laissant échapper quelques larmes avant d’être rejoint par ses colistiers.