Aucune fusion n’aura lieu pour le second tour des élections municipales à La Rochelle. Les négociations entre la liste de l’union de la gauche menée par Maryline Simoné et celle du maire sortant, Thibaut Guiraud, n’ont pas abouti.
Il n’y aura finalement aucune fusion pour le second tour des élections municipales à La Rochelle. Maryline Simoné, tête de liste de l’union de la gauche, arrivée deuxième au premier tour avec 21,41% des voix, l’a annoncé ce lundi en fin de matinée lors d’une conférence de presse.
Pressentie pour une alliance avec la liste du maire sortant, Thibaut Guiraud face à la première place d’Olivier Falorni, cette option n’a finalement pas abouti. Les négociations menées dimanche soir, après la proclamation des résultats, n’ont pas permis de trouver un accord.
"Je n'ai jamais vu un maire sortant faire 15%"
Selon Maryline Simoné, le maire sortant aurait demandé un nombre trop important de colistiers en position éligible sur la liste commune, « dix en tout ». « On a tendu la main depuis le départ. J’ai toujours dit que nous souhaitions une union la plus large possible et pour le bien des Rochelais et Rochelaises et pour que La Rochelle reste à gauche. Il ne sera pas de notre responsabilité dimanche prochain [si la gauche n’est pas élue] », explique-t-elle.
Un désaccord serait également apparu autour du chantier Marcel-Paul. D’après la candidate socialiste, la liste « Générations La Rochelle » était opposée au rachat du terrain par la mairie en cas de victoire et sur un retour du moratoire demandé. « La santé des Rochelais n’a pas de prix, nous ne dérogerons pas à cette exigence », a indiqué Maryline Simoné, qui précise que sa liste va continuer la campagne avec deux réunions publiques cette semaine et qui souhaite « aller chercher les électeurs », notamment les abstentionnistes.
Jean-Marc Soubeste, second sur la liste, ajoute : « Je n’ai jamais vu un maire sortant faire 15 % des voix, c’est un désaveu total. Venir et avoir des exigences aussi importantes, ne pas se rendre compte que c’est sa personne qui pose problème à beaucoup de Rochelais, c’est être aveugle à ce que désirent les Rochelais ». Concernant le cas de La France insoumise, plusieurs membres de l’union de la gauche affirment n’avoir pas reçu de réponse des Insoumis concernant une alliance.
Un blocage autour de la présence de Thibaut Guiraud sur la liste
De son côté, le maire sortant Thibaut Guiraud, arrivé troisième avec 15,64 % des voix, a annoncé dans un communiqué de presse qu’il se maintiendrait au second tour. Son directeur de campagne, Sylvain Dardenne, assure que le blocage ne portait « ni sur le nombre de colistiers ni sur le chantier Marcel-Paul », mais sur la demande que Thibaut Guiraud ne figure pas sur la liste en cas de fusion, qualifiée de « macron-compatible ». Les échanges, qui ont duré une trentaine de minutes, avaient porté sur plusieurs points, indique le communiqué, à savoir « la volonté de ne pas laisser Olivier Falorni devenir le prochain maire de La Rochelle, le refus de tout accord avec La France insoumise, la nécessité de trouver une solution réaliste à la situation du chantier de dépollution de Marcel-Paul et le maintien de l’activité de l’aéroport ».
« Cette exigence d’éviction politique, visant à écarter celles et ceux qui incarnent le renouvellement que les Rochelais ont exprimé dans les urnes, rendait toute fusion impossible. Nous refusons les arrangements d’appareil et les exclusions de principe […] Forts de la confiance qui nous a été accordée au premier tour, nous avons donc décidé de nous maintenir au second tour », conclut le communiqué.
Du côté d’Olivier Falorni (33,12%) et de Christophe Batcabe (13,60%), un temps pressentis pour se rapprocher, aucune alliance ne verra non plus le jour, nous ont confirmé les deux candidats.