Tous deux passés par la formation irlandaise et par le Munster, grand rival de leur adversaire du week-end, Ultan Dillane et Sean Dougall évoquent, pour INF La Rochelle, leur lien avec l’Irlande avant de se projeter sur la rencontre face au Leinster (samedi, 18h30).
Vous êtes tous les deux formés en Irlande. Qu’est-ce que la formation irlandaise vous a transmise durant votre jeunesse ?
Sean Dougall- Le fait de travailler dur.
Ultan Dillane- Je pense que ce n’est pas très différent d’ici. En Irlande, on insiste beaucoup sur l’attitude. Il faut travailler dur, être honnête avec soi-même et savoir bosser dans l’ombre.
Aujourd’hui, qu’est-ce que vous gardez de ces années passées là-bas ?
UD- À ce stade de ma carrière, je m’appuie surtout sur mon expérience. Cela fait 13 ou 14 ans que j’évolue dans un environnement professionnel. Je pense être capable de m’adapter à toutes les situations, sur le terrain comme en dehors.
Avez-vous l’occasion d’y retourner ?
UD- Moi oui. Ma femme est de là bas, on a une maison en Irlande. J’ai d’autres potes en dehors du rugby qui sont toujours là-bas. Quand j’ai du temps libre, je peux y aller pour un week-end. Quand j’y vais, c’est du côté de Galway même si je suis originaire du Munster, dans le comté de Kerry.
SD- J’ai de la famille un peu partout (rires). J’ai beaucoup de proches qui habitent en Angleterre, j’ai grandi là-bas. J’ai aussi de la famille dans le nord de l’Irlande près de Cork. J’y vais moins car ma famille proche et la famille de ma femme sont plutôt en Angleterre. Donc, quand on a quelques jours off, je vais plutôt de ce côté-là.
Vous avez évolué dans plusieurs provinces irlandaises comme le Munster ou le Connacht. Comment le Leinster est-il perçu là-bas ?
UD- Je trouve qu’il y a une rivalité entre chaque province. Il y a peut-être plus de rivalités autour du Leinster car ils sont censés être les meilleurs ou reconnus comme tels. Pour chaque autre province, il y a plus de motivation à jouer cette équipe-là.
SD- Je suis d’accord avec ça.
Est-ce qu’on retrouve cette rivalité en équipe nationale ?
UD- Pas autant qu’on pourrait le penser. Ils font du mieux qu’ils peuvent pour qu’il y ait une bonne relation et une bonne cohésion. De mon expérience personnelle, c’est plus les joueurs du Leinster qui se rentraient dedans entre eux plus qu’avec les autres.
SD- De l’extérieur, on a quand même l’impression qu’ils sont très proches les uns des autres.
UD- C’est vrai, l’ambiance est généralement très bonne.
Comment jugez-vous le début de saison du Leinster ?
SD- Déjà, ils avaient quelques joueurs qui sont revenus de blessure et de la tournée avec les Lions britanniques. Petit à petit, ils construisent leur dynamique avec les récents résultats et performances qu’ils produisent. Ça reste toujours une équipe performante.
UD- Je ne suis pas sûr qu’il soit aussi redoutable qu’avant. Cette année, on les as vus perdre chez eux contre le Munster (défaite 14-31 en octobre). Ça a montré quelque chose. Sinon, ils gèrent bien leur internationaux avant le Tournoi des 6 Nations. Il ne faudra pas être surpris s’ils s’approchent de leur meilleure forme.
Quels sont les éléments clés pour rivaliser avec eux ?
UD- Il faudra s’appuyer sur nos points forts, notamment la mêlée et les ballons portés. C’est valable contre toutes les équipes, pas uniquement le Leinster. La conquête et la discipline seront également essentielles. Si tu es solide dans ces secteurs, tu te donnes une vraie chance de résultat.
SD- Je suis d’accord. Si nous sommes performants en conquête, on aura une chance de gagner. Après, le Leinster a des menaces de partout. Quand tu joues contre eux, tu dois être bon dans tous les secteurs de jeu.
Vous allez les affronter pour la septième fois en moins de six ans. Comment réussir à les surprendre ?
SD- La clé, c’est de trouver la faiblesse de l’équipe d’en face. On sait sur quels points insister stratégiquement, mais il faudra surtout réussir à l’appliquer sur le terrain.
UD- Il faudra aborder ce match avec confiance et beaucoup de précision dans ce que l’on veut faire, tout en étant très solides défensivement.
Est-ce plus simple de préparer un match face à une équipe que vous connaissez bien ?
UD- On peut bien les connaître, mais chaque saison est différente. Ce n’est pas forcément un avantage.
SD- L’avantage, c’est surtout de connaître les individualités. Mais cela demande la même exigence dans la préparation que face à n’importe quelle autre équipe. Tout passe par l’analyse des menaces adverses.
UD- Oui, il faudra s’impliquer mentalement. Ils peuvent très bien proposer un plan de jeu totalement différent de la dernière fois.
Y a t-ils des joueurs qui retiennent votre attention dans cette équipe ?
UD- Contre nous, ils utilisent souvent Will Connors pour limiter l’impact de Will Skelton. On s’en souvient. Devant, il faudra aussi surveiller Joe McCarthy et RG Snyman. Mais les menaces sont nombreuses à tous les postes.
SD- Je ne citerai pas un seul joueur car c’est une équipe internationale avec de très fortes individualités partout.
Jouer le Leinster chez eux, c’est aussi retrouver l’Aviva Stadium. Qu’est-ce que cela vous inspire de jouer dans ce stade quand on connaît l’histoire que vous avez avec ?
UD- C’est top ! Ma motivation viendra du fait de rectifier ce que l’on avait fait la dernière fois qu’on est venus à l’Aviva (défaite 40-13 en quart de finale de Champions Cup en 2024). Nous avions été totalement dominés lors des 30 dernières minutes.
SD- Pareil, ce sont plutôt les mauvais souvenirs de ce match-là qui restent dans ma tête. J’espère qu’on pourra rectifier ça. C’est toujours une ambiance hostile mais c’est stimulant pour nous. On a envie de faire une grosse performance chez eux. C’est une bonne opportunité pour nous.