Après l’annulation d’un concert prévu le samedi 27 juin, les propriétaires de « La Corniche » sont dans l’incompréhension face à la décision prise par la mairie. De son côté, la municipalité évoque la sécurité et assure que le café pourra tenir ses prochains concerts, tout comme les autres établissements, avec cependant un nouveau formulaire à remplir, qui sera conforme aux normes.
Peu après 20 heures, vendredi 26 juin, un communiqué de presse de la Ville de La Rochelle est envoyé aux rédactions. La municipalité y indique ne pas avoir donné de « suite favorable » à la demande du café La Corniche concernant l’organisation d’un concert prévu le samedi 27 juin. Elle précise que l’établissement n’aurait pas déposé son dossier dans les délais requis, tout en indiquant l’avoir tout de même étudié. Le communiqué évoque également des raisons de sécurité liées au plan Vigipirate.
« L’inventaire fait état de nombreuses situations traitées ces dernières années selon des modalités différentes, allant d’autorisations conformes à de simples accords verbaux avec des tolérances variables, en passant par des dossiers incomplets […] Pour la tranquillité des riverains et une bonne cohabitation, leur nombre doit être revu dans des proportions plus raisonnables », ajoute la Ville de La Rochelle.
"On ne comprend pas l'ampleur que ça prend"
Sylvie et David Romian, les propriétaires de l’établissement, tombent de haut vendredi soir en découvrant ce communiqué, qui leur a été transmis par une connaissance, avec notamment le nom de leur établissement qui est cité. Depuis le lundi 22 juin, ils dénonçaient sur la page Facebook du café qui fait également office de brasserie, l’interdiction d’organiser des concerts sur leur terrasse pendant une partie de l’été : « La mairie nous a fait savoir qu’elle ne permettait aucun concert sur la période de juin et juillet […] Nous sommes une vingtaine de commerçants dans cette situation. »
« On ne comprend pas l’ampleur que ça prend. On a fait la démarche en avril », explique Sylvie Romian. Elle indique que deux agents des services de la Ville et de l’Agglomération étaient passés en mai et lui avaient confirmé que tout devrait être prêt à temps pour le concert du 27 juin. Puis, plus aucune nouvelle jusqu’à une dizaine de jours avant l’événement, lorsque les propriétaires apprennent que leur demande est refusée. Dans un courriel que nous avons pu consulter, la Ville évoque une programmation culturelle « déjà étoffée sur les mois de juin et juillet », avec notamment la Fête de la Musique et les Francofolies. « La Ville ne souhaite pas autoriser davantage de concerts avant le samedi 1er août 2026 », précise le message.
Puis, dans un second échange, La Corniche apprend que des raisons de sécurité liées au plan Vigipirate sont également avancées pour justifier ce refus. « C’est à n’y rien comprendre », dénonce Sylvie Romian, qui souligne que des poteaux longent déjà la route et que tout se passait bien auparavant, avec un simple mail adressé aux services permettant d’obtenir un arrêté municipal. Elle s’interroge désormais sur les prochains concerts : « Je n’ai aucune idée des concerts qu’on va pouvoir faire ensuite. Mais à ce rythme-là, j’annulerai les concerts en terrasse et je les ferai à l’entrée du bar. »
Un nouveau formulaire pour les établissements
Du côté d’Isabelle Penaud, adjointe au maire en charge de l’attractivité et du commerce, on souhaite rassurer les propriétaires d’établissements. « Au démarrage, on voulait partir sur la même lignée que ce qu’il y a pu y avoir jusqu’à présent. On s’est rendu compte que ça avait ses limites puisqu’il y a eu des débordements dans un établissement du centre-ville. »
Branchements électriques, scènes mal placées… Les services municipaux et l’adjointe au maire ont alors travaillé à un nouveau formulaire afin que tout se fasse dans les règles. L’objectif est de régulariser la situation et de garantir le respect des normes de sécurité, avec un nouveau document qui sera envoyé cette semaine aux propriétaires d’établissements et qui sera effectif pour toutes les demandes à partir du 1er juillet. Bien que les autorisations délivrées sous l’ancienne municipalité ne soient pas remises en cause, les nouvelles demandes ont pris du temps à arriver en raison du changement de municipalité et de la réorganisation des services, explique Isabelle Penaud.
Comment expliquer le courriel reçu par plusieurs commerçants du centre-ville évoquant une programmation culturelle déjà trop chargée en juin et juillet ? « On s’est dit que, pour des questions de sécurité et afin de bien traiter tous les dossiers, il fallait lever un peu le pied sur le mois de juillet. C’était surtout ça au démarrage. Ensuite, on s’est rendu compte que les équipes avaient travaillé très rapidement et qu’on avait pu finaliser un formulaire qui sera remis aux commerçants cette semaine. On va pouvoir reprendre le rythme et leur autoriser les concerts à partir du moment où tout est conforme. »
Aucun soucis pour les futurs concerts à La Corniche
La quatrième adjointe d’Olivier Falorni indique que, concernant le dossier de La Corniche, elle l’a reçu mardi dernier. Celui-ci pose problème pour des questions de sécurité, affirme Isabelle Penaud. « J’essaie d’appeler cette commerçante pour essayer de trouver une solution, pour ne pas lui interdire le concert. Elle ne me rappelle pas. Je lui laisse un message, elle ne me rappelle toujours pas. Le lendemain, je suis donc obligée de lui envoyer un mail interdisant ce concert, parce que son dossier n’était pas du tout conforme aux normes de sécurité. On aurait pu échanger et lui accorder ce concert. »
« Ce n’est pas du tout dans notre intérêt de tout stopper. Il faut trouver un équilibre parce que nous sommes une ville festive, mais aussi une ville habitée. Il faut donc concilier les deux, tout en pensant avant tout à la sécurité », explique-t-elle. Alors que plusieurs concerts sont prévus à La Corniche durant l’été, Isabelle Penaud assure « qu’il n’y aura pas de souci » à ce qu’ils se tiennent. « Ce n’est pas la sonorisation qui pose problème, bien au contraire. La seule question est celle de la sécurité, car l’établissement se situe le long d’une grande avenue où un véhicule pourrait arriver et foncer dans le public », conclut-elle.






