Après une longue réflexion entamée il y a quelques semaines, Olivier Falorni, député de La Rochelle – Île de Ré, a annoncé ce dimanche qu’il serait candidat aux élections municipales de mars 2026. Alors que son programme et la liste complète seront dévoilés dans les semaines à venir, ce qui se définit comme « l’enfant de La Rochelle » apparaît plus déterminé que jamais.
Ce dimanche, c’est aux Vieux Crampons, repaire bien connu des supporters du Stade Rochelais, qu’Olivier Falorni a réuni ses soutiens et la presse pour officialiser sa candidature aux élections municipales.
Le député de La Rochelle – Île de Ré, encore à l’Assemblée nationale vendredi, a finalement vu son week-end se libérer après l’adoption de la partie « recettes » du budget de la Sécurité sociale. Un timing qui lui est favorable : les deux conditions qu’il jugeait indispensables avant de se lancer semblent désormais réunies. D’un côté, « la dissolution s’éloigne ». De l’autre, « le projet de loi sur la fin de vie avance ».
Ce texte, qu’Olivier Falorni porte depuis plusieurs années, doit être examiné par le Sénat le 20 janvier, avant un vote prévu une semaine plus tard. Selon lui, le Premier ministre lui a assuré que si le Sénat rejetait le projet, celui-ci reviendrait en seconde lecture à l’Assemblée dès février, juste avant sa suspension en mars pour la campagne municipale. Un scénario idéal pour le député, qui ouvre ainsi la voie à son entrée dans la course.
"Je suis candidat pour être maire"
Avec la stabilisation de la situation politique nationale, qui devrait écarter le risque d’une nouvelle dissolution, et les avancées majeures du texte sur la fin de vie, les voyants étaient au vert pour Olivier Falorni. D’autant plus que, selon lui, « il y avait un sentiment d’urgence chez beaucoup de nos concitoyens rochelais » qui attendaient sa décision.
Assurant que la revanche ne l’anime pas, un sentiment qu’il juge « nocif », en référence à sa défaite de seulement 200 voix face à Jean-François Fountaine en 2020, le député a déclaré : « Je suis en un enfant de La Rochelle […] C’est la ville de ma vie […] Elle m’est essentielle comme peut l’être une mère. Et c’est parce que je l’aime que je suis candidat pour être maire. »
Des mots qui ont suscité une « standing ovation » de la part de son équipe, qui travaillait depuis plusieurs semaines sur un projet « à l’aveugle », dans l’attente de sa décision.
"J’entends des Rochelais me dire : on ne va plus à La Rochelle. Moi, ça m’a interpellé"
Le candidat a également profité de son discours pour critiquer la politique menée par Jean-François Fountaine ces dix dernières années, ainsi que celle de son successeur Thibaut Guiraud. Selon lui, La Rochelle s’est « archipélisée ». « J’entends des Rochelais me dire : on ne va plus à La Rochelle. Moi, ça m’a interpellé », affirme-t-il.
S’il est élu, Olivier Falorni sera aussi candidat à la présidence de l’agglomération et souhaite renouer un lien de confiance avec les 27 maires des communes voisines. « Un territoire ne peut pas avoir la ville-centre d’un côté et les autres de l’autre », estime-t-il. Il a également évoqué le dossier du pont de Tasdon et la bataille juridique entre la Ville et le Département, ce dernier n’étant « pas fautif », selon lui.
Le député est aussi revenu sur la question de l’hôpital et sur la rupture avec le maire d’Aytré, Tony Loisel. « Je reprendrais le dialogue. Nous avons de bonnes relations et je regrette que l’on se soit entêté pendant dix ans sur un mauvais site », a-t-il déclaré.
Une rupture nette, donc, avec le mandat précédent. « J’ai l’envie de rassembler et la volonté de faire, de faire au mieux pour La Rochelle », a lancé Olivier Falorni, qui se dit, à 53 ans, « dans la fleur de l’âge », avec l’énergie nécessaire pour porter ce projet.
"Mettre le paquet sur la sécurité et propeté"
Alors que sa liste et son programme seront dévoilés dans les prochaines semaines, Olivier Falorni a présenté les grandes lignes d’un projet qu’il promet « sérieux et ambitieux, crédible et financé », avec une vision portée vers La Rochelle en 2050. « Il faut donner une nouvelle vie à notre patrimoine matériel et immatériel », a-t-il déclaré, en citant le bois de la Faucherie ou encore les gymnases municipaux qui, selon lui, « font pitié ».
Le député a également abordé l’état des halles du marché, un dossier qu’il souhaite traiter rapidement pour éviter qu’il ne se transforme en « nouveau pont de Tasdon ».
Il assure vouloir « mettre le paquet sur la sécurité et la propreté ». « On ne peut pas bien vivre dans la saleté et l’insécurité », estime-t-il. Il défend l’idée d’un « nouveau modèle rochelais », une ville littorale durable, « moins minérale, plus végétale et en avance sur son temps ».
"Je doute, ou alors La Rochelle a bien changé, que les Rochelais acceptent qu’on leur impose des choses"
Le candidat, qui cite Georges Clemenceau et Michel Crépeau comme ses « boussoles en politique », en a aussi profité pour évoquer au détour d’une question, Thibaut Guiraud, devenu maire de La Rochelle en juin dernier après la démission de Jean-François Fountaine. « Je doute, ou alors La Rochelle a bien changé, que les Rochelais acceptent qu’on leur impose des choses. On a un peu l’impression d’être dans de la vente forcée. J’ai trouvé assez saugrenu de vouloir imposer un candidat », a-t-il lancé.
Il a également adressé un tacle aux écologistes lorsqu’on l’a interrogé sur une possible alliance : « Ils n’ont pas le monopole de la défense de l’environnement […] L’écologie façon Sandrine Rousseau, ce n’est pas mon écologie. »
Olivier Falorni donne désormais rendez-vous aux Rochelais début janvier pour une première réunion publique, où seront dévoilés son programme et sa liste.