Conséquence directe de l’élection d’Olivier Falorni à la mairie de La Rochelle, sa suppléante, Sabine Gervais, devrait devenir d’ici la fin du mois d’avril la nouvelle députée de la 1re circonscription de Charente-Maritime. Celle qui pourrait porter le texte de loi sur la fin de vie lors de sa dernière lecture à l’Assemblée nationale est revenue, auprès d’INF La Rochelle, sur cet engagement.
Le 22 mars 2026, La Rochelle a élu un nouveau maire et, indirectement, une nouvelle députée. En effet, à la suite de l’élection d’Olivier Falorni comme premier magistrat de la ville, sa suppléante, Sabine Gervais, est appelée à lui succéder à l’Assemblée nationale. Cette situation découle de la loi sur le non-cumul des mandats, qui interdit à un député d’exercer simultanément la fonction de maire.
Dans ce cas précis, aucune élection législative partielle n’est organisée : c’est la suppléante du député qui prend automatiquement le relais jusqu’au prochain scrutin prévu en 2027.
Âgée de 56 ans, Sabine Gervais est infirmière puéricultrice et travaille au sein du département de la Charente-Maritime, où elle est chargée de l’agrément des assistantes familiales. Elle devrait devenir députée de La Rochelle – Île de Ré d’ici le 28 avril prochain. Mariée et mère de deux enfants, elle doit toutefois attendre la démission officielle d’Olivier Falorni, qui dispose d’un délai de 30 jours après son accession à la mairie pour renoncer à son mandat parlementaire.
Engagé en politique en 2014
Arrivée à Puilboreau en 2001, Sabine Gervais s’engage rapidement dans la vie locale. Elle participe notamment à la création de la crèche des Coccinelles, qu’elle dirige pendant quatre ans. Quelques années plus tard, elle fait son entrée en politique. En 2014, elle est élue conseillère municipale, en charge de l’enfance, de la jeunesse et de la vie scolaire. Elle est reconduite dans ses fonctions en 2020, puis devient, en 2026, première adjointe auprès du nouveau maire, Didier Proust.
Parallèlement, elle rencontre Olivier Falorni par l’intermédiaire de son attaché parlementaire, Sébastien Arzalier. Elle interpelle alors le député sur la question des centres de loisirs, ce qui marque le début d’une collaboration. Elle s’engage ensuite à ses côtés en tant que suppléante lors des élections législatives de 2022, puis à nouveau en 2024, à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale.
"Une élue proche du territoire"
« Je m’inscrirai dans la continuité de l’action d’Olivier Falorni », explique Sabine Gervais, qui siégera au sein du groupe des Démocrates. « Je conserverai bien sûr ma totale liberté, car je ne suis pas encartée dans un parti politique. Ma liberté d’opinion et de vote reste entière », précise-t-elle, soulignant que l’appartenance à un groupe parlementaire lui permet notamment de disposer de temps de parole au Palais Bourbon.
Décrite comme une « élue proche du territoire » par son entourage, Sabine Gervais affirme vouloir « être attentive et à l’écoute des habitants, des acteurs locaux et des associations. Je porterai leur voix, leurs inquiétudes et leurs questionnements à l’échelle nationale, à l’Assemblée nationale ». Dans les prochains jours, elle prévoit de rencontrer les acteurs locaux, du préfet aux différents maires de sa circonscription, même si elle en connaît déjà la grande majorité.
"Olivier Falorni a été méprisé"
Seconde femme à devenir députée dans la circonscription depuis Colette Chaigneau, qui était alors la suppléante de Michel Crépeau entre 1981 et 1986, et qui l’a d’ailleurs « inspirée », Sabine Gervais se réjouit également du lien retrouvé entre la mairie de La Rochelle et l’Assemblée nationale, rompu ces dernières années. « Olivier Falorni a été méprisé », déplore-t-elle, souhaitant désormais avancer « main dans la main » avec la collectivité rochelaise sur des dossiers comme le pont de Tasdon ou le projet de nouvel hôpital.
Député depuis 2012, Olivier Falorni, qui s’est notamment illustré comme rapporteur du texte de loi sur la fin de vie, entend profiter de ses derniers jours à l’Assemblée nationale pour soutenir sa successeure. Il souhaite qu’elle prenne sa suite et puisse devenir rapporteure générale de ce texte, qui devrait être examiné en dernière lecture à l’Assemblée nationale, si le Sénat puis la commission mixte paritaire ne parviennent pas à un accord.
Sabine Gervais, qui siégera comme lui à la commission des affaires sociales, se veut confiante. L’Infirmière puéricultrice connaît bien ce dossier, qu’elle a suivi lors de la première lecture à l’Assemblée nationale en 2024 avant la dissolution, puis plus récemment lors de la seconde lecture adopté il y a quelques semaines. « Je suis tout à fait en mesure de défendre ce projet », assure-t-elle. Elle indique également vouloir s’investir sur d’autres enjeux, notamment la qualité de l’eau, l’usage des pesticides et leur lien potentiel avec les cancers pédiatriques.