La directrice générale des services de la Ville et de l’agglomération de La Rochelle, ainsi que trois directrices adjointes, ont appris qu’elles ne seraient pas maintenues dans leurs fonctions par la nouvelle municipalité. Une décision qui suscite l’indignation au sein de l’ancienne équipe municipale.
Directrice générale des services de la Ville de La Rochelle depuis 2016, puis de l’agglomération à partir de 2020, Émilie Bout, ainsi que trois directrices adjointes des services, ne seront pas maintenues dans leurs fonctions, a appris INF La Rochelle de source concordante. Cette décision a été prise par la nouvelle équipe d’Olivier Falorni, comme l’indique Frédéric Milhiet, premier adjoint en charge des ressources humaines.
Il précise qu’elles ont été reçues par Olivier Falorni et que ce changement s’inscrit dans une volonté de « nouvel élan », correspondant aux attentes exprimées par les Rochelais en faveur « d’un changement de méthode ». Il ajoute par ailleurs que l’une des directrices adjointes avait déjà fait part de son intention de quitter ses fonctions dans le cadre d’un projet personnel.
Le premier adjoint salue également leur travail : « Elles ont rendu un fier service avec beaucoup d’engagement », souligne-t-il, indiquant que la municipalité pourra les accompagner dans leurs démarches professionnelles, notamment par la rédaction de courriers de soutien.
Cette décision a cependant suscité l’indignation de l’ancienne équipe municipale et de ses proches. À commencer par Brigitte Desveaux, conseillère municipale d’opposition, qui figurait sur la liste de l’ancien maire Thibaut Guiraud. Elle dénonce sur les réseaux sociaux une « chasse aux sorcières […] Les basses œuvres commencent… pour ce qu’ils appellent une “nouvelle dynamique”. »
Deux directeurs adjoints conservés
Un cadre de l’ancienne majorité déplore cette « éviction », soulignant que certaines directrices étaient en poste depuis la mandature de Maxime Bono et disposaient d’une « pleine expérience » ainsi que d’une solide connaissance des dossiers. Selon lui, ces fonctions, qui coordonnent l’action de l’administration et des agents des collectivités, ne sont pas nécessairement concernées par des changements lors de l’arrivée d’une nouvelle équipe. Thibaut Guiraud, très discret depuis le 22 mars, n’a pas souhaité réagir à cette décision.
De son côté, Brigitte Desveaux dénonce une éviction visant uniquement des femmes : « Quel drôle de hasard en effet : l’ensemble des directrices (générale et trois adjointes) viennent de se voir signifier leur départ […] Les hommes de la direction sont conservés ! Tant mieux pour eux, ils ne sont sans doute pour rien dans l’éviction de leurs talentueuses collègues féminines. »
Sur ce point, Frédéric Milhet évoque un concours de circonstances et réfute toute volonté d’écarter uniquement des femmes. Deux directeurs adjoints des services sont en effet maintenus dans leurs fonctions. Pour l’un, il s’agirait d’un départ à la retraite prévu dans moins de 18 mois, avec une volonté affichée de « faire preuve d’humanité ». Le second, en charge des ressources humaines, est arrivé il y a moins de deux ans avec sa famille dans le cadre d’un projet personnel. Il n’était pas considéré comme « politisé » et aucune remontée négative n’avait été formulée à son encontre, selon le premier adjoint. « On va recruter et prendre le temps de recruter des personnes compétentes et humaines », conclut Frédéric Milhet.
Sollicitées, Émilie Bout et les directrices adjointes des services n’ont pas souhaité réagir.