Lors de la conférence de presse du jour, le demi de mêlée international Nolann Le Garrec est revenu sur sa première saison sous le maillot du Stade Rochelais ainsi que sur les chances de voir son équipe intégrer le Top 6 à l’issue du dernier match face au Stade Français (samedi, 21 h).
Comment vous abordez ce dernier match de la saison face au Stade Français ?
On l’aborde dans la continuité de notre dernier match (face à Montauban). On est en mode phase finale depuis un petit moment. C’est une semaine qu’on a préparée comme les dernières, avec l’ambition de continuer sur notre dynamique.
Comment vous vivez le chemin parcouru par l’équipe depuis cette défaite à domicile concédée face à Montpellier (33-43) en février dernier ?
Je pense que le chemin représente aussi notre groupe. Je pense qu’on a un groupe de caractère. Pendant l’hiver, on ne s’est pas cachés derrière beaucoup d’excuses. On a baissé la tête, on a travaillé. On n’a pas eu grand-chose pour nous à ce moment-là. Là, c’est de mieux en mieux. On a récupéré pas mal de joueurs. Notre rugby commence à être en place. On sent qu’on monte en puissance. Je pense qu’on n’est pas les seuls à le voir. Ça récompense notre travail. Ça montre que le club et les joueurs sont dans la bonne position.
Est-ce difficile de garder toute sa concentration quand on sait qu’on n’a pas son destin en main comme c’est le cas pour vous en cette fin de saison ?
On n’a pas forcément toutes les cartes mais on en a. Je pense qu’en février, on aurait signé pour avoir ces quelques cartes en main sur ce dernier match. À nous de faire notre match. Je pense qu’il y a peu de gens qui voyaient le Racing gagner avec cinq points la semaine dernière. Peut-être qu’il se passera encore des choses sur cette dernière journée. C’est la beauté de notre championnat. On se concentre sur ce qu’on peut maîtriser.
Compte tenu de votre forme du moment, cela serait une désillusion de ne pas rallier les phases finales ?
Ça serait frustrant, forcément. Pour l’instant, je n’y pense pas. Le but, c’est de mettre en place le rugby qu’on a su pratiquer ces dernières semaines. Je pense qu’il va y avoir encore beaucoup de choses sur cette dernière journée. (..) Si on a tout fait samedi soir mais qu’on ne passe pas, je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de regrets à ce moment-là. Si on ne se donne pas les moyens et qu’on voit qu’il s’est passé d’autres choses sur les autres terrains, c’est sûr qu’on va s’en vouloir. On va essayer de faire tout ce qui est possible sur ce qu’on maîtrise. Le reste, c’est le championnat (sourire).
Ces derniers matchs à domicile, où vous rendez hommage aux joueurs qui partent, sont toujours des moments spéciaux ?
Forcément. C’est un moment particulier pour les joueurs qui jouent leur dernier match devant leur public. Il y a des joueurs qui vont partir, qui ont marqué le club, qui ont laissé une grande empreinte. À nous aussi, au-delà des enjeux de qualification, de leur rendre la pareille sur ce match. Je sais qu’ils mettront leur corps pour le club. Je pense que ce sera un bon moment pour ces joueurs-là. Pour le stade aussi, pour nos supporters qui ont été présents pendant tout l’hiver. L’ambiance est exceptionnelle à chaque fois. Je pense qu’elle sera aussi exceptionnelle samedi. En tout cas, on a besoin d’eux. J’espère que ce sera un grand match pour le club.
Vous venez de fêter vos 24 ans. D’autres joueurs comme Davit Niniashvili, Semi Lagivala pour ne citer qu’eux, n’ont pas encore 25 ans. Vous sentez que vous construisez quelque chose de fort ?
Bien sûr. Je le disais quand on était moins bien aussi. Quand on voit ce qu’on est capable de produire aujourd’hui avec beaucoup de jeunes joueurs encadrés par des joueurs ultra-expérimentés et des cadres, ça fait un beau mélange. Quand j’ai signé à La Rochelle, tout le monde parlait d’une équipe vieillissante, vous les premiers. Aujourd’hui, quand on voit le nombre de jeunes joueurs qui sont très bons, qui enchaînent les matchs… Je prends l’exemple de Charles (Kanté-Samba) qui a joué 25 matchs cette année (23, Ndlr), c’est vrai que ça donne beaucoup d’ambitions pour l’avenir.
Est-ce que vous allez chercher à connaître les résultats de Bordeaux ou du Racing pendant votre match ?
Je pense que c’est peut-être intéressant de le savoir dans les 5 à 10 dernières minutes. Peut-être qu’en fonction des résultats, il y aura des choix stratégiques différents à faire. Suivre le match tout au long, ce n’est pas forcément s’aider. Si nous, on fait le boulot, je pense que le message sera aussi relayé sur les autres terrains. À nous de faire le boulot, on sait qu’on n’est pas maîtres de notre destin. C’est comme ça.
Propos recueillis par Jules Lefebvre






