Le troisième ligne du Stade Rochelais, Matthias Haddad, est revenu sur la victoire face au Stade Toulousain (30-27), la concurrence féroce au sein de la troisième ligne rochelaise, avant d’évoquer le déplacement des Maritimes sur la pelouse de Toulon (samedi, 21h).
On a ressenti une belle communion entre le public et vous, les joueurs, après la victoire contre Toulouse (30-27). Comment avez-vous vécu ce moment et cette atmosphère particulière à Deflandre ?
On a beau le vivre année après année, Deflandre, ça reste toujours aussi spécial. Ces supporters sont géniaux, cette communauté rochelaise, elle est incroyable et c’est ce qui nous pousse, aussi, à aller chercher ce supplément d’âme dans des matchs compliqués comme celui contre le Stade Toulousain. On est très fier de représenter le club et de rendre beaucoup de bonheur à tous ses supporters.
Ce succès devra être confirmé avec le match qui aura lieu à Toulon ce samedi.
Exactement. Je pense que vous connaissez la chanson (sourire). Chaque week-end, il faut y retourner, remettre le bleu de chauffe et essayer de faire la meilleure performance possible pour ramener le plus de points, rester vivant dans ce championnat, ce marathon très âpre, qui est passionnant. On est très contents d’avoir gagné contre Toulouse. Maintenant, on veut faire une performance à Toulon et confirmer, valider, switcher pour pouvoir se lancer de la meilleure des manières sur ce début de saison.
Vous sortez de deux saisons où vous devez remonter le retard accumulé au fil de la saison. Sentez-vous que cela manque au groupe de ne plus s’installer dans les hauteurs du classement et d’y rester durablement ?
Oui, c’est sûr. Il faut apprendre de ses erreurs et on n’a pas envie de vivre des fins de saison dans le stress, dans l’inconnu, d’être dépendants de certains résultats. Ce n’est pas forcément agréable, on préfère maîtriser notre destin. Et pour le maîtriser, c’est sûr qu’il faut performer et être constant. Le maître mot, ce serait de rester constant, de ne pas avoir de trou d’air et de se rappeler de ce qui a été fait dans le passé pour s’en inspirer et changer certaines choses, pour ne pas revivre des déconvenues.
Vous parliez de constance, cela doit aussi être votre cas au vu de la concurrence qui s’est encore accrue au poste de troisième ligne.
C’est l’ambition du club sur tous les postes. On veut être un top club, on veut être les meilleurs. Cette ambition, elle attire les meilleurs, c’est ce qui est passionnant, excitant pour chacun d’entre nous. Ce qui nous anime, c’est de pouvoir jouer au meilleur des niveaux avec les meilleurs. On en est tous très contents. Ce qui est cool aussi, c’est que ce ne sont pas que des bons joueurs, ce sont aussi des bons mecs. En dehors, on passe des super bons moments et c’est vraiment plaisant.
En parlant de bons joueurs, vous allez retrouver votre ancien coéquipier Judicaël Cancoriet dans le camp d’en face samedi.
Carrément, « Judi », ça va faire drôle d’autant plus qu’on échange souvent que ce soit au téléphone ou par message (sourire). Pas plus tard que la semaine dernière, on se donnait des nouvelles. Ça va être marrant, ça arrive très vite et ça fait un peu bizarre de se dire qu’on va se retrouver si tôt dans la saison. Mais ça fait partie du quotidien d’un sportif de haut niveau, on le sait malheureusement. Je pense qu’il sera très concentré pour bien nous recevoir, parce que c’est un super joueur, À nous de nous préparer pour essayer de ne pas se faire avoir par son jeu. Il faut s’attendre à tout parce que c’est un joueur de classe mondiale. Il a toujours montré l’exemple sur et en dehors du terrain. Il a cette qualité naturelle de fédérer. On ne va pas être surpris de le voir à 100 % et au top de sa forme ce week-end.
Avant votre infection au coude en fin de saison dernière, vous aviez été évacué sur civière lors de la victoire au Racing 92 en mai dernier. Comment avez-vous vécu cette période ?
C’était compliqué parce que pour le coup, je ne pouvais rien me reprocher. Ce n’était pas la première fois que je prenais un plaquage un peu à la limite et que je sortais blessé, c’était la troisième fois d’affilée. Deux fois, je me fais plaquer à retardement, je me casse les côtes, là, c’était la colonne vertébrale. Pour le coude, c’est la faute à pas de chance, ça fait partie du rugby. Il y a des moments où l’on n’a pas de chance, il faut l’accepter, ce n’est pas grave. Je suis passé à autre chose et je suis plus concentré sur le futur que sur le passé.
Un mot sur le calendrier. Quand vous enchaînez des blocs de neuf ou dix matchs, de quelle manière vous fixez-vous des objectifs collectifs ?
Généralement, on aime bien fonctionner match après match parce qu’il ne faut pas prendre de haut les équipes et se dire : « Ce match-là, on peut le laisser. » Dans le Top 14, chaque match est important. Par le passé, on a eu pas mal de désillusions, y compris à domicile. L’essentiel et le maître mot, c’est de rester constant sur la performance. Pour être constant sur la performance, il ne faut galvauder aucun match.
Propos recueillis par Jules Lefebvre






