En Charente-Maritime, Renaissance traverse une période de fortes tensions depuis les élections municipales. Alors que le mouvement soutient Gabriel Attal pour la présidentielle, sa présidente départementale Katherine Chipoff a été révoquée en juin. Pascal Daunit prend désormais la tête de la structure locale.
Au sein de Renaissance 17, un certain silence flottait depuis plusieurs mois autour de la situation du bureau départemental et de la direction du parti dans le département. Une omerta brisée hier soir, à l’occasion d’un mail envoyé par une quinzaine d’adhérents annonçant leur départ du parti, dont l’ancienne présidente, Katherine Chipoff. Quelques heures plus tard, ce jeudi midi, la direction nationale de Renaissance a annoncé, d’après nos informations, son remplacement par Pascal Daunit, actuellement conseiller municipal à la mairie de La Rochelle. « Nous sommes convaincus que cette décision permettra à Renaissance Charente-Maritime de travailler dans un climat apaisé », précise le mail. Mais comment en est-on arrivé à cette situation dans un parti qui semble au bord du chaos dans le département ?
Retour en janvier 2025. Pascal Daunit, alors adjoint de Jean-François Fountaine, annonce sur INF La Rochelle son intention de porter un projet pour les élections municipales. Élu Renaissance, Katherine Chipoff, alors présidente, dénonce cette déclaration et indique que le parti n’y est pas associé. Quelques semaines plus tard, Pascal Daunit est pourtant nommé pilote de campagne pour les élections municipales de La Rochelle, soutenu par une petite majorité du bureau départemental. Deux groupes se forment autour des deux protagonistes, tandis que Pascal Daunit poursuit son travail pour les élections municipales afin de permettre à Renaissance de « trouver la meilleure solution », à savoir un ralliement à la liste de l’ancien maire, Thibaut Guiraud, à celle d’Olivier Falorni ou la constitution d’une liste autonome.
Son choix se portera finalement sur la liste de l’actuel maire, Olivier Falorni, tandis qu’une partie des élus Renaissance, dont Katherine Chipoff, annonce son soutien à la liste de Thibaut Guiraud. Un parti qui semble alors au bord de la division, une situation qui va se confirmer avant l’été. Au cours d’un bureau départemental, alors que les tensions ne sont pas retombées, la révocation de la présidente Katherine Chipoff est votée par une partie du bureau départemental, avec 12 voix pour sur les 20 membres. De nouvelles élections doivent alors être convoquées, mais face à l’échéance de l’élection présidentielle, un comité de campagne est finalement mis en place dans le département, avec la nomination de Pascal Daunit à sa tête.
"J'ai beaucoup donné à Renaissance, cette situation est insupportable"
Auprès d’INF La Rochelle, Katherine Chipoff dénonce un « coup d’État total qui n’a servi à rien » et accuse Pascal Daunit d’avoir « détruit le parti » dans le département. Elle dénonce le manque de transparence lorsqu’il était pilote de campagne, ne rendant aucun compte aux élus rochelais ainsi qu’aux adhérents. Pour elle, il a joué en solitaire afin de « garder son poste », notamment avec son ralliement à la liste d’Olivier Falorni, tout en entretenant une certaine opacité avec les membres du département sur l’avancée de sa liste. Une situation tellement compliquée que le comité d’investiture du parti ne donne aucune position : « C’est la seule ville de plus de 60 000 habitants où aucune décision n’est prise », déplore Katherine Chipoff.
Après les élections municipales, les tensions ne retombent pas au sein du parti. « Une majorité de circonstance » se crée alors au sein du bureau départemental, d’après Katherine Chipoff, ce qui va conduire à sa révocation. Selon elle, cette décision aurait dû entraîner de nouvelles élections au sein du bureau départemental, conformément aux statuts du parti, mais il n’en est rien. « On a mis la poussière sous le tapis », tant au niveau local qu’au niveau national, avec un flou persistant sur la gouvernance du parti.
« J’ai beaucoup donné à Renaissance, cette situation est insupportable. Je n’ai pas fait de faute, cela ne méritait pas une révocation », s’émeut Katherine Chipoff, qui veut cependant continuer à soutenir Gabriel Attal malgré son départ du parti, afin de dénoncer la situation au niveau local. « J’ai tracté, collé avec certains adhérents, ce qui n’est pas le cas de Pascal Daunit et de son équipe, qui n’ont rien fait depuis le début des présidentielles », dénonce Katherine Chipoff.
"Il était impossible de communiqué avec elle et ses proches"
De son côté, Pascal Daunit, conseiller municipal à la mairie de La Rochelle, accuse Katherine Chipoff d’avoir brisé la confiance avec lui ainsi qu’avec une partie des adhérents. « J’ai joué mon rôle lorsque j’étais pilote afin de valoriser à 100 % l’action de Renaissance lors des municipales », explique-t-il. Pour justifier son ralliement à Olivier Falorni, il indique « qu’il était compliqué de rassembler une cinquantaine de personnes dans une liste. Le profil présenté par Olivier Falorni, en tant qu’homme, mais aussi son équipe ainsi que son programme, était plus pertinent que celui de Thibaut Guiraud. J’ai essayé d’avoir la stratégie la plus pertinente ». Il précise avoir informé le comité national d’investiture à chaque étape de la campagne et dénonce un manque de neutralité d’une partie de l’entourage de Katherine Chipoff au sein du bureau départemental, les accusant d’être engagés auprès de Thibaut Guiraud dès septembre.
« On estimait qu’on pouvait à nouveau se rassembler autour de la candidature de Gabriel Attal. Mais Katherine Chipoff et les personnes autour d’elle sont restées sur les municipales, dénonçant une injustice », explique Pascal Daunit. Face au « fait qu’il était impossible de communiquer avec elle et ses proches », il justifie alors la révocation, estimant également qu’elle « ne s’était pas occupée du département », avec notamment des tensions avec les comités locaux de Royan et Jonzac.
Nommé « animateur territorial de Charente-Maritime », l’équivalent du délégué départemental, Pascal Daunit veut désormais rassembler autour de la candidature de Gabriel Attal pour les élections présidentielles, y compris les adhérents qui ont annoncé leur départ, à l’image de Katherine Chipoff. « Si elle a envie de continuer, elle sera la bienvenue » au sein de ce nouveau comité de campagne.






