Quand la technologie s’invite dans l’entraînement au tir des policiers

Dans le cadre du dernier épisode de notre série sur l’usage des armes à feu au sein de la police nationale, nous avons eu l’occasion de pouvoir tirer aux côtés des policiers de La Rochelle. Ces derniers s’entraînent à l’aide d’une nouvelle technologie qui rend le tir plus dynamique, appelée EVA.

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Un policier s'entraînent au stand de tir sur EVA, un module d’entraînement au tir assisté par vidéo | TL - INF la Rochelle

Pour conclure notre série sur l’usage des armes à feu au sein de la police nationale, nous avons accompagné les formateurs de la police nationale de Charente-Maritime au stand de tir pour tester EVA, un module d’entraînement au tir assisté par vidéo. Une expérience immersive qui permet de se glisser dans la peau d’un policier confronté à diverses situations sur la voie publique.

Développé il y a quelques années par un policier de la préfecture de police, ce dispositif vise à rendre l’entraînement plus dynamique, grâce à des cibles en mouvement et des scénarios variés. Un changement notable par rapport aux séances classiques, souvent limitées à des cibles en carton statiques, avec un simple corps tracé dessus.

Les formateurs de la police nationale montrent le maniement de l'arme de poing | TL - INF la Rochelle
Les formateurs de la police nationale montrent le maniement de l'arme de poing | TL - INF la Rochelle

Des situations qui varient

Mehdi Servetta, brigadier-chef chargé de former ses collègues rochelais à l’usage des armes à feu, précise qu’EVA est avant tout une approche pédagogique, et non un simple logiciel. Elle repose sur l’utilisation de supports vidéo. Concrètement, on se retrouve projeté sur le parvis d’un lieu touristique au cœur de Paris, entouré de touristes, lorsqu’un individu menaçant surgit. Celui-ci sort une arme. Après plusieurs sommations restées sans réponse, il s’avance vers les policiers, qui tirent alors plusieurs cartouches avec leur arme de poing, le SIG-Sauer 9 mm, pour le neutraliser.

Dans un autre scénario, un individu exhibe également une arme à feu. Les policiers procèdent aux sommations, mais cette fois, l’homme se rend. Aucun tir n’est nécessaire. Chaque situation exige donc un discernement constant de la part des agents.

Plonger dans l'action

Nous avons eu la chance de pouvoir expérimenter EVA aux côtés des policiers rochelais sur le stand de tir. Après la formation classique au maniement du SIG-Sauer, l’arme de poing réglementaire, Mehdi Servetta nous rappelle les règles de sécurité élémentaires : garder le doigt le long du pontet, ne jamais le poser sur la gâchette sauf au moment du tir, positionner l’arme au niveau du ventre puis la remonter au niveau des yeux pour viser, et maîtriser les différentes sécurités, nombreuses sur cette arme. Il faut plus qu’une simple pression pour tirer, ce qui permet notamment de prévenir tout incident ou tir accidentel.

Lorsque les premiers individus apparaissent à l’écran, après les sommations d’usage, nous sommes contraints de tirer : un individu menaçant brandit une arme. Dans une autre scène, c’est ma coéquipière qui me sauve, un second assaillant surgissant après que j’ai neutralisé le premier. Une expérience ultra réaliste, au plus proche des situations vécues sur le terrain, que la police nationale tente de généraliser depuis la création du système en 2017.

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