Près d’un millier de personnes ont manifesté ce mardi matin dans les rues de La Rochelle pour soutenir les lycéens et porter les revendications du mouvement, mais aussi pour dénoncer « la répression policière », avec un passage devant le commissariat.
« L’objectif, c’est de ne pas s’arrêter tant qu’il n’y aura pas eu de changement. » Après près de trois journées d’actions, les lycéens rochelais ne lâchent pas l’affaire et restent déterminés à se faire entendre. Ce mardi matin, près d’un millier de lycéens, étudiants, professeurs, mais aussi de membres de syndicats se sont réunis place de Verdun avant de partir en manifestation dans les rues de La Rochelle.
Une convergence accompagnée par des parents d’élèves, qui portaient des brassards blancs afin d’encadrer le cortège et d’éviter les tensions, à l’image de celles qui ont pu se produire les jours précédents en marge des blocages d’établissements à La Rochelle. Par crainte d’un embrasement, le préfet avait par ailleurs décidé de faire fermer l’ensemble des lycées rochelais et d’interdire les rassemblements aux abords de ceux-ci.
"Je n’ai pas de prof de français depuis trois semaines"
Dans le calme et sans incident, les étudiants de l’Université, fermée depuis le début de la semaine, sont partis de la place du Technoforum en solidarité avec le mouvement, avant de rejoindre la place de Verdun. Après être passés par la gare puis l’hôtel de ville, les manifestants ont défilé jusqu’au commissariat afin de dénoncer les interpellations et « la répression du mouvement ». Ce lundi, près de neuf personnes ont été placées en garde à vue dans le département, dont cinq à La Rochelle, en marge du mouvement.
« On est touché par les emplois du temps à rallonge, la pression, des profs qui ne sont pas remplacés, surtout pour les absences longues, comme les arrêts maladie », explique l’un des élèves présents dans le cortège.
Une autre lycéenne, scolarisée en seconde, explique avoir déjà rencontré plusieurs difficultés depuis sa rentrée. Elle évoque notamment des portes de toilettes cassées et des professeurs non remplacés : « Je n’ai pas eu de prof de français pendant trois semaines », explique-t-elle. Elle dénonce également le système de Parcoursup et affiche sa solidarité avec les établissements de Seine-Saint-Denis, où le mouvement a débuté.
« Nous, ça va, on est dans une zone assez favorisée, mais ça ne va pas du tout si, nous, on peut préparer notre bac dignement tandis que d’autres n’ont pas de professeurs. Il y a des classes en France sans professeurs, sans AESH. Il y a une grosse baisse ces dernières années, depuis Macron notamment, du budget pour l’éducation, du budget du service public de manière générale, et on milite contre ça », ajoute un autre élève.
« Je préfère ce format aujourd’hui parce que, pour l’instant, il n’y a pas eu de casse, il n’y a pas eu de débordement. On est beaucoup à vouloir quelque chose de pacifique et on n’est pas là pour casser notre lycée, puisqu’on demande justement plus de moyens », explique un lycéen, se réjouissant de cette manifestation qui s’est déroulée sans heurts ni incidents, notamment grâce à l’encadrement du cortège.
Quelle suite pour le mouvement ?
« On sait que, s’il le faudra, on fera des blocus jusqu’à ce qu’on puisse étudier correctement … Je ne sais pas si ce sera tous les jours, mais en tout cas, oui, le mouvement ne lâche pas », explique un élève scolarisé à Dautet. Il fait également part de la création d’un mouvement au sein de l’établissement afin de structurer les revendications et de les faire remonter.
La préfecture indique avoir recensé près de 900 manifestants et une garde à vue, celle d’un jeune interpellé après des faits de « caillassage » commis lundi. L’ensemble des établissements scolaires fermés rouvriront ce mercredi, indique le rectorat, même si des perturbations pourraient avoir lieu en raison des appels aux blocages qui continuent d’être publiés sur les réseaux sociaux.
La preuve en est : le préfet a prolongé jusqu’à jeudi ses arrêtés interdisant le port et le transport d’objets pouvant constituer une arme par destination, ainsi que l’usage de feux d’artifice. Un drone a également été autorisé à survoler une large partie de la ville de La Rochelle pour cette journée de mercredi.






