La situation est très tendue ce jeudi matin autour de plusieurs lycées de La Rochelle, en raison de la journée de mobilisation nationale et des blocus. Un bus a été attaqué devant Rompsay, tandis qu’à Dautet, des tensions ont éclaté en fin de matinée entre policiers et jeunes, qui dénoncent un « manque d’écoute du gouvernement ». Le réseau de bus a été suspendu, tandis que de nouveaux appels à manifester ont été lancés jusqu’au 6 octobre.
« On a besoin d’être entendus ». La situation est très tendue ce jeudi matin à La Rochelle, à l’image de plusieurs villes de France, dans le cadre d’un mouvement national de blocage des établissements scolaires, notamment des lycées. Valin, Vieljeux, Rompsay, Dautet et Saint-Exupéry ont été bloqués totalement ou partiellement.
Des tensions ont éclaté peu avant 8 heures devant le lycée de Rompsay, d’après des images obtenues. Des poubelles ont été mises en travers de la route avant le jet d’un cocktail Molotov devant l’établissement, ainsi que des jets de projectiles à l’encontre de membres du personnel présents au niveau des grilles. Des incendies ont également été allumés, mais l’incident le plus grave est survenu lors du passage d’un bus du réseau Yélo, peu après 8h30.
Ce dernier a été caillassé par une vingtaine de jeunes cagoulés, tandis qu’un panneau de signalisation a été enfoncé dans le véhicule. Une dizaine de personnes ont été prises en charge par les pompiers, dont deux ont été blessées. La circulation des bus a été suspendu dans l’ensemble de l’agglomération.
Scène d’une extrême violence ce jeudi matin devant le lycée Rompsay en marge d’une journée de blocage : un bus a été violemment attaqué par une dizaine de jeunes, plusieurs passagers ont été pris en charges par les pompiers. #blocus pic.twitter.com/FdRRzfqRqk
— INF La Rochelle (@INF_LaRochelle) October 1, 2026
De nouveaux appels à bloquer les établissements ont été lancés jusqu’au mardi 6 octobre
Alors que plusieurs interpellations auraient été menées, Arnaud Laraize, le procureur de la République de La Rochelle, précise qu’aucune garde à vue n’était en cours à 10 heures. Des tensions ont éclaté aux abords de nombreux lycées, avec des abribus cassés et des poubelles incendiées. Depuis 9 heures, les tensions se concentrent autour du lycée Dautet, en centre-ville, où une barricade a été montée devant l’établissement. Une porte a été enfoncée, tandis qu’un important feu allumé devant l’établissement a nécessité l’intervention des pompiers, longuement applaudis par les lycéens.
Plusieurs centaines de jeunes gravitent autour de l’établissement et sur la place de Verdun. Des tirs de LBD et de grenades lacrymogènes se succèdent dans les rues aux alentours du lycée Dautet, face à quelques jeunes qui répliquent avec des pierres, des fumigènes et divers projectiles. Une situation extrêmement tendue pour une ville comme La Rochelle, qui a rarement connu de telles violences lycéennes. Selon nos informations, une policière aurait été blessée, tandis que des manifestants dénoncent la blessure par un tir de LBD d’un homme au niveau du thorax.
Face aux policiers, les jeunes rencontrés par notre journaliste dénoncent le « manque d’écoute » de l’Éducation nationale depuis des années, avec des classes de 35 à 40 élèves, des conditions insupportables lors des canicules, un manque de professeurs… Chacun s’accorde à dire que la violence n’est pas la solution, dénonçant les actions d’une minorité, mais expliquant un ras-le-bol et une jeunesse « au bout du rouleau » face à ces conditions. Une autre revendication exprimée est la solidarité avec les lycées de banlieue, à l’image de ceux de Seine-Saint-Denis. « On a de la chance d’être à Dautet, mais à Paul-Éluard (où le mouvement a débuté), les conditions sont horribles. »
Le rassemblement devrait se prolonger cet après-midi en ville, alors que de nouveaux appels à bloquer les établissements ont été lancés au moins jusqu’à mardi 6 octobre, nouvelle journée de mobilisation.






