Axel Landy, le fondateur du festival Horizon fait le mur et gérant d’une salle de théâtre à La Rochelle, a été mis en examen début février pour des faits de viol et de harcèlement sexuel sur au moins quatre femmes.
Directeur artistique du festival Horizon fait le Mur, qu’il a fondé, et patron de la salle de théâtre L’Horizon à La Rochelle, Axel Landy a été mis en examen le 5 février dernier. Il est accusé de viol et de harcèlement sexuel sur quatre femmes, entre 2017 et octobre 2025, a indiqué lundi Arnaud Laraize, le procureur de la République.
Un contrôle judiciaire a été mis en place avec une interdiction d’exercer au sein de son association L’Horizon et d’entrer en contact avec les victimes, précise le magistrat. Celui-ci a été saisi au mois de juin 2025 par le maire d’Aytré et son adjoint à la culture, Camille Lagrange, qui ont appliqué l’article 40 (Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur). « Ce sont des faits trop graves pour ne pas être pris à la légère », explique-t-il, après avoir été contacté par l’une de ses victimes présumées.
Selon nos informations, les faits reprochés à Axel Landy concernent l’envoi de messages insistants depuis son compte principal, ainsi que via de possibles faux profils sur les réseaux sociaux. Certaines plaignantes signalent notamment des sollicitations à caractère sexuel, ainsi que des tentatives de piratage de comptes, parfois accompagnées de l’usage de leurs photos ou messages.
Ces faits auraient pu se dérouler sur plusieurs années et concerner des collaboratrices ou des spectatrices de spectacles. Le procureur a par ailleurs interdit à l’homme l’utilisation des réseaux sociaux dans le cadre de son contrôle judiciaire.
Un collectif d'une dizaine de femmes
L’une des plaignantes, qui affirme avoir été victime de harcèlement sexuel par message sur les réseaux de 2014 jusqu’au mois d’octobre dernier, indique à INF La Rochelle qu’un collectif d’une dizaine de femmes s’est créé via un groupe WhatsApp en février, dont sept auraient porté plainte. « J’avais lancé un appel à témoins sur Facebook et, en parallèle, j’avais contacté des femmes qui avaient liké sa page ». Selon elle, en quelques heures, plusieurs personnes lui ont fait un retour similaire par message. « On a été deux à contacter plusieurs femmes […] Le fait le plus ancien que l’on a remonté date pour l’instant de 2011 ».
Contactés, le directeur artistique rochelais, qui reste présumé innocent, et son avocate n’ont pour l’instant pas répondu à nos sollicitations. Dans les colonnes de nos confrères de Sud Ouest, il affirme cependant que ce « n’est pas la réalité […] Ces accusations sont mensongères. Je n’ai jamais commis un acte non consenti. Il s’agit d’une chasse aux sorcières. Ça fout toute ma vie en l’air », a-t-il expliqué.
Dans le milieu culturel rochelais, la nouvelle a surpris de nombreuses personnes. Catherine Benguigui, l’adjointe à la culture de la ville de La Rochelle, n’a pas souhaité réagir, tout en précisant qu’aucun signalement ne lui avait été remonté concernant ces agissements.
Quel avenir pour Horizon fait le mur ?
Contactée en début de semaine, la ville d’Aytré a indiqué « se tenir aux côtés des victimes ». Camille Lagrange, qui a révélé l’affaire auprès des autorités, a conscience de « l’impact forcément fort » que cela aura sur le festival Horizon fait le mur.
« Ce festival n’est pas l’affaire que d’une personne, c’est une équipe, un collectif de bénévole derrière », explique-t-il. Pour l’instant, la mairie n’a pas été saisie par le festival pour une éventuelle annulation : « L’enjeu de son maintien appartient aux organisateurs ».