Après sa démission surprise en juin dernier, Jean-François Fountaine revient, à travers un livre, sur ses 50 ans de vie rochelaise. De l’entrepreneur à l’élu, en passant par le sportif, il se confie dans cet ouvrage.
C’était le 6 juin dernier. Jean-François Fountaine, alors maire de La Rochelle, annonçait sa démission, surprenant tout le monde. Une décision qui mettait fin à 30 ans de présence au conseil municipal, où il était entré sous la mandature de Michel Crépeau, et à un demi-siècle de vie rochelaise. Un long parcours pour celui qui fut aussi chef d’entreprise, cofondateur de Fountaine-Pajot et navigateur de haut niveau, jusqu’à participer aux Jeux olympiques de Montréal. Un itinéraire qu’il a choisi de raconter dans un ouvrage intitulé « Un demi-siècle de vie rochelaise ».
« Comme je n’écris pas très bien, j’ai voulu jouer la transparence : ne pas faire appel à quelqu’un qui écrirait à ma place, mais réaliser ce livre sous forme d’entretien avec la journaliste Maud Parnaudeau […]. L’idée, c’est de raconter notre parcours avec Claire, dans une ville qui a profondément changé. C’est un peu notre histoire de La Rochelle », explique Jean-François Fountaine. Il a commencé la rédaction en mars dernier, après avoir décidé de ne pas briguer un nouveau mandat.
L’« amoureux de La Rochelle », revient sur les années 70 & 80, marquées par l’explosion du chômage, mais aussi sur la création du chantier Fountaine-Pajot, le catamaran Charente-Maritime 1 & 2 ou encore ses débuts en politique ainsi que les moments forts de son engagement. On y apprend notamment qu’il fut candidat aux législatives de 1993 dans la circonscription de Rochefort–Surgères, où il se qualifia pour le second tour avec près de 45 % des voix.
"J’ai toujours eu envie d’être acteur de ma vie plutôt que d’être passif ou d’attendre"
Le livre est préfacé par Lionel Jospin, un proche de longue date avec qui il entretenait une relation privilégiée au point de « pouvoir entrer dans son bureau à Matignon quand il le voulait ». L’ouvrage revient aussi sur les moments plus délicats de sa carrière politique : la primaire du Parti socialiste pour les municipales de 2014, les tensions locales, puis sa courte victoire face à Olivier Falorni en 2020. « J’ai toujours eu envie d’être acteur de ma vie plutôt que d’être passif ou d’attendre », confie celui qui s’est toujours dit animé par l’action collective, que ce soit dans le sport, dans l’entreprise ou à la municipalité.
L’ancien maire revient également sur son attachement profond à La Rochelle, dont il admire la singularité : « Cette ville est incroyable. Il faut bien se rendre compte d’une chose. Toutes les villes portuaires européennes ont été détruites pendant la dernière guerre. Elles ont perdu leur patrimoine. Lorient, Brest, Le Havre… Nous sommes la seule ville portuaire atlantique à être sortie indemne, avec ce patrimoine magnifique. Quand on regarde les vieilles photos du Vieux-Port, il n’a pratiquement pas changé. Et ça, c’est une chance unique pour la ville. »
Interrogé sur la trace qu’il souhaite laisser à travers ce livre, et plus largement dans l’histoire rochelaise, Jean-François Fountaine dit « l’espérer», tout en rappelant qu’« une ville est avant tout une immense aventure collective ».