Jusqu’au milieu d’après-midi, Maryline Simoné, tête de liste de l’union de la gauche, a tenté de trouver un compromis avec le maire sortant, Thibaut Guiraud, afin de constituer une liste unique face à Olivier Falorni. En vain, malgré une médiation portée jusqu’à Alain Rousset, président de la Région.
Les discussions ont duré jusqu’à la dernière minute ce mardi, avant la date limite de dépôt des listes fixée à 18 heures. Il n’y aura donc pas d’alliance entre la liste de l’union de la gauche « La Rochelle Unie » menée par Maryline Simoné et celle du maire sortant, Thibaut Guiraud, « Générations La Rochelle ». Une situation d’autant plus difficile à comprendre que, 24 heures plus tôt, la candidate socialiste avait tenu un point presse pour indiquer qu’aucune fusion n’aurait lieu.
Pour rappel, dimanche soir, après la proclamation des résultats, des discussions ont été engagées entre des représentants de la liste « La Rochelle Unie », arrivée deuxième avec plus de 21 %, et « Générations La Rochelle », troisième avec près de 16 %. Mais elles ont rapidement avorté. Pour la gauche, le blocage porte sur un désaccord autour du chantier Marcel-Paul, tandis que, du côté du maire sortant, la demande de retrait de Thibaut Guiraud, tête de liste, est jugée inacceptable.
Pourtant, lundi après-midi, après son point presse, Maryline Simoné a proposé une rencontre à Thibaut Guiraud, la première en face-à-face, afin de ne pas rester sur des « situations d’incompréhension […] il est toujours bon de se dire les choses ». À défaut d’une fusion, la candidate a suggéré au maire sortant de se retirer, « comme c’est la tradition dans d’autres villes où le troisième se retire », citant notamment l’exemple de Périgny, afin d’éviter de laisser un boulevard à Olivier Falorni, arrivé en tête avec 33 % des voix au premier tour.
"Pendant une demi-heure, Maryline Simoné m'a fait comprendre qu'elle était bloquée par les écologistes"
Ce mardi matin, les différentes têtes de liste se sont réunies à Bordeaux pour un débat organisé par TV7 – Sud Ouest. Thibaut Guiraud et son équipe de campagne ont ensuite déjeuné avec le président de région, Alain Rousset, qui aurait proposé une médiation entre sa liste et celle de Maryline Simoné, selon le maire sortant.
« Pendant une demi-heure, Maryline Simoné m’a fait comprendre qu’elle était bloquée par les écologistes. Je dois faire peur. Je pense que, dans notre équipe, on a de grands talents qui font peur. Elle est dans une approche sacrificielle. Elle aurait dû s’imposer vis-à-vis de son équipe. Comment voulez-vous prétendre être maire de La Rochelle, le futur maire de La Rochelle, et ne pas être capable de prendre la première décision qui s’impose ? », glisse-t-il. Il ajoute que le président de région ne comprenait pas, selon lui, pourquoi aucune fusion n’avait abouti.
« La liste de Maryline Simoné, on a bien vu qu’ils ne connaissent pas les dossiers. Ils sont dogmatiques […] On a un député qui nous donne des leçons de sécurité. Qu’a-t-il fait ? Il est allé chercher l’adjoint en charge de la sécurité, que nous avions écarté parce qu’il n’était pas bon, et il l’a intégré à sa liste […] Dimanche soir, il s’agit soit de voter pour une équipe expérimentée, capable de gérer la ville sur tous les plans, soit de revenir aux années 80, avec une ville où l’on se gare partout », déclare Thibaut Guiraud au moment de déposer sa liste.
« Son bilan et son projet ont été désavoués par les électrices et électeurs »
Du côté de la tête de liste de l’union de la gauche, la version diffère. Selon elle, c’est elle qui a contacté Alain Rousset afin d’organiser une ultime tentative de médiation, après avoir tendu la main à plusieurs reprises. Les trois responsables politiques se sont retrouvés dans le bureau du président de région, où elle aurait tenté de convaincre le maire rochelais de retirer sa liste afin d’éviter la division des voix face à Olivier Falorni. Une demande restée sans réponse : vers 16h30, Thibaut Guiraud déposera finalement sa liste en préfecture.
« Je leur ai tendu la main en leur proposant de venir se parler. Ça ne s’était pas produit à La Rochelle depuis un petit bout de temps […] Il complique notre tâche face à un député de droite », se désole la socialiste, qui dit vouloir « faire en sorte que cette ville reste à gauche ». Concernant les accusations de Thibaut Guiraud, qui l’accuse de ne pas prendre de décisions, elle dément et l’accuse, à son tour, de vouloir créer des divisions, avant de rétorquer : « Cette union est née d’un collectif auquel je tiens. Je prendrai mes responsabilités, je prendrai des décisions, à un moment donné, qui peuvent s’imposer, mais je ne le ferai jamais toute seule dans mon coin. »
Pourquoi ne pas vouloir de Thibaut Guiraud sur sa liste ? « Son bilan et son projet ont été désavoués par les électrices et électeurs », avance Maryline Simoné, évoquant sa troisième place et ses 16 %. Elle appelle désormais les électeurs « à se positionner très clairement en faveur de la liste de La Rochelle Unie ».
Une chose est sûre ce mardi soir : aucune fusion n’est désormais possible entre les listes, toutes validées en préfecture. La dernière option pour « faire face » à Olivier Falorni serait le retrait de l’une des deux listes avant dimanche, une décision qui doit être validée par plus de 50 % de ses membres.