Jean-François Fountaine et la directrice de l’hôpital de La Rochelle ont été reçus dans différents ministères afin d’évoquer le financement du futur établissement. Le président de l’agglomération est également revenu sur le choix du site du DBMA, affirmant qu’aucun changement n’était possible et dénonçant le « jeu très particulier » du député de La Rochelle.
La semaine dernière, Jean-François Fountaine, président de l’agglomération de La Rochelle, Valérie Bénéat-Marlier, directrice de l’hôpital de La Rochelle, ainsi que le président de la commission médicale d’établissement ont été reçus aux ministères de la Santé, du Budget et à la présidence de la République afin d’évoquer le futur hôpital.
« On a été reçus par des gens qui connaissaient très bien le dossier, pas besoin d’expliquer quoi que ce soit […]. Maintenant, l’État a des contraintes budgétaires. L’État a arbitré la somme qu’il va mettre sur les hôpitaux pour les dix prochaines années et ce qu’il va attribuer par région », explique Jean-François Fountaine.
Le président de l’agglomération se veut toutefois réaliste. D’autant plus que d’autres hôpitaux pourraient également solliciter des financements et que le projet rochelais est estimé à 740 millions d’euros. « Ce que je ressens, c’est que le prix de l’hôpital de La Rochelle est un peu élevé. Il va falloir trouver des économies sur ce chantier, peut-être en réduisant certains éléments. La directrice ne souhaite surtout pas baisser la capacité », précise-t-il.
Au total, près de 440 millions d’euros de subventions sont attendus, le reste devant être financé par un emprunt de l’établissement.
Considéré comme "indispensable par le gouvernement"
Alors que le détail des enveloppes allouées à la région n’a pas encore été dévoilé, Jean-François Fountaine estime que des économies restent possibles, notamment sur le coût des matériaux, qui pourrait être revu à la baisse. Une chose est toutefois certaine selon le président de l’agglomération : le futur hôpital sera bien financé, même si la question porte désormais sur le niveau des subventions.
« La négociation va maintenant se faire entre l’hôpital et l’Agence régionale de santé », explique-t-il. Il affirme également que le futur établissement est considéré comme « indispensable par le gouvernement ».
Une question demeure néanmoins en suspens : celle du site d’implantation. L’hôpital sera-t-il bien construit sur le site du DBMA, à Aytré, malgré l’opposition du maire et d’une partie des élus de l’agglomération ? Pour Jean-François Fountaine, le débat est clos. « Cela n’a plus d’importance dans ce dossier. Cette partie-là est terminée. Personne, dans les ministères, n’a évoqué le souhait de changer de site. On ne peut pas revenir en arrière, car un certain nombre d’actions ont déjà été engagées. La position de l’État est claire. Celle de l’hôpital aussi », affirme-t-il.
Le président de l’agglomération rappelle par ailleurs qu’un document d’urbanisme majeur, le Scot (schéma de cohérence territoriale), a déjà été adopté. En voter un nouveau nécessiterait selon lui cinq à six ans de travail. Il exclut également toute implantation sur des terres agricoles : « Je ne sais pas si vous avez vu les manifestations agricoles. Qui veut aujourd’hui consommer de l’espace agricole et réduire l’activité agricole ? Ce n’est plus le sujet, c’est terminé ».
"Il y en a un qui joue un jeu très particulier, c'est le député de La Rochelle"
« Ils ne peuvent pas s’y opposer. Le permis de construire est délivré par l’État. […] Vous savez, quelqu’un qui dirait non aujourd’hui, même en campagne électorale, porterait une très grave responsabilité. Parce qu’il devra en répondre devant tous les habitants du territoire« . Jean-François Fountaine s’attaque également à Olivier Falorni, député et candidat à la mairie de La Rochelle : « Alors il y en a un qui joue un jeu très particulier, c’est le député de La Rochelle. Alors que ça se passe sur la deuxième circonscription, il essaie d’aider Tony Loisel, directement ou indirectement. Ils ont fait une tribune dans le journal municipal, il y a huit mois, en disant que ce n’était pas le bon terrain. Mais tout ça, c’est dérisoire. »
Le président de l’agglomération espère désormais voir émerger le futur hôpital dans les huit prochaines années. Un appel d’architecture, puis un appel d’offres, sera lancé dans les prochains mois. L’objectif est de ne pas passer par un marché de conception-réalisation, « qui finit dans les grands groupes et où les petites entreprises se retrouvent “pressurisées” , conclut Jean-François Fountaine.