Révélation de la saison 2025-2026, Charles Kante Samba a connu une ascension fulgurante sous les couleurs du Stade Rochelais, jusqu’à être appelé en équipe de France ce lundi. Pour INF La Rochelle, le deuxième ligne de 21 ans était revenu, quelques semaines plus tôt, sur son parcours, sa première saison pleine chez les professionnels et ce qui l’anime en dehors des terrains.
On connaît encore peu Charles Kante Samba, pourtant l’une des révélations de la saison dernière au Stade Rochelais. À 21 ans, le deuxième ligne a rapidement trouvé sa place dans la rotation maritime, au point d’attirer l’attention du staff de l’équipe de France, qui envisageait de le convoquer pour la tournée estivale. Une blessure contractée début juin avait toutefois mis fin à cette possibilité. Le Rochelais a finalement été appelé ce lundi par le XV de France pour préparer la rencontre face aux Fidji (7 novembre). Pour INF La Rochelle, il était revenu, quelques semaines plus tôt, sur son parcours, son ascension et sa personnalité discrète, loin des projecteurs.
Début à Niort avant de rejoindre La Rochelle
Natif des Deux-Sèvres, Charles Kante Samba a découvert le rugby à Niort, à l’âge de 6 ans, avant de rejoindre le Stade Rochelais en catégories de jeunes, en 2020. « Je viens de Niort. J’étais plutôt destiné à faire du basket parce que, du côté de ma mère, on était obligés d’en faire. Finalement, il y avait des portes ouvertes au rugby. J’y suis allé et j’ai adoré ça (sourire). J’ai ensuite rejoint La Rochelle en U15 ou U16, en double licence. Après, je suis devenu 100 % rochelais et j’ai rejoint le lycée Saint-Exupéry. Quand j’étais à Niort, je jouais au poste de centre. Je suis passé en 8 mais j’ai vite compris qu’il allait me mettre en seconde ligne (sourire). »
Un poste qui correspond finalement bien à sa personnalité lui qui se décrit comme « quelqu’un de discret, qui aime vivre au calme et à son rythme ». Une discrétion qui se retrouve dans sa vision du rugby et du rôle qu’il occupe sur le terrain. « C’est un peu le travail de l’ombre, on ne nous voit pas trop. Tant mieux, d’ailleurs, parce que je n’aime pas trop avoir les caméras sur moi (sourire). On est dans les rucks, on fait le ménage, on prend des coups, on se fait mal, mais c’est pour faire briller les autres. C’est ça qui me plaît. On a aussi la responsabilité de la touche. Si on n’a pas de touche, on ne peut pas faire beaucoup de lancements, donc on ne peut pas beaucoup jouer. »
Une ascension fulgurante
La saison 2025-2026 a marqué un véritable tournant dans la jeune carrière du deuxième ligne. Avec 21 apparitions avec le groupe professionnel, il a rapidement gagné la confiance du staff rochelais et s’est imposé comme une option crédible dans la rotation. « Je ne m’attendais pas à faire autant de matches. Jouer près de 25 rencontres, je ne pensais vraiment pas que ça arriverait. Le staff m’a donné la chance de m’exprimer, même s’il y a parfois eu des blessés, ça fait partie d’une saison. Je suis content de moi, même s’il y a encore des choses à améliorer. »
Au fil des rencontres, ses bonnes prestations, conjuguées aux nombreuses blessures au sein de l’effectif maritime, lui ont permis de franchir un nouveau cap. En quelques matches, il s’est vu confier un rôle de leader en touche. Une responsabilité stratégique qui implique un important travail en amont, de l’analyse des adversaires à la préparation des combinaisons, avant de les annoncer sur le terrain. « Je pense qu’ils m’ont confié cette responsabilité au bon moment, quand j’étais à l’aise sur le terrain. Au début, lors de tes premiers matches, tu es un peu timide, tu n’oses pas trop. Même si j’annonçais déjà les touches avec les Espoirs, ce n’est pas du tout la même chose devant 18 000 personnes. Parfois, tu parles, mais tu ne t’entends même pas. Je me souviens pour mon premier match à domicile l’an dernier, Thomas Lavault qui annonce un truc et il y a tellement de bruit que je n’entends pas. C’est le pilier qui m’a mis une tape sur les fesses pour me dire que c’est à moi de sauter. Il faut vite comprendre. »
Après avoir découvert le Top 14 et la Champions Cup la saison passée, le deuxième ligne aurait pu découvrir le niveau international en rejoignant la tournée estivale de l’équipe de France. Mais une blessure aux ischio-jambiers, contractée lors du barrage perdu face au Stade Français début juin, a mis fin à cette possibilité. Une déception qu’il préfère relativiser. « On est toujours déçu, bien sûr, parce que c’est quelque chose que j’aimerais réussir à faire. J’ai été blessé à ce moment-là. Je me dis que si c’est arrivé, c’est que ça devait se passer comme ça. Déçu, oui, mais j’étais quand même content de ma saison. Sur ça, je ne m’inquiète pas. Peut-être qu’un jour, ça arrivera. Il faut d’abord que je confirme ici, à La Rochelle, et après, on verra pour l’étage du dessus. »
Golf, vélo et attrait pour la musique
En dehors du rugby, Charles Kante Samba cultive plusieurs centres d’intérêt. Il apprécie notamment le golf et les balades à vélo, qui lui permettent de se ressourcer mais aussi le mixage, une passion qu’il a découverte au lycée. « J’aime bien faire du golf. Souvent, je me balade à vélo. J’adore ça, je ne sais pas pourquoi, mais je vais au bord de la mer pour regarder le paysage, l’horizon. Ça m’apaise un peu, ça m’aide beaucoup.J’aime bien mixer aussi. J’ai appris tout seul. La première fois, c’était en première ou en terminale. Avec le pass Culture, j’avais pris des platines et je m’étais entraîné. Ensuite, Simeli (Daunivucu) m’en a offert pour mon anniversaire. Il était avec les U20 (en équipe de France) et il m’avait dit : “Tu peux me chercher une commande ?” Tout de suite, je vois les platines et je lui demande : “Depuis quand tu mixes ?” Il m’a répondu : “Bon anniversaire !” (sourire). Je les utilise encore. »
Depuis, il continue de mixer différents styles, avec une préférence pour les musiques électroniques. « Je mixe de la house, de la techno et parfois de la hard techno. Ça ne plaît pas à tout le monde dans le vestiaire (sourire). »
La saison dernière a marqué un premier tournant dans la carrière de Charles Kante Samba. Désormais bien installé dans le groupe professionnel, le jeune deuxième ligne, qui s’apprête à découvrir l’équipe de France, reste conscient de sa marge de progression. Il entend toutefois poursuivre sur sa lancée, sans brûler les étapes.






