Après l’attentat raciste survenu vendredi dans les Yvelines, qui a coûté la vie à un homme et grièvement blessé plusieurs personnes, un rassemblement citoyen était organisé ce lundi soir à La Rochelle, devant la statue « Crépeau, l’humaniste ». Une mobilisation en hommage aux victimes, mais aussi pour réaffirmer le refus du racisme et de toutes les formes de discrimination.
Après le choc, le recueillement. Partout en France, des rassemblements étaient organisés ce lundi soir en hommage aux victimes de l’attentat raciste survenu dans les Yvelines, qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi et grièvement blessé plusieurs personnes, dont une fillette de 12 ans.
À La Rochelle, près de 300 personnes se sont réunies devant la statue « Crépeau, l’humaniste », dans le quartier du Gabut, au pied des tours. De nombreux élus de la ville et de l’agglomération étaient présents, aux côtés d’Olivier Falorni, de la députée Sabine Gervais et du secrétaire général de la préfecture, Emmanuel Cayron.
Le maire de La Rochelle a rappelé l’importance de lutter contre le racisme au quotidien, notamment en combattant les préjugés, en refusant les discriminations et en intervenant face aux propos racistes. « Combattre le racisme, ce n’est pas seulement condamner les violences lorsqu’elles surviennent. C’est aussi combattre les préjugés avant qu’ils ne deviennent du mépris. C’est refuser les discriminations lorsqu’elles se manifestent dans l’accès à l’emploi, au logement, au service ou à la vie sociale. C’est apprendre à nos enfants que personne ne vaut davantage qu’un autre en raison de sa naissance. C’est intervenir lorsque des paroles racistes sont prononcées. C’est ne pas détourner les yeux lorsqu’une personne est insultée ou menacée. C’est comprendre que l’indifférence, même lorsqu’elle ne traduit aucune intention hostile, peut laisser le champ libre à ceux qui veulent diviser. Nous avons toutes et tous une part de responsabilité », a-t-il lancé.
Il a également insisté sur le rôle des institutions et de l’école dans la transmission des valeurs républicaines et le respect des différences. « Les institutions, bien sûr, qui doivent garantir l’égalité devant la loi et faire respecter les droits. L’école qui transmet les connaissances mais aussi le respect de l’autre et la compréhension de notre histoire commune, quelles que soient nos différences. Voilà ce qui nous rassemble. Voilà ce qui nous oblige. Voilà ce qui doit continuer à nous unir bien au-delà de ce moment qui nous réunit ce soir. »
Enfin, Olivier Falorni a appelé à répondre aux tentatives de division par la détermination et la fraternité. « Et à celles et ceux qui voudraient opposer les uns aux autres. Nous répondons avec calme et détermination. Notre République ne se construira jamais sur la haine mais sur l’égalité, sur la dignité et la fraternité entre toutes et tous. C’est cette conviction qui nous rassemble aujourd’hui. Et je vous remercie très sincèrement d’être présent.», a-t-il conclu.
"Nous ne devons pas abandonner le terrain à celles et ceux qui divisent"
Les groupes d’opposition au conseil municipal ont également été invités à prendre la parole ce lundi soir. Christophe Batcabe, pour le groupe « Une Vision pour La Rochelle », a notamment rappelé l’importance de ces mobilisations citoyennes pour faire face à la haine.
De son côté, Brahim Jlalji a appelé à une mobilisation générale contre toutes les formes de discrimination : « Appelons les citoyens et les citoyennes à se mobiliser partout en France contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations. Appelons à faire vivre la solidarité dans nos quartiers, dans nos entreprises, dans nos établissements scolaires et dans toutes les associations qui œuvrent pour l’égalité. Appelons à refuser les amalgames, à combattre les préjugés et à ne jamais laisser une parole raciste, antisémite ou islamophobe sans réponse. Nous ne devons pas abandonner le terrain à celles et ceux qui divisent. »
Le conseiller municipal du groupe d’opposition « La Rochelle Unie » a également pointé le rôle de certains médias dans la montée du racisme, leur reprochant de « donner une tribune » à ces discours. Il a par ailleurs mis en cause la droite et l’extrême droite, qu’il a désignées comme responsables de cet événement avec la théorie haineuse du « grand remplacement ».
De son côté, la députée Sabine Gervais a tenu à rappeler les valeurs de la République, qu’elle considère comme un rempart face au racisme et aux discriminations. « Si nous sommes rassemblés ce soir, c’est aussi pour dire oui. Oui aux valeurs qui sont le socle de notre République. Oui à la fraternité. Oui au vivre ensemble. Oui à l’acceptation des différences. Oui à l’accueil de ceux qui viennent d’ailleurs et qui deviendront d’ici. Oui enfin à une exigence, celle de ne jamais banaliser le racisme. De ne jamais détourner notre regard, de dénoncer publiquement et de ne jamais transiger avec l’égalité, l’égale dignité des êtres humains, quelles que soient leurs origines ou leurs couleurs de peau. »
Le rassemblement s’est conclu par une minute de silence, suivie d’une Marseillaise reprise d’une seule et même voix par l’ensemble du public. Malgré les différences d’âge, des familles aux étudiants, en passant par les retraités, tous se sont réunis dans un même élan de solidarité.






