Fin mai, Livio, un enfant de deux ans et demi, a perdu la vie dans une piscine près de Surgères. Placé en famille d’accueil depuis décembre 2025, sa mère et son entourage demandent désormais des explications et cherchent à comprendre ce qui s’est passé. La famille a accepté de témoigner auprès d’INF La Rochelle.
Ce week-end-là, l’enfant ne se trouvait pas dans sa famille d’accueil habituelle, qui était en congé, mais dans une famille relais. C’est au sein de cette dernière, agréée depuis 2012 et n’ayant jamais rencontré de difficultés particulières, que le drame s’est produit, indique le département de la Charente-Maritime, chargé de la gestion de l’aide sociale à l’enfance.
À l’époque, Sud Ouest rapportait qu’une fête d’anniversaire se déroulait au même moment et que Livio « aurait échappé à la vigilance des adultes lors de la fête d’anniversaire d’un autre enfant », avant de tomber dans une piscine équipée de barrières de protection. Une enquête pour homicide involontaire par imprudence a alors été ouverte.
"On a aucune nouvelle de n'importe qui"
« Une autopsie a été réalisée, car les médecins se posaient des questions puisqu’il n’avait aucun bleu. Il n’a donc pas pu se cogner », explique Laly, compagne de l’aîné de la fratrie, qui comptait sept enfants. Elle et sa belle-famille disent aujourd’hui être à la recherche de la vérité. « Nous n’avons eu aucune nouvelle de l’Aide sociale à l’enfance, aucune. Aucune nouvelle de n’importe qui », déplore-t-elle, entourée d’une partie de la famille, encore très émue par le drame.
Selon elle, ce sont les gendarmes qui ont prévenu la famille vers midi, le lendemain du drame. « Nous avons immédiatement pris la route et sommes arrivés à Poitiers vers 13 h 30. Les médecins ont alors souhaité nous parler et nous ont expliqué que le petit Livio était resté plusieurs minutes sous l’eau et avait développé un œdème très important au cerveau et aux poumons ». En état de mort cérébrale, l’enfant de deux ans et demi sera finalement débranché le 25 mai.
Un placement après une décision de la juge des enfants
En décembre dernier, quatre des enfants de la fratrie, tous mineurs, avaient été placés sous le régime du « secret » en famille d’accueil par décision de la juge des enfants. « La demande de placement a fait suite à une évaluation médico-sociale réalisée par une équipe pluridisciplinaire, transmise au procureur de la République de La Rochelle, qui a lui-même conclu à la nécessité de saisir la juge des enfants en vue de la mise en œuvre d’une mesure d’assistance éducative », explique le département. Celui-ci précise également que la situation de la famille était connue des services sociaux depuis près de dix ans.
De son côté, la famille affirme n’avoir rencontré aucune difficulté particulière durant les quinze années passées dans ce logement avant 2022. «Ça a commencé à la suite de problèmes de voisinage, puisque ma belle-mère élevait seule ses sept enfants. Une famille nombreuse, ça fait forcément un peu plus de bruit, surtout que le plus jeune n’avait alors que deux ans et que l’aîné en avait 21», indique Laly. Elle précise que la mère travaillait de nuit et que la surveillance des enfants était alors assurée par leur père ou par l’un des frères aînés.
Elle met également en cause une assistante sociale qui aurait emménagé en face de l’appartement et qui, selon elle, aurait contribué à accélérer la procédure. « Ma belle-mère a reçu une convocation. Elle s’y est rendue en pensant qu’elle bénéficierait, à la rigueur, d’une aide sociale. Mais pas du tout : il s’agissait d’un retrait des enfants. » Moins d’un mois plus tard, le 1er décembre, des agents de l’aide sociale à l’enfance accompagnés de policiers se sont présentés au domicile familial pour prendre Livio, sans lui laisser le temps de récupérer son doudou ou ses tétines. Les trois autres mineurs de la fratrie ont, eux, été pris en charge à la sortie de l’école le même jour.
Dans le même temps, une procédure d’expulsion engagée en 2023 par le bailleur social Atlantic Aménagement a conduit à l’expulsion de la mère de son logement le 16 avril. Elle vit désormais chez son fils aîné. « Cette situation ne peut pas être résumée à de simples plaintes de voisinage. Les éléments portés à notre connaissance font état d’une situation particulièrement grave et inquiétante, mettant en jeu la sécurité et la tranquillité des habitants de la résidence », indiquait de son côté le service communication du bailleur à Sud Ouest concernant la situation de la famille.
"On va enterrer Livio alors qu'eux étaient censés juste le protéger"
« On est en deuil, on va enterrer Livio alors qu’eux étaient censés simplement le protéger […] Ce qu’on veut, c’est montrer que cela a commencé par des placements abusifs et que nous, on a perdu notre bébé. On veut des réponses, puisqu’on n’a aucun élément à ce jour », indique Laly, la belle-sœur.






